A la fac de médecine de Lille, l'avenir se joue à la calculatrice
Des calculatrices confisquées ici, tolérées là : la validité du concours des étudiants en médecine de Lille est contestée. Prochaine étape, la justice ?
La faculté de médecine est la filière la plus sélective du cursus universitaire : en 2006, seuls 17% des étudiants de PCEM1 (première année du premier cycle des études médicales) ont passé le cap du fameux concours de fin d’année. Devant la somme faramineuse d’informations que doivent ingérer les apprentis médecins de septembre à mai et la concurrence frénétique qui sévit pour passer au travers des fourches caudines du numerus clausus , on comprend que la moindre irrégularité lors du concours déchaîne les foudres.
C’est le cas en ce moment à la faculté de médecine de Lille , pour une sombre histoire de calculatrices. Lors du concours, qui s’est déroulé du 14 au 16 mai dernier, seuls deux modèles de calculatrices étaient autorisés pour l’épreuve de statistiques. Le but étant d’interdire toute machine programmable, qui offre immédiatement le résultat au candidat. C’est ce que comprennent certains étudiants, qui arrivent le jour de l’examen avec des modèles non conformes au règlement, mais non programmables : ils ont eu le malheur d’opter pour le modèle de l’année précédente, sensiblement identique sauf que son nom diffère légèrement. Le micmac commence alors : si certains surveillants comprennent l’absurdité de la situation et permettent aux candidats de conserver leur calculatrice, d’autres, plus zélés, confisquent systématiquement les machines hors-la-loi. Ce n’est qu’après intervention d’un responsable qu’ils pourront retrouver leur outil, à mi-épreuve. Deuxième maladresse, lors de l’épreuve de « biochimie », un surveillant négligeant laisse un amphithéâtre entier se servir de calculatrices, normalement prohibées.
Bien sûr, ce que certains étudiants appellent des « irrégularités » ne concerne qu’une minorité des quelques 2600 inscrits, mais comme le résume l’un d’entre eux, « l’égalité des chances n’est plus respectée, alors que l’on passe huit mois de travail acharné pour quelques heures d’épreuves qui vont déterminer notre vie ». Si certains ont commencé à réagir dès la fin du concours, le mouvement s’est éteint devant le silence absolu des responsables de l’université. Mais l’annonce des résultats, ce lundi, a relancé la polémique. Quelques étudiants « révoltés », et qui se voient recalés à quelques points près, prennent alors contact avec la « centaine d’étudiants qui sont à quelques places du numerus clausus (411 admis en médecine) ». L’un d’entre eux développe : « Notre avenir se joue au centième de point de moyenne, or l’inégalité provoquée par les erreurs lors du concours est suffisante pour changer la donne ».
Le groupe d’étudiants envisage de recourir dans les prochains jours au tribunal administratif pour obtenir gain de cause : s’ils voudraient obtenir la suppression des quelques questions nécessitant des calculs « pour repartir sur un pied d’égalité », ils souhaitent avant tout « que la faculté reconnaisse ses erreurs, afin que ça ne se reproduise pas les années suivantes ». Malgré nos tentatives depuis mardi matin, les responsables des élèves de première année n’ont pas à cette heure répondu à nos appels.
Plus loin qu’une anecdote, c’est la faiblesse et la rigidité du système du numerus clausus qui est mis en cause : alors que celui-ci doit rester bloqué cinq ans à partir de 2008, le nombre de médecins (généralistes et spécialistes confondus) devrait chuter de 25% d’ici 2025, dans un contexte de lourdes inégalités géographiques de la démographie médicale. Peut-on toujours se permettre de définir arbitrairement un « nombre fermé » qui n’arrive à réguler ni quantitativement ni qualitativement la formation des médecins de demain ?
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JE ne connaissais pas tous ces cas d’annulation mais je connais mon propre cas ! Après des irrégularités à l’île de la REUNION en 2002 nous avons saisi le tribunal administratif de St Denis.Là bas le système est très corrompu et nous n’avons pas eu gain de cause malgré des preuves irréfutables mais notre avocat faisait partie de la même administration universitaire que nous lui demandions d’attaquer ! Nous avons gagné enAppel à Bordeaux,preuve que...Mais nous avons vite déchanté car à part avoir obtenu l’annulation du concours,rien finalement ne s’est passé ! On nous annonce que la jurisprudenceLUGANannule tous nos espoirs car un concours annulé ne signifie pas que les résultats des reçus soient annulés ! De qui se moque t’on ? Si cette histoire pouvait faire contre jurisprudence au moins cette histoire aurait servi à qq chose ! J’espère que les étudiants vont repasser les épreuves car je pourrai plaider devant la justice que l’inscription en deuxième année n’est pas acquise en cas de tricherie que s’inscrire en deuxième année n’ouvre pas de droits !




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