Alors que Sarkozy s'est dit jeudi ouvert à une dose de proportionnelle, Accoyer s'y est opposé dans une tribune adressée à Rue89, avant d'envoyer un rectificatif pour tempérer ses propos.

L'Assemblée nationale peut se préparer à une déferlante bleue. Les sondages donnent près de 400 sièges à l'UMP sur les 577 que compte l'Hémicycle. L'UMP qui détient déjà le record sous la Ve République, avec 362 députés élus en 2002. Plus qu'à l'habitude, le serpent de mer de la proportionnelle ressurgit donc à l'aube des élections législatives des 10 et 17 juin.
« La proportionnelle est la règle dans presque tous les pays européens et dans la plupart des pays dans le monde. Nous qui nous piquons de donner des règles de démocratie, notre système est plus qu'en retard sur ce point », plaide Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Comme la quasi totalité des partis, la formation écologiste prône l'introduction de la proportionnelle. L'argument figurait déjà dans les accords Verts-PS en 1997 et 2002 (regardez l'interview d'Olivier Duhamel, politologue et ancien député européen socialiste).
La proportionnelle libèrerait les petits partis de l'obligation de s'associer avec les partis de gouvernement afin de faire élire leurs candidats. « L'Assemblée nationale serait beaucoup plus représentative, ajoute la MoDem Quitterie Delmas. Les citoyens français ont le droit d'être représentés par des gens qui leur ressemblent. »
Des Français qui sont près de 50% à souhaiter l'introduction de la proportionnelle aux législatives, contre moins de 40% qui préfèrent que l'on ne réforme pas le scrutin majoritaire, d'après les études d'opinion réalisées depuis un mois. Les défenseurs du système actuel craignent un pouvoir instable, tiraillé entre de multiples sensibilités élues.
« Ce n'est pas automatique, rétorque Louis Alliot, secrétaire général du FN. La proportionnelle n'empêche pas l'éclosion d'une majorité. Aux législatives de 1986, unique exemple de proportionnelle sous la Ve République, Chirac a eu la majorité absolue. Alors qu'en 1988, après le rétablissement du scrutin majoritaire, Mitterrand n'a obtenu qu'une majorité relative. »
Mais l'UMP ne l'entend pas forcément de cette oreille. Brice Hortefeux en a fait l'amère expérience. « Sans abandonner le scrutin majoritaire, pourquoi ne pas réfléchir à l'introduction d'une dose de proportionnelle ? “, avait osé lancer le futur ministre, le 13 avril. Réaction immédiate du candidat Sarkozy : ‘C'est intolérable ! Il ne se rend pas compte de ce qu'il fait’, rapporte Le Monde du lendemain. Le même candidat qui a pourtant parlé proportionnelle dès l'entre-deux-tours, lors du meeting du 29 avril à Bercy (propos recueillis par RMC) :
‘Il y a quelques jours, il n'en était pas question, et aujourd'hui je crois qu'il cherche à capter surtout les voix du Front national’, s'était alors empressée de déclarer Ségolène Royal sur France 2. Toujours est-il que, l'élection présidentielle passée, l'UMP paraît ne plus savoir sur quel pied danser. Invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, Jean-Pierre Raffarin a déclaré dimanche ne pas être ‘hostile’ à l'instauration d'une part de proportionnelle aux législatives, à l'inverse de Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, qui pointe ‘les dangers de la proportionnelle’ dans une tribune adressée à Rue89. Pour l'heure, le projet législatif du parti majoritaire consacre bien une ligne à la proportionnelle… pour les élections sénatoriales ! Mais c'est bien à l'ancien Premier ministre que Nicolas Sarkozy semble donner raison. Dans une interview publiée ce jeudi dans Le Figaro, le nouveau président de la République affirme vouloir réunir ‘toutes les formations politiques représentées à l'Assemblée, au Sénat et au Parlement européen’ pour discuter de la mise en oeuvre d'une ‘dose minoritaire’ de proportionnelle aux législatives.
