mémoire

Il y a dix-huit ans, Tiananmen : le témoignage d'une mère

Des étudiants sur la place Tiananmen, en mai 1989 (Robert Croma)

(De Hong Kong) Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, l'Armée populaire de libération (APL) évacuait dans le sang les occupants de la place Tiananmen, à Pékin, mettant fin au « printemps démocratique » de la capitale chinoise. Depuis, des « Mères de Tiananmen », dont des enfants sont morts cette nuit là, luttent pour obtenir la reconnaissance de ces événements, la justice, et l'annulation du qualificatif « contre-révolutionnaire » appliqué à l'occupation de la place Tiananmen, qui plombe le dossier politique de milliers de personnes.

Xu Jie, 68 ans, retraitée de l'Académie des sciences naturelles, est l'une de ces courageuses « Mères de Tiananmen ». Son fils, un ouvrier de 21 ans, Wu Xiangdong est mort sous les balles de l'APL. Pour Rue89, elle raconte cette terrible nuit : le chaos dans les rues, les hôpitaux où s'entassent les victimes, les blessés qu'on refuse de soigner, le corps de son fils qu'elle retrouve mais ne peut emmener. (extrait son en chinois, traduction ci-après).

« Mon fils aimait la patrie avec ferveur »

« Mon fils Wu Xiangdong a participé au mouvement du 4 juin. Il soutenait les étudiants en sit-in, il leur apportait à manger. Il avait 21 ans. Il était ouvrier dans une usine de télévision à Pékin, et le soir, il suivait des cours du soir. Il était en troisième année, c'était un bon élève. A l'usine, il se comportait aussi remarquablement. Il s'occupait de la propagande pour les Jeunesses communistes. Donc, il a soutenu le mouvement étudiant, les manifestations et les sit-in. Après le travail, il appelait les autres ouvriers et employés de son usine à soutenir les étudiants, à leur apporter à manger, à boire.

“Wu Xiangdong aimait la patrie avec ferveur. Il aimait aussi les études, la vie. Ses talents étaient variés. Il chantait très bien, jouait d'un instrument. Sa calligraphie était très bonne. Il aimait aider les autres. Le soir du 3 juin, vers 21 heures, il a entendu la radio officielle disant qu'il restait sur la place de nombreux étudiants provinciaux.

‘Il s'est souvenu que lors de la mort de Zhou Enlai [l'ancien premier ministre], les provinciaux avaient été battus par la police. Donc, tous ces étudiants de Pékin, à l'écoute de la télévision, se sont tous retrouvés sans s'être donné le mot, ils ont convergé vers la place Tiananmen. Ils craignaient que les étudiants provinciaux soient battus. Mon fils avait peur qu'on le retienne, qu'on lui dise de ne pas sortir, alors il a dit qu'il sortait avec sa petite amie, qu'il la raccompagnait chez elle. Qui aurait cru qu'il ne reviendrait pas ? Des étudiants, la tête baissée, l'air affligé’

‘Vers 21 heures, on a commencé à entendre des coups de feu, c'était comme des pétards. Nous nous sommes inquiétés : que se passait-il ? Notre fils ne revenait toujours pas. Nous n'arrivions pas à dormir. A 4 heures du matin, nous avons pris nos vélos pour aller le chercher sur la place Tiananmen. Sur le chemin, jusqu'à Xidan, nous avons vu des étudiants, la tête baissée, l'air affligé. Certains portaient des camarades blessés, et nous avons même vu des corps écrasés par les tanks. Nous étions très angoissés. Arrivés à Xidan, nous avons vu un paysage de désolation. Ces routes si bien construites étaient marquées des traces des roues des chars. Les plaques d'immatriculation des voitures et les murs de Xidan étaient criblés de balles. Sur la vitrine d'une boulangerie était écrit en lettres de sang : A bas le fascisme !

A la vue de tout cela, nous fûmes emplis de tristesse. Nous avons vu un soldat de l'APL, qui, mort, avait été brûlé à l'essence par le peuple. Nous leur avons dit : Il est mort, à quoi bon le brûler ? Les gens étaient furieux : Vous ne savez pas de quoi vous parlez ! Hier soir, nous, le peuple, étions sur le bord de la route. L'APL venait de finir son oeuvre. Alors qu'elle se retirait, celui-là s'est retourné pour tirer sur le peuple, comme s'il n'en avait pas tué assez. Nous nous réfugiions dans les hutong [ruelles du vieux Pékin, ndt], certains parmi nous n'étaient que des personnes âgées, agenouillées. Il était devenu fou, et voilà, nous l'avons brûlé’. C'est ce soldat dont la télévision officielle nous a rebattu les oreilles, Liu Guogeng, un soi-disant héros, je l'ai vu de mes yeux.

