Rencontre

Mihaileanu : « Jusqu'où s'adapter ? Quand doit-on dire non ? »

Essayez de le joindre. De le rencontrer. Toujours à l'étranger. Aux quatre coins du monde – le réalisateur français d'origine roumaine Radu Mihaileanu sillonne la planète avec la ténacité d'un top model russe. A l'occasion de la sortie de son premier film en DVD, nous l'avons rencontré.

Vidéo : Ophélie Neiman

On n'en finit plus de dévoiler les pages les plus sombres des régimes de l'Est. La remise de la palme d'or au réalisateur roumain Cristian Mungiu confirme la vitalité d'un cinéma politique que l'on croyait à tort affaibli. En 1993, déjà, avec « Trahir », Radu Mihaileanu plantait sa caméra au cœur du régime dictatorial de Ceausescu –l'histoire d'un poète roumain contraint de collaborer avec la police secrète.

Mais à l'époque de sa sortie, si les critiques se sont enthousiasmées pour ce bijou du cinéma franco-roumain, le public, lui, est resté indifférent. Il aura donc fallu attendre quatorze ans pour le revoir. Une sortie qui coïncide presque avec celle du film allemand « La vie des autres », de Florian Henckel Von Donnersmarck. Et les similitudes sont flagrantes… La Stasi, la Securitate, même combat contre la liberté individuelle.

« J'ai été ravi, comme beaucoup de spectateurs, de voir ce film sublime. Bien sur, ça m'a rappelé “Trahir”, le sujet est très proche, c'est la relation entre un inspecteur et un intellectuel, et le traitement est à peine différent. Je me dis que j'ai fait mon film soit trop tôt soit trop tard. Trop tard par rapport à “L'Aveu” de Costa Gavras, parce que tout le monde croyait savoir tout ce qui s'était passé sous ces régimes-là. Et trop tôt par rapport à “La Vie des autres”. »

C'est sous la dictature de Ceausescu que Radu Mihaileanu a fait ses premiers pas. Il naît à Bucarest en 1958 d'un père journaliste littéraire, traducteur de Malraux en roumain, et d'une mère éditrice. Pendant la guerre, son père est déporté dans un camp de travail. « Il a eu la mauvaise idée d'être juif et communiste » dit-il, pince-sans-rire. Car avant de devenir le roi de la tragi-comédie avec notamment son film « Train de vie », ce réalisateur a dû apprendre très tôt à composer avec son identité.

A cinq ans, il découvre qu'il est juif : « Le lendemain, en l'apprenant, mon meilleur ami m'a rejeté. » La quête identitaire, l'impossibilité d'être soi, l'imposture : autant de thèmes qui ponctuent une oeuvre d'une singularité exemplaire. En trois films dont le dernier Va, vis et deviens, l'étonnante épopée des juifs d'Ethiopie, pour lequel il a obtenu le César du meilleur scénario, il s'est imposé comme l'un des réalisateurs les plus inspirés de sa génération.

C'est au théâtre yiddish de Bucarest où dit-il, « il y avait encore moins de spectateurs que d'acteurs », qu'il donne la première mesure de son talent. Mais la dureté du régime dictatorial sous lequel ploie le peuple roumain hâte son départ. Il a vingt-deux ans quand il arrive en France pour y suivre les cours de l'Idhec. Longtemps assistant réalisateur, entre autres de Marco Ferreri, il ne réalisera son premier film qu'une dizaine d'années plus tard.

Depuis peu, Radu Mihaileanu fait partie du collectif Cinéma Vérité, présidé par Louis Schweitzer, dont l'ambition est de rassembler les cinéastes qui, par leurs œuvres, apportent témoignages et visions sur les préoccupations du monde contemporain, et qui compte aussi dans ses rangs le Bosniaque Danis Tanovic ou le Français Claude Miller. Tout est politique, concluait le personnage de « Trahir ».

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Portrait de Courageux anonyme

De

13H30 | 03/06/2007 | Permalien

Ces paroles et cette réflexion sur jusqu'où s'adapter fait une trop grande résonnance avec l'actualité politique et tous ces traitres qui passe à Sarko !
J'suis dégoutée !

Portrait de Courageux anonyme

De

12H59 | 04/06/2007 | Permalien

Hein, quoi, comment ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
tu peux préciser ta pensée, si t'as arrêté de vomir bien entendu.

Gudule

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