Quatre candidats pour présider le Monde

La "short list" a donc été arrêtée : quatre candidats -trois internes et un externe- tenteront d'ici mardi de convaincre les salariés et actionnaires du groupe d'être celui qui sera présenté aux suffrages des électeurs.

Olivier Fleurot ayant décliné la proposition du Monde, tout comme un autre candidat potentiel venu de l'extérieur -et resté anonyme-, les quatre impétrants déjà connus hier composent la liste devenue définitive aujourd'hui. Trois sont issus du groupe dont ils briguent la présidence : le directeur général, Pierre Jeantet, le président du directoire et patron de la rédaction de Courrier International, Philippe Thureau-Dangin, et le président du Monde Interactif et de Télérama, Bruno Patino. Le quatrième est Alain Genestar, ex-directeur de la rédaction de Paris Match.

Demain et vendredi, ces quatre journalistes, dont deux -Jeantet et Patino- sont passés à des fonctions purement managériales, seront auditionnés par ceux qui étaient mandatés pour arrêter cette liste (des représentants des actionnaires et des salariés). Et lundi, c'est un véritable "grand oral" d'une heure qui les attend. Chacun aura une vingtaine de minutes pour présenter son projet, puis répondra aux questions d'un panel beaucoup plus nombreux, composé du conseil de surveillance du groupe, du conseil de gérance de la société des rédacteurs du Monde, de représentants des filiales, de délégués du personnel... Soit une quarantaine de personnes au total.

Mardi, la réunion du conseil de surveillance deux fois reportée se tiendra, avec un double ordre du jour : entériner le départ de Jean-Marie Colombani, et la candidature d'un seul des quatre prétendants à sa succession. Son nom sera ensuite soumis au vote des salariés avant la fin du mandat du sortant, le 30 juin.

► Article mis à jour le 06/06/2007 à 21 h 40.


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Courageux anonyme
08H11 06/06/2007

"Le profil d'Olivier Fleurot semble parfait pour la présidence...", "Olivier Fleurot paraît le plus à même de susciter le consensus"... : Rue89 fait-elle campagne ?

 
Augustin Scalbert | Rue89
09H40 06/06/2007

Cher courageux anonyme, votre réaction est légitime. Comprenez bien, cependant, que je me contente de rendre compte des différents sentiments perceptibles parmi les salariés du groupe Le Monde, qui éliront son président. Sur le papier, le profil de Fleurot est effectivement le plus intéressant et le plus consensuel, pour différentes raisons : il possède le plus grand pedigree de patron de presse, il vient de l'extérieur du groupe (il ne divise donc pas encore en interne), il est journaliste, est un patron respecté des patrons, etc. Mais c'est "sur le papier" uniquement... Car comme le rappelle avec justesse Alain Rollat dans le commentaire suivant, le vote s'effectuera sur un projet de groupe à la fois industriel et éditorial : la stratégie du groupe face à ses créanciers et actionnaires externes, le maintien ou non du projet sud ou la stratégie sur Internet seront les enjeux majeurs de la campagne des impétrants. Nous y reviendrons.
Pour répondre à votre question : non, Rue89 ne fait pas campagne pour Olivier Fleurot. Ni pour personne, d'ailleurs.

 
Alain Rollat | ancien chef adjoint du Service Politique...
09H24 06/06/2007

Deux choses seront déterminantes: 1/ Le nouveau projet stratégique du groupe, qui devra rompre avec celui d'Alain Minc mis en oeuvre par Jean-Marie Colombani, sinon la perte de l'indépendance du Monde sera bientôt consommée de manière définitive. 2/ Le choix du nouveau directeur du Monde puisque, dans les nouveaux statuts, les fonctions de président du directoire et de directeur de la publication "Le Monde" doivent être dissociées. J'imagine mal que le nouveau directeur du Monde ne soit pas issu de la rédaction du Monde car le seul précédent contraire, celui de Jacques Lesourne, fut désastreux... La question est donc de savoir lequel des prétendants en présence saura à la fois s'affranchir de la tutelle de Minc et réunir la majorité requise (60% des suffrages) pour être élu directeur du Monde par les membres de la Société des rédacteurs auxquels il sera forcément obligé de promettre...des larmes, du moins s'il ne cherche pas à occulter les réalités d'une entreprise qui reste, hélas! structurellement déficitaire...