Un manifestant stoppe une colonne de chars (Stuart Franklin/Magnum)

‘Ensuite, il fallait que nous continuions à chercher notre fils, nous avons roulé jusqu'à la porte Xinhua. La foule était mains nues, bras dessus, bras dessous, face aux mitraillettes de l'armée. Je me mis à trembler. L'armée tirait et les gens tombaient. Les habitants de Pékin étaient fous de haine, ils criaient : Vous le payerez avec votre sang.’ Et ils se jetaient sur les tanks. Je n'avais jamais rien vu de la sorte. Ce n'étaient pas leurs enfants qui étaient sur la place Tiananmen, mais ils devaient se battre pour eux, sans se soucier de leur vie. L'armée les chassait avec ses fusils et la foule se jetait à nouveau vers elle. Je n'arrivais plus à pédaler.

‘Nous sommes allés dans quinze hôpitaux’

‘Nous n'avions pas encore trouvé notre fils, et c'était notre but, le trouver. Nous pensions qu'il n'était pas possible qu'il soit mort. Je poussais mon vélo. Nous ne pouvions pas passer par Tiananmen qui était bloquée, donc nous avons rebroussé chemin vers Xidan puis nous sommes allés vers Qianmen. Mais, à Xuanwumen, ce n'était que balles, des traces de balles partout. Surtout à Xidan, il y avait de la cervelle, du sang partout. C'était terrible. Mais nous ne pensions toujours pas que notre fils était mort. Quand nous voyions l'APL, nous leur disions : Surtout, ne tirez pas. Ces étudiants agissent pour le bien de la patrie.’ Mais ils ne nous écoutaient pas. Nous avons vu des véhicules militaires neufs, qui n'avaient pas encore été brûlés.

‘Arrivés à Qianmen, l'armée nous a bloqués, elle bloquait la route. Ils nous ont dit de ne pas entrer sur la place : Il n'y a plus personne, la place a été évacuée.’ Des gens nous ont dit d'aller voir dans les hôpitaux. Nous avons pensé que peut-être, notre fils était déjà rentré à la maison. Nous sommes rentrés à la maison, mais il n'était pas là. Alors, nous avons commencé nos recherches dans les hôpitaux de proximité. Nous sommes allés dans quinze hôpitaux. Devant chaque hôpital, il y avait une liste de morts. Nous les avons consultées sans y trouver le nom de notre fils. Chaque hôpital avait plus d'une centaine de morts et de blessés.

‘Quelqu'un nous a dit que notre fils n'avait peut-être pas ses papiers et que dans ce cas, il était à part avec les morts dans les sous-sols des hôpitaux. Nous les avons parcourus un à un, à voir tous ces morts les yeux grands ouverts, mais sans y voir notre fils. Nous étions très angoissés. Quelqu'un nous a dit d'aller voir à l'hôpital Fuxing, où les morts étaient les plus nombreux.

Le premier nom de la liste des morts : mon fils’

‘Nous y sommes allés à vélo en pensant que notre fils pouvait avoir été blessé. Arrivés à Fuxing, c'était déjà l'après-midi du 4 juin, vers 17 heures. A Fuxing, il y a avait une liste des morts. Le premier était Wu Xiangdong… Mais, dans ma tête, je me suis dit qu'il était seulement blessé. Je demandais à tout le monde dans quel lit il était, à quel numéro. Personne ne me répondait. Son père avait compris qu'il était mort et était parti le trouver. Ensuite, quelqu'un est venu et a dit : Mais, ceux-là, ce sont tous des morts.’

‘J'ai senti ma tête exploser et je me suis évanouie. Je ne sais pas comment je me suis réveillée. On m'avait portée à l'intérieur de l'hôpital. A mon réveil, j'ai entendu un grand vacarme, comme une secousse. C'était l'armée qui venait chercher les cadavres, pour faire disparaître les preuves de sa culpabilité. Mais la foule du peuple s'y opposait. Le jour venu, les membres de l'armée étaient en civil. S'ils avaient été en uniforme, le peuple les aurait battus sous le coup de la haine. Il y avait aussi un journaliste étranger qui voulait prendre des photos des corps.