‘La majorité ira dans le sens de l'ouverture, pense aussi Hervé Morin, leader du Nouveau centre et ministre de la Défense. On pourrait s'inspirer du modèle allemand qui fait moitié-moitié.’ Outre-Rhin, les électeurs disposent de deux voix, l'une pour élire un représentant dans leur circonscription, l'autre pour voter en faveur de leur parti au niveau national. Et toutes les formations rassemblant plus de 5% des suffrages se partagent les sièges. A moins que la France ne décide de s'inspirer du modèle italien : la Chambre des députés est élue à la proportionnelle avec une prime au vainqueur.

A voir :
‘Est-ce la Douma qu'on va élire ?
Interview d'Olivier Duhamel.

A lire :
Les dangers de la proportionnelle
Tribune de Bernard Accoyer.




















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De ardent
01H50 | 07/06/2007 |
just une de dose de paroles au peuples
Et encore j'en parle dans ma tete
Est on gouverné par des gosses ?
Aller votez les saucisses ! !
à ardent
De
05H00 | 07/06/2007 |
Peuple que vous représentez brillament à vous tout seul je suppose ?
De
05H57 | 07/06/2007 |
Un parti qui receuille autour de 30% des electeurs (cf 1er tour des presidentielles ) recolterait autour de 80% de l assemblee ? il y a un probleme quelque part ! Ceux qui ne veulent rien changer ,et laisser tel quel sont antidemocratiques . 80% de l assemblee va representer un parti qui n a que 300 000 adherents ? c est un peu disproportionne a mon avis . La proportionnelle n est pas seule en cause ,il faut la retablir , c est certain , mais si mes souvenirs sont bons , le dernier decoupage electoral a ete fait par Pasqua pour Chirac , a l epoque ou il etait ministre de l interieur .
Il fallait faire un decoupage pour le RPR .
Deja que je ne me sentait pas represente par l assemblee ! ! Le jour ou je ne verrai pas de difference entre me promener dans la rue , et regarder les bancs de l assemblee , la democratie sera de retour .
Jac
De Arnaud Aubron
Rue89 | 11H13 | 07/06/2007 |
C'est bien Charles Pasqua qui a procédé au dernier découpage électoral, nous avons d'ailleurs publié hier un article sur ce sujet.
Vous le trouverez en cliquant ici
à Arnaud Aubron
De
13H19 | 07/06/2007 |
Oui c'est Pasqua qui a fait ce charcutage , qui favorise la droite ; la ruralité est sur-représentée par rapport aux grandes agglomérations.
De
08H10 | 07/06/2007 |
Un sondage publié dans le Figaro du 21 mai résume bien la situation de la démocratie en France : l'ensemble des partis de Droite totaliserait 46% des suffrages (40% pour l'UMP), contre 54% aux autres partis (PS, Verts, Modem), mais en nombre de sièges, cela donnerait aux prochaines élections 70% de députés UMP à l'Assemblée Nationale.
Autrement dit, la France est un pays dans lequel un parti qui ne représente que 40% des électeurs s'octroie 70% des présumés représentants de la Nation, donc devient détenteur absolu du pouvoir législatif. Quand on sait que, dans l'Assemblée actuelle, 70% des députés appartiennent aux 10% des classes sociales les plus favorisées, on se dit que, sous ce régime, il n'y a plus de démocratie que le nom, car on se demande comment sont représentés les 90% du peuple qui n'ont même pas d'élus à leur image.
On en est maintenant à une concentration extrême de tous les pouvoirs (politique, législatif, exécutif, économique, financier, médiatique) entre les mains d'une minorité qui ne représente qu'un très faible pourcentage de la population.
Dans la prochaine assemblée, les représentants élus étant sous la coupe d'un seul parti, lui-même soumis, comme l'exécutif, à un seul homme, peut-on encore réellement parler de démocratie ?
La fin de la 5ème République sonnerait-elle le début d'un nouveau régime de type Bonapartiste ?
http://chroniques-sarkosiennes.fr
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 16H21 | 08/06/2007 |
La proportionnelle frappe sur le mauvais clou. Que le nombre de représentants corresponde au pourcentage des vois n'a plus AUCUNE signification, puisque le débat important n'est plus à l'Assemblée, mais dans les medias. Bayroux seul, avec un couverture sympathique, représente mieux ses partisans que 20 ou 50 députés tirant à hue et à dia. Privé de son impact sur la représentativité REELLE, la proortionelle n'a d'effet que si elle rend impossible une majorité cohérente et force la gouvernance par tractations à huis-clos entre partis. Ce qui n'est PAS la vraie démocratie.
http://www.nouvellesociete.org/6.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De ena22
22H01 | 08/06/2007 |
J'avoue ne pas avoir compris grand chose à ce que vous avez écrit. Vos propos sont habituellement plus clairs, alors..pourriez vous reformuler ? (je précise, puisu'il le faut souvent ici -et c'est bien dommage-que je ne suis pas en mode « ironique »)
De
08H16 | 07/06/2007 |
Au delà de la querelle scrutin majoritaire-proportionnelle, qui ne pose que le problème de la forme sans poser celui du fond, on constate que le Parlement n'est plus représentatif de la population française, de par sa composition sociologique.
En effet, si l'on compare la répartition des catégories socio-professionnelles au sein de l'Assemblée Nationale à celle qui existe dans la population, on constate que :
60,5% des députés sont cadres ou appartiennent aux professions intellectuelles supérieures alors qu'ils sont 7,6% dans la population,
8 ,7% sont commerçants, artisans ou chef d'entreprise, alors qu'ils ne sont que 3,1% dans la population,
1,7% des députés sont des employés, alors qu'ils représentent 16% de la population
0,7 % sont des ouvriers, alors qu'ils sont 14,1 % dans la population
Seules les professions intermédiaires sont représentées à leur juste taille (14,6% des députés pour 12,4% dans la population)
On constate donc que l'Assemblée Nationale est composée à 70% de gens qui ne représentent que 10% de la population (cadres, professions intellectuelles supérieures, commerçants, artisans et chefs d'entreprises). Quant aux ouvriers et employés, ils sont 30% dans la population, mais 2,4% des députés.
Quant à ceux qui appartiennent aux organes de décision gouvernementaux sans avoir jamais eu à dépendre du suffrage populaire (chefs et membres des cabinets ministériels, hauts fonctionnaires, etc.), il est certain qu'une analyse de leurs origines socio-culturelles serait encore plus significative .
Les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires sont donc maintenant, comme à la veille de 1789, aux mains d'une caste qui monopolise tous les pouvoirs économiques, financiers, politiques et - temps modernes obligent - médiatiques ; caste qui, de plus, ne donne aucun espoir à ceux qui n'y appartiennent pas de voir leur descendance avoir un jour accès à un niveau élevé de responsabilités : le pourcentage d'enfants de classes populaires qui accèdent à l'enseignement supérieur n'a cessé de diminuer depuis 1982. Et on trouve malheureusement dans ces réseaux du pouvoir des gens affublés de toutes les étiquettes politiques.
Bref, le fonctionnement de la démocratie est bloqué et il semble devenu indispensable de refonder la république sur de nouvelles bases pour éviter la désespérance populaire et, peut-être un jour, une crise violente.
http://ehim.over-blog.com
De ebolavir
Tianjin | 10H36 | 07/06/2007 |
C'est bien dit, avec beaucoup de données. Et beaucoup de bonnes intentions. Hélas, il y a un mécanisme très humain : les citoyens ont tendance à choisir pour les représenter des gens plus instruits, plus riches, plus largement établis socialement qu'eux. Des gens dont ils espèrent qu'ils défendront leurs intérêts (à eux électeurs).
Il y a des pays où l'assemblée nationale est une copie de la population, en nombre d'instruits et d'ignorants, de paysans et de bureaucrates, de riches et de pauvres. Ce sont les pays totalitaires : l'URSS (disparue) et ses satellites (retombés depuis dans l'horreur électorale), la Chine, la Corée du Nord, Cuba ; ailleurs je ne sais pas. Ainsi le gouvernement est sûr d'avoir une large majorité de gens contents d'être là, réceptifs aux petits avantages que leur nomination leur a apportée, sensibles à l'agrément de fréquenter les gens importants.
Il faut s'y faire : la politique est l'affaire d'une aristocratie (l'affaire des meilleurs). Et il ne faut peut-être pas trop souhaiter que cette aristocratie soit entièrement issue du peuple. Quelqu'un qui a réussi par un effort personnel a un mépris profond pour ceux qui n'ont pas fait le même effort que lui et se plaignent d'être restés en bas. Le fils de famille a bien des défauts, mais il y a une petite chance qu'il se sente responsable de ceux qui ont eu moins de chance que lui. La société chinoise est issue d'un renouvellement complet survenu il y a à peine 50 ans (avec suppression physique à grande échelle des riches et des instruits) ; c'est une des plus dures du monde pour le peuple.
Anecdote : nous avons à la tête du pays, depuis peu, quelqu'un qui s'est fait lui-même, par le travail et la qualité personnelle ; famille sans argent ni relations ; un petit avantage : habiter un quartier où il y a des riches ; un gros avantage : être le descendant de gens qui ne se laissaient pas aller. Et son mépris des pauvres est insondable. Le PS avait eu à choisir entre une petite-fille de général et deux fils de famille.
Un exercice à faire (a-t-il été fait ? ) : étudier la composition sociologique de la Résistance 1940-1945, les gens qui ont fondé la démocratie sociale où nous vivons encore. Je crois me rappeler qu'il y avait une proportion surprenante de gens qu'il est convenu d'appeler aristocrates. Des gens qui croyaient avoir des devoirs.
Tout cela dit, revenons au sujet de l'article. Une dose de proportionnelle permettra d'augmenter la « qualité » de l'assemblée nationale, en permettant aux partis de mettre à l'abri de la surprise électorale locale quelques uns de leurs membres les plus capables (les têtes de liste, dans ce jeu là) et d'éviter d'avoir une majorité écrasante de médiocres choisis un par un par leurs électeurs (le scrutin uninominal, c'est ça).
à ebolavir
De
12H12 | 07/06/2007 |
Belle leçon d'arrogance aristocratique pour justifier les injustices sociales : « Il faut s'y faire : la politique est l'affaire d'une aristocratie (l'affaire des meilleurs). Et il ne faut peut-être pas trop souhaiter que cette aristocratie soit entièrement issue du peuple. » (on n'avait pas entendu ça depuis 1788, au moins)
… et d'un saupoudrage de contre-vérités : « étudier la composition sociologique de la Résistance 1940-1945, les gens qui ont fondé la démocratie sociale où nous vivons encore. Je crois me rappeler qu'il y avait une proportion surprenante de gens qu'il est convenu d'appeler aristocrates. » (tiens, on a oublié les résistants communistes ? ).
Je ne crois pas que notre Président actuel soit l'exemple de quelqu'un qui ne doive sa réussite qu'à ses qualités personnelles (à moins que le cynisme, l'arrivisme, la soif de pouvoir, d'argent, de domination, etc, soient considérés comme des qualités…)
Ceci dit, ce qui caractérise, le peuple français, c'est son infantilisme.
La structure monarchique du pouvoir républicain ne fait que répliquer celle des monarchies absolues qui ont dirigé la France pendant 1000 ans, et perpétue la même conception du pouvoir que celle de ses souverains qui accordaient leur faveur à tel ou tel selon leur bon vouloir du moment.
Cette conception du pouvoir est encore dans les gènes des Français et de leurs dirigeants. Chez les premiers parce qu'ils ne savent qu'attendre ce qu'on voudra bien leur donner, chez les seconds parce qu'ils se sentent investis d'un droit quasi divin (si ce n'est encore aujourd'hui d'un droit de cuissage, à voir le machisme du personnel politique).
Ce peuple a été infantilisé pendant si longtemps qu'il est encore aujourd'hui incapable de prendre collectivement en main son propre destin. Il attend toujours quelque chose d'un pouvoir qu'il considère comme supérieur au lieu de se responsabiliser. Quand on ne lui accorde pas ce qu'il veut, tout au plus descend-il dans la rue faire du bruit sur des casseroles, casser des vitrines ou brûler des voitures, comme un gosse qui fait son caprice parce qu'il n'a pas eu la sucette qu'il réclamait, mais il ne lui viendrait pas à l'idée de s'organiser pour remplacer le pouvoir défaillant, comme il aurait pu le faire en 1968.
Bref, ce peuple est incapable de s'organiser en groupes de pressions réellement démocratiques prenant en main son destin collectif aux échelons municipaux, locaux, régionaux et nationaux. Chacun préfère aller pleurnicher chez son maire, son député du coin, comme autrefois on allait quémander de petits privilèges au seigneur du village ou du comté. Le maire pleurniche auprès de son sénateur, le sénateur auprès de son ministre, le ministre auprès du Premier Ministre pendant que le Président regarde tout ça de haut.
Poser le problème de la proportionnelle permet surtout de détourner l'attention du vrai problème de la non-représentativité des élus, qui fait perdre tout son sens à la démocratie.
http://ehim.over-blog.com
De
12H36 | 07/06/2007 |
Je partage votre analyse de la situation, les classes sociales ne sont absolument pas représentées équitablement.
Il n'y a qu'a regarder sur le site de l'assemblée nationale pour constater que certaines catégories socio-professionnelles sont sur-représentées au détriment des classes moyennes en particulier.
De ebolavir
Tianjin | 13H57 | 07/06/2007 |
Oups. « Ceci dit, ce qui caractérise le peuple français, c'est son infantilisme. » C'est un discours d'aristocrate, au sens le plus péjoratif du terme. Pour l'écrire, il faut être sûr de n'être pas soi-même du peuple.
Je n'aurais pas osé écrire des choses pareilles. Je me contentais de distinguer chez les citoyens ceux qui sont nés en haut, ceux qui sont arrivés eux-mêmes en haut, et les autres qui sont restés en bas ; le personnel politique est issu des deux premiers groupes, peu nombreux ; qu'il soit choisi par élection ou autrement, rien ne change ; même pas, pour le troisième groupe, la sensation d'être (ou non) représentés. En 1968, pendant le spectacle d'insurrection, on a pu assister à l'ascension accélérée de gens aux grandes capacités qui sont maintenant en haut depuis longtemps.
Quant aux qualités personnelles de notre récent président, je lui reconnais, comme vous, « le cynisme, l'arrivisme, la soif de pouvoir, d'argent, de domination, etc, » bref tout ce qui est indispensable pour vouloir arriver au sommet, à moins d'être convaincu d'avoir une mission, comme certains. Le terme « qualités » est impropre. J'aurais dû écrire « capacités personnelles'.
La proportionnelle, que j'appelle de mes voeux, permet d'améliorer la qualité humaine des assemblées. Quant à améliorer la “représentativité” de ces assemblées… Pour être en haut de la liste, il faut déja être en haut dans son parti.
à ebolavir
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 18H11 | 07/06/2007 |
C'est vrai. mais cela dit votre 1er discours m'a aussi fait bondir…
La fait est que tout cela est assez corporatiste.
Les gens aiment la réussite.
Plus que les idées.
Et, comme celui qui réussi, c'est le plus fort (le plus combatif, sournois, méchant…), on a donc réussi à démocratiser la loi du plus fort.
On peut aussi ne pas voter pour ne pas donner un blanc seing aux élus.
C'est l'idée de l'anarchiste du peuple.
Mais le résultat est encore pire qu'aujourd'hui (est-ce possible ? ) , car souvent, les extrémistes, combatifs eux, en profitent.
Que faire ? …
à manu2005
De ebolavir
Tianjin | 07H07 | 08/06/2007 |
« Et, comme celui qui réussi, c'est le plus fort (le plus combatif, sournois, méchant…), on a donc réussi à démocratiser la loi du plus fort. »
Oui, le choix des gouvernants obéit à la loi du plus fort, toujours et partout.
La démocratie, qui n'est pas une innovation récente, est une procédure qui permet de choisir les gouvernants parmi les plus forts sans qu'ils aient à s'entretuer, et de remplacer les gouvernants qui ne conviennent plus sans avoir à les massacrer. C'est beaucoup plus économique que la guerre civile (pour la désignation) et l'insurrection ou l'assassinat (pour le remplacement).
Ca fait assez longtemps que ça fonctionne correctement en France (depuis 1871 environ, dernière tentative de prendre par la force un pouvoir vacant, et échec sanglant du parti de la force) pour qu'on a oublié qu'il pourrait en être autrement.
La démocratie, c'est le choix des gouvernants par le vote des citoyens, selon des rêgles publiées à l'avance ; ces gouvernants s'engageant à laisser rejouer le choix à une date fixée d'avance. Pas d'autre garantie de représentativité, équité, fraternité et le reste. Mais l'idée d'être élu et réélu a un effet miraculeux sur les gouvernants et sur ceux qui rèvent de l'être ; l'idée qu'on pourra voter a un effet miraculeux sur le peuple. Pour que ça fonctionne, on est obligé de laisser les citoyens se présenter, s'expliquer, s'organiser ; on est obligé de faire comme si tous les citoyens avaient des droits égaux, et cela tend à devenir vrai ; rien de plus subversif que cette procédure.
(à lire « la cinquième modernisation » de Wei Jingsheng, 1978. Reprise Christian Bourgois, 1997)
à ebolavir
De C. Creseveur
D'actualité | 13H21 | 08/06/2007 |
Vous avez une vision extrêmement cynique, qui ne laisse entrevoir aucune porte d'ouverture (ou de sortie), et dont je crains qu'elle ne soit pas complètement erronnée.
Mais vous proposez quoi ?
De
19H03 | 07/06/2007 |
« ce qui caractérise, le peuple français, c'est son infantilisme »
(ehim.over-blog)
Vous avez raison, sauf que le peuple français n'est pas plus infantile que d'autres et que nous assistons impuissants à une perte globale du sens de la démocratie.
(Allez voir taper sur des casseroles à Naples aussi, quand il y a grève. Avec le résultat que nous savons…)
Pour rappeler une réalité encore récente : l'Union européenne a été conçue par ce qui s'appelait le Coreper (acronyme français de Commitee of Permanent Representatives).
Il s'agissait d'un groupe d'ambassadeurs de chacun des états membres et celui-ci prenait 90% des décisions en déjeunant derrière des portes closes, avec un pouvoir supérieur à celui de la Commission européenne.
En 1995, ils n'étaient encore que 15.
Philippe de Schoutheete de Tervarent était ambassadeur de la Belgique, Pierre de Boissieu celui de la France, Dietrich von Kyaw celui de l'Allemagne, Francisco Javier Elorza Cavengt celui de l'Espagne et Sir John Kerr celui du Royaume-Uni.
Les autres avaient des noms moins clinquants mais ils étaient plutôt diplômés de Harvard, que je sache.
Les classes moyennes n'étaient pas représentées, les catégories sociales défavorisées encore moins, pour construire l'Europe.
« Bref, ce peuple est incapable de s'organiser en groupes de pressions réellement démocratiques prenant en main son destin collectif aux échelons municipaux, locaux, régionaux et nationaux », nous apprend encore ehim.over-blog en se référant aux Français.
Il me semble que c'est le même cercle vicieux sur la planète entière et que des propositions plus constructives que le redécoupage des cartes électorales au sein des frontières de chaque nation devraient émerger.
à ebolavir
De
20H22 | 07/06/2007 |
Pour être reconnue représentative, l'Assemblée doit jouer son rôle de Parlement : le lieu où l'on se parle.
Notre système électoral est très efficace à bâtir des majorités puissantes, mais impuissant à bâtir des compromis efficaces.
Pour que la politique de la Nation se mène dans la durée, les mouvances minoritaires doivent être impliquées dans les prises de décision.
Dans un système où le parti dominant, inféodé à l'éxécutif pour des raisons de calendrier électoral, n'a jamais besoin d'autres voix que les siennes, comment le Parlement pourrait-il jouer son rôle ?
Le scrutin majoritaire ôte toute représentation à la gauche contestataire, l'extrême-droite,le Centre, les écologistes et d'autres, soit au bas mot un bon tiers des suffrages exprimés. Si en plus l'opposition « représentée » compte pour du beurre, cela signifie que si les options du parti dominant ont « pour » elles 70% des députés, elles ont « contre » elles 70% du corps électoral. D'où la crise de légitimité actuelle, qui a donné le CPE.
De gauche, de droite, du centre ou d'ailleurs, nous sommes avant tout tous français : nous devrions donc être capables de nous parler. Cela doit se passer dans une Assemblée Nationale qui respecte le pluralisme.
De pene-r
21H13 | 07/06/2007 |
Je suis assez d'accord avec le propos ci dessus.
Personnellement je ne comprend plus très bien le sens de ces élections (à part désigner le grand parti vainqueur) et en plus le bulletin rapporte des sous aux partis si j'ai bien compris. Ben moi j'ai envie que les petits partis existent et se fassent entendre, je ne vais donc pas voter pour le candidat qui représente le mieux mes idées, mais pour un petit parti, parceque mon idée préférée c'est le pluralisme.
De
13H15 | 07/06/2007 |
Sans oublier le déséquilibre entre les femmes et les hommes : seulement 15% des députés sont des femmes….
De
12H37 | 08/06/2007 |
Toutefois en mai dernier les femmes qui sont pourtant plus nombreuses que les hommes, on été incapables de porter leurs suffrages vers Mme Royal.
Alors que conclure ? ? les femmes seraient-elles toutes des connasses ? ?
Une bonne partie d'entre elles du moins.
De
09H02 | 07/06/2007 |
Il serait temps de réaliser que le mode actuel des élections législatives ne fait que représenté l'hétérogéniété géographique des opinions politiques sur le territoire et non la diversité elle-même de ces opinions.
En effet imaginons un pays parfaitement homogène où dans chaque circonscription la droite fait 51% des voix alors la droite obtiendra 100% des sièges. Doit-on en déduire que 100% des électeurs sont à droite ? Non bien évidemment !
Aujourd'hui, c'est pourtant vers cette configuration « académique » que nous tendons. On nous annonce 80% de députés UMP alors que le droite ne représente qu'autour de 53% d'électeurs.
L'introduction d'une « dose » de proportionnelle est la solution évidente à ce problème pour toute personne véritablement démocrate.
Bien entendu, déterminer cette « dose » est délicat puisqu'elle doit permettre une meilleure représentativité de l'assemblée sans empêcher l'apparition de majorité suffisamment forte, on retomberait sinon dans les travers de la IVe République.
Mais comment ne pas voir que garder ce mode de scrutin est aujourd'hui un danger pour notre Démocratie ?
De
13H26 | 07/06/2007 |
Même pas 53% des électeurs, puisque certains se sont abstenus, ont voté blanc ou nul.
Tout a fait d'accord avec vous sur l'analyse de l'hétérogénéité !
De
09H26 | 07/06/2007 |
La proportionnelle, oui mais…
le système a lui aussi ses inconvénients, nos voisins espagnols n'en sont pas très satisfaits.
tout dépend comment effectivement
mais franchement, le débat n'est-il pas ailleurs ?
1) le Parlement a-t-il les moyens de jouer son rôle, dispose-t-il même encore d'un véritable pouvoir ?
2) exécutif et législatif confondus, quel est le poids au niveau planétaire des décisions nationales ?
3) puisqu'une majorité de citoyens ont élu un candidat, notre pays aura le pouvoir qu'il a choisi. Ce serait tentant de « rattraper le coup » ou de modérer le résultat avec les législatives, mais il va falloir assumer la décision d'une majorité, quoiqu'on en pense…
De
16H24 | 07/06/2007 |
Un redécoupage plus juste des circonscriptions et l'introduction d'une dose raisonnable de proportionnelle dans l'actuel mode de scrutin majoritaire, aboutirait à un parlement plus représentatif et néanmoins stable. Tout le monde le sait, mais personne ne veut le faire, à droite comme à gauche. Il faut croire cette opération d'équité et de bon sens serait fatale à beaucoup de grands barons de la politique qui risqueraient d'y perdre leur fief.
De C. Creseveur
D'actualité | 21H51 | 07/06/2007 |
Que le président soit élu est une chose.
Que cela constitue un blanc seing en est une autre.
Si le parlement a été inventé c'est bien pour discuter des lois, et éviter la dérive monarchique, non ?
De C. Creseveur
D'actualité | 09H30 | 07/06/2007 |
Sur qui compter maintenant pour réformer ça ?
Nous sommes d'accord sur le constat de confiscation du vote populaire aux légilatives (le rapport 40% de votes = 70% des sièges était celui du dernier scrutin), ainsi que sur le régime ploutocratique qui nous détermine. Cela atteint des sommets avec N. Sarkozy qui étale avec peu d'élégance les signes de fortune, et avec ostentation les amitiés du CAC40 (quoique sur ce point on ne pourra pas le taxer d'hypocrisie).
Le PS et ROYAL la première ont raté le coche durant cette présidentielle en refusant de porter le débat sur ce sujet de manière forte et concrète.
Voici un des maux dont notre démocratie souffre de manière criante, et qu'il fallait porter comme un projet moderne. Au lieu de mettre Montebourg à l'index pour un mot amusant sur Hollande, il aurait mieux valu l'aider à porter ses idées sur la VIeme République, le seul projet qui a été travaillé en 15 ans. Sauf qu'il l'a été en dissidence du PS. Voilà qui aurait constitué un angle d'attaque puissant, une véritable opposition de fond. L'UMP n'aurait pas pu le railler comme la démocratie participative improvisée. Il aurait en outre été forcé de travailler sur un sujet qui n'était pas le sien. Autre avantage : c'était un moyen de rallier la majorité des partis, y compris l'extrême droite sans pactiser pour autant, puisqu'il s'agissait de lui offrir de s'exprimer ultérieurement sur les bancs de l'AN. J'aurais préféré avoir 10% d'élus du FN au Palais Bourbon en train de villipender la politique d'immigration française, plutôt que de voir ses idées adoptées par le gouvernement avec un cynisme redoutable (B. Hortefeux qui se déplace pour accueillir 18 clandestins morts).
N. Sarkozy s'accommode parfaitement des institutions de la Ve qui lui autorisent la concentration des pouvoirs.
Réjouissons nous qu'il la porte à son paroxysme en ne jouant même plus le rôle d'arbitre (président de tous les français et nous plus de son seul camp). Ses abus rendrons le régime intenable.
à C. Creseveur
De
10H50 | 07/06/2007 |
tout à fait d'accord avec vous
à C. Creseveur
De
13H04 | 07/06/2007 |
Sur la question de la proportionnelle, le projetPS et le projet Royal étaient plus que flous. Je vous mets au défi de donner leur position claire.
Ils envisageaient une fourchette de députés élus à la proportionnelle entre 60 et 120 députés, sans savoir s'il s'agissait de députés supplémentaires ou d'une fraction des 577 députés actuels. Même le rapport Bel ( président du groupe socialiste au Sénat)demandé par Royal restait dans la confusion la plus complète.
à C. Creseveur
De
16H07 | 07/06/2007 |
Et c'est reparti sur la démagogie contre le régime semi-présidentiel.
Ce régime semi-présidentiel à ses raisons qui sont d'ailleurs de bonnes raisons.
Mais il est tellement facile de l'attaquer, par pur démagogisme et popullisme.
S'attaquer au fondement de la république pour la change sur de fausses affirmations ne fait jamais avancer la démocratie mais ouvre la porte bien au contraire à une longue déstabilisation.
De plus diminuer les pouvoirs du Président + passer à la proportionnelle ça porte un nom : la IVème République, c'est à dire ingérable, c'est d'ailleurs en fonctionnement en Italie.
Dans un style assez proche il y a Israël : les 2 pays battent des records dans l'impossibilité de gestion en raison justement de ce fonctionnement.
Et surtout ça n'empêche strictement pas la concentration des pouvoirs : il suffit de constater ce qui s'est passé avec Berlusconi.
Mais il est tellement plus facile d'attaquer de façon démagogique…