 
Augustin Scalbert | Rue89
09H46 06/06/2007

Précisons que les "prétendants en présence" que vous évoquez sont candidats à la présidence du directoire du groupe, qui doit être pourvue avant le 30 juin, et non à la direction du journal. L'élection du nouveau directeur aura lieu après celle du président. Pour l'instant, aucun candidat n'est officiellement déclaré.

 
09H50 06/06/2007

Un ami d'Eric Le Boucher !! Celui qui écrit des choses économiquement incorrectes ?

Voir ici :

http://obouba.over-blog.com/article-5757917.html

 
Courageux anonyme
10H04 06/06/2007

Diantre ! Olivier Fleurot un ami de notre ami Éric Le Boucher, chantre du libéralisme pur et dur !!!

Veut on faire de notre "Monde" un Figaro bis ?

Attention ! Les lecteurs ne sont peut-être pas d'accord...

 
Seam | Chargé d'études
10H41 06/06/2007

Le Boucher est libéral certes, mais pas "ultra", et ses chroniques sont toujours (je trouve) argumentées et non dogmatiques. Petit détail qui a son importance, il a toujours affiché son désaccord avec de très nombreux points du programme économique de Sarkozy, dont il n'est pas un supporter.

 
Courageux anonyme
11H12 06/06/2007

Toujours rien?...

J'éspére que votre delai n'es pas une maniere d'enterer l'affaire une fois de plus !!!

LES COPAINS ET LES COQUINS DABORD ??????

 
Courageux anonyme
00H35 08/06/2007

ce n'est pas un commentaire que je souhaite faire ici, j'aimerai en savoir davantage à propos du journaliste mis à pied pour délit d'opinion dans ce journal ou je croyais la pensée libre, la controverse appréciée... l'article a disparu..

Tout le monde s'en fout ???
s'est pourtant trés grave !!

 
Alain Rollat | ancien chef adjoint du Service Politique...
13H40 11/06/2007

Personne n'ayant encore répondu à votre question voici, si vous le permettez, mon avis personnel: Patrick Jarreau, qui fait partie de la rédaction en chef du Monde, a été mis à pied par Eric Fottorino, directeur de la rédaction, au motif, dit-on, qu'il aurait cherché à susciter la candidature de Gérard Courtois (prédécesseur de Fottorino au poste de directeur de la rédaction) aux fonctions de président du directoire. Je connais Jarreau depuis son entrée au Service Politique du Monde, en 1977, la même année que Jean-Marie Colombani et moi-même. C'est l'un des meilleurs journalistes du Monde. Je comprends qu'il ait pu envisager une telle démarche et celle-ci était parfaitement légitime: en sa qualité de membre de la Société des rédacteurs, donc d'actionnaire, Jarreau avait parfaitement le droit, et même le devoir, d'essayer d'apporter sa contribution personnelle à la recherche d'une solution à la crise ouverte par le veto infligé à Colombani. Tous les journalistes du Monde, en pareille circonstance, sont fondés à faire de même. Colombani agissait de la sorte, moi itou à l'époque des querelles de succession précédentes... C'est le lot schizophrénique de tout journaliste du Monde, à la fois salarié et actionnaire... Il est donc aberrant qu'une sanction ait été infligée à Jarreau par le directeur de la rédaction qui a commis en la circonstance un abus de pouvoir puisque ce que Jarreau a pu faire n'avait strictement rien à voir avec l'exercice de ses fonctions rédactionnelles... Ce psychodrame est révélateur de la confusion des esprits qui affecte en ce moment la vie interne du Monde...