A mon réveil, je me suis agenouillée, j'ai supplié les médecins : Sauvez mon fils, il peut encore vivre.’ Ils m'ont dit : ‘Il n'est plus vivant. Il l'était encore quand il est arrivé ici, mais les échelons supérieurs nous ont ordonné de ne pas sauver les étudiants. Il ne faut soigner que les membres de l'APL.’ Sa blessure faisait un centimètre à l'entrée et trois à la sortie, près du cœur, une grosse brûlure causée par les balles. Donc, à l'origine, il aurait pu être sauvé. Mais on ne lui a même pas transfusé de sang, on l'a laissé se vider de son sang.

‘J'ai dit : Je vais aller voir mon fils.’ Les jeunes médecins m'ont dit : ‘Allez-y vite.’ Ils me soutenaient sous les bras car je ne pouvais plus marcher. Ils m'ont dit : ‘Quand vous l'aurez vu, débrouillez-vous pour l'incinérer sinon l'APL va l'emporter.’ Dans l'entrepôt de vélos, les corps étaient alignés sur plusieurs rangs. A côté de mon fils, c'était un étudiant de l'Anhui, l'université des sciences et techniques.

‘Tous les cadavres avaient les yeux grands ouverts. Pas un n'avait les yeux clos. J'ai vu le corps de mon fils couvert de sang, il lui manquait une chaussure, il était pied nu. Je n'ai prêté attention à personne ni à rien et je me suis jetée sur mon fils pour le prendre dans mes bras. Je voulais l'embrasser. Ils m'ont éloignée de lui car je pleurais, je criais. Il y avait des enfants, des vieilles femmes, mais la majorité était des étudiants.

Tout le monde était de notre côté’

‘Finalement, nous n'avons pas pas emmener le corps de notre fils. L'armée, dans les rues le soir, menaçait de mort toute la famille des gens qui auraient osé le faire. Nous ne trouvions pas de véhicule. Nous ne savions pas où aller l'incinérer. Des gens de bon coeur m'ont dit : Tante, ne sois pas triste, nous sommes tous tes enfants.’ Un taxi nous a ramenés gratuitement à la maison.

‘Nous avons réfléchi à un moyen de vite incinérer notre fils comme les médecins nous avaient dit de le faire. Mais, comment faire ? Nous n'avions pas de solution. L'hôpital voulait que nous remettions un certificat attestant que notre fils n'avait pas été tué, mais qu'il était mort de maladie. Nous sommes allés trouver notre comité de résidence. Les comités de résidence de Pékin, la police de Pékin, tout le monde était de notre côté. Ils m'ont fait un faux certificat disant que mon fils était mort de maladie. Mon unité de travail a envoyé un véhicule pour aller le chercher le lendemain.

J'étais à l'hôpital. Nous devions laver mon fils et le vêtir des vêtements qu'il aimait porter. Mais, nous n'avions accompli que la moitié de notre tâche et déjà l'armée fermait les routes, le pays était en état de siège. On nous a dit de nous dépêcher, de l'emporter en vitesse. Au risque de notre vie, nous l'avons changé dans le véhicule. J'ai pu voir sa blessure de près. J'ai à peine eu le temps de voir mon fils, nous étions déjà chassés et nous l'avons incinéré en banlieue est où les soldats n'étaient pas. Nous étions alors déjà le 7 juin.’

Rassemblement de commémoration du massacre de Tiananmen - Ce dimanche à 15h30 - Parvis des Droits-de-l'Homme, Trocadéro, Paris - Voir le plan.

37 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de pene-r

De pene-r

22H47 | 02/06/2007 | Permalien

Y a des moments on se sent tout petit : -(

Et la photo de la colonne de char devrait être inscrite au patrimoine de l'humaité.

magnifique témoignage en tous cas.

Portrait de Daniel R

à pene-r Portrait de pene-r De Daniel R

Visiteur d'entreprise | 09H28 | 03/06/2007 | Permalien

Tout à fait d'accord.

Le courage désespéré mais résolu de cet homme inconnu face à l'image même de la puissance totalitaire me laisse pantois.

Respect.

Portrait de Courageux anonyme

à Daniel R Portrait de Daniel R De

13H50 | 04/06/2007 | Permalien

cette photo de cet homme face à un char est extraordinaire,Savez vous que ce genre de photo porrait être publiée,dans tout les journaux du monde.C'est celle de enfants palestiniens face aux chars Israeliens,mais celles ci n'interressent pas grand monde.

Portrait de Courageux anonyme

De

05H54 | 03/06/2007 | Permalien

Bravo à rue89 pour la qualité de ce genre de témoignage.
Cela nous rassure un peu sur ce que devient le métier de journaliste.

la Claviste

Portrait de Courageux anonyme

De

06H54 | 03/06/2007 | Permalien

Ce témoignage est très émouvant.
Ce qu'il dit du régime chinois de l'époque est effrayant.

Où en est la Chine aujourd'hui ?
La course à l'argent effrénée qui semble y régner -- hier encore un sujet du JT de France 2 sur la bourse de Shangaï -- n'est-elle pas là pour rendre les gens plus dociles ?

Portrait de Courageux anonyme

De

08H33 | 03/06/2007 | Permalien

triste !

Portrait de Cyrille

De Cyrille

08H47 | 03/06/2007 | Permalien

En lisant cet article j'ai ressenti la meme rage qu'il y a dix-huit ans, j'avais alors 16 ans…

La démocratie dans le monde a-t-elle beaucoup évoluée ?

Les démocraties ont-elles, elles même évoluées dans le bon sens ?

Je crois malheureusement que le monde n'a pas fini de voir de telles images.

Portrait de Courageux anonyme

De

08H48 | 03/06/2007 | Permalien

s'il vous plait, il manque la moitié du récit en chinois, pouvez-vous le mettre entièrement en ligne ou dire où il est possible de le télécharger.

Merci

Portrait de Pierre Haski

De Pierre Haski

Rue89 | 11H48 | 03/06/2007 | Permalien

désolés, mais le fichier complet était trop lourd, et nous n'avons récupéré qu'un extrait du son original. Je vais essayer de récupérer l'intégral.

Portrait de Buzhidao

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De Buzhidao

Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 00H39 | 04/06/2007 | Permalien

J'aimerais pouvoir récupérer l'intégralité du fichier, et le passer en classe. Pas par provocation, mais les profs ne sont pas complètement fermés au sujet. Certains pensent que la critique est presque exclusivement occidentale, mais je répondrai aux autres commentaires en disant que de nombreux étudiants que je connais en ont ras-le-bol de cette censure, de cette désinformation, bref du manque de liberté. Mais encore beaucoup, dont ceux qui n'ont pas eu la Chance d'aller à l'étranger, n'ont aucune idée de ce que « liberté » signifie, parce que ceux là commence à avoir de l'argent, consomment et profitent d'une « belle vie » (à ce propos la vie des citadins est sans commune mesure avec celle des ruraux), et en effet c'est ce qui parait le plus important dans un premier temps… mais on finit toujours par s'en lasser.
Voilà, ceci n'est pas une analyse, mais mes impressions et mon expérience d'étudiant après pas loin d'une année passée dans ce qui reste hélas, une dictature (je remercie tous les jours les services de censure de me laisser librement accéder à rue89, mais si quelqu'un peut m'expliquer comment à présent même les proxys comme anonymouse ou proxify sont contrôlés, je suis tout ouïe ; -)

ps : nerf les questions de vérification je me suis encore trompé : p
ps2 : ah non c'est pas possible, c'est un bug ?

Portrait de Santiano

De Santiano

09H22 | 03/06/2007 | Permalien

Honte sur le PCC ; honte sur les gouvernements occidentaux qui collaborent avec ce monstre totalitaire ; honte sur tous les complices qui nous vendent entre phantasmes touristico-exotiques et miracle economique une Chine frequentable ! Merci Rue89 pour ce temoignage bouleversant et sans appel… souvenez-vous quand le president Hu Jintao - surnomme le boucher de Lhassa pour sa politique genocidaire au Tibet - fut accueilli en France : Tour Eiffel en rouge (sang), standing-ovation a l'Assemblee nationale… et avec Chirac le laquais sinolatre… oui honte…

Portrait de ebolavir

à Santiano Portrait de Santiano De ebolavir

Tianjin | 15H39 | 03/06/2007 | Permalien

Santiano, vous en faites trop. Hu Jintao en a fait beaucoup au Tibet. Mais rien à voir avec un génocide. Ou bien, si c'est ça qu'il voulait, c'est raté et il est incompétent.

Les dernières actions comparables faites par des Français sont très anciennes, certes. Purtant les acteurs et les témoins ne sont pas tous morts, et certains occupent encore des positions officielles.

Portrait de Pierre Haski

à ebolavir Portrait de ebolavir De Pierre Haski

Rue89 | 16H28 | 03/06/2007 | Permalien

Oui, je suis d'accord. Utilisons les bons mots, politique génocidaire n'est certainement pas le bon mot pour le Tibet (c'est l'afflux de Han, pas la disparition des Tibétains qui change l'équilibre démographique), même si on parle aisément de « génocide culturel », mais vous admettrez que ce n'est pas la même chose…

Portrait de Buzhidao

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De Buzhidao

Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 18H17 | 03/06/2007 | Permalien

Ce n'est pas parce qu'un gouvernement n'est pas fréquentable que le pays qu'il dirige ne l'est pas. Sinon je ne suis pas près de rentrer en France !
Blague à part, si vous mettez quelques centaines de millions de Chinois dans le même paquet que l'oligarchie au pouvoir, pourquoi se plaindre et se désoler ?
Et puis de toute façon le PCC a promis la démocratie…
Pour dans 100 ans.
Ou pas.

Portrait de Daniel R

De Daniel R

Visiteur d'entreprise | 09H43 | 03/06/2007 | Permalien

Le Tibet n'a pas de pétrole comme le Koweït, la Chine peut donc continuer à l'occuper sans être mise au banc de l'honorable communauté internationale.

Le sang a séché sur la place Tienanmen. Les affaires sérieuses ont enfin pu commencer. Les dirigeants chinois nous connaissent bien, l'un d'entre eux a dit « Ils vendront la corde qui servira à les pendre » ?

Que pèse la douleur des peuples martyrisés, exploités, spoliés, face aux gros dividendes servis à nos gras actionnaires ?

Portrait de Courageux anonyme

à Daniel R Portrait de Daniel R De

00H45 | 05/06/2007 | Permalien

Peut-être pas de pétrole. Par contre, il paraît qu'il y a des gisements de minerais et que la nouvelle ligne ferroviaire Pékin-Lhasa permettrait de les transporter.

Portrait de Courageux anonyme

De

13H43 | 03/06/2007 | Permalien

C'est tres emouvant

Portrait de Courageux anonyme

De

14H11 | 03/06/2007 | Permalien

Je vis en chine depuis 5 ans.Pas un seul chinois n'en parle, la plupart nie meme cet evenement. C'est effrayant. Mais le plus, c'est que des etrangers vivant ici, approuveraient presque la decision du PCC. Surtout pas de vague, ca pourrait nuire au business. Honte !

Portrait de ebolavir

De ebolavir

Tianjin | 15H30 | 03/06/2007 | Permalien

Je confirme pour les quelques jeunes Chinois que je connais : ça ne leur dit rien. Pour ceux qui ont l'age d'avoir compris ce qui se passait à l'époque, ils n'ont pas du tout envie d'en parler.

136e anniversaire : Le 28 mai 1871, c'était la fin de la Commune de Paris. Plus tard, on a reproché au général Galliffet les massacres de la dernière semaine. Il répondait : « Si vous en tuez trente, les autres deviennent enragés. Si vous en tuez trente mille, vous avez réglé le problème pour une génération. » Les vieux dirigeants comme Deng Xiaoping connaissaient l'Histoire. Pour l'instant, le général Galliffet a gagné en Chine. Mais une génération c'est 25 ans. Bientôt passé.

Portrait de Buzhidao

à ebolavir Portrait de ebolavir De Buzhidao

Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 18H23 | 03/06/2007 | Permalien

On ne connaît pas les mêmes alors… ou plutôt si, en fait, et je reviens sur ce que je disais précédemment, je trouve que la différence se fait entre ceux qui déjà sont sortis hors de Chine (autrement qu'en voyage organisé) et ceux qui sont toujours restés au pays et qui n'imaginent pas que les choses puissent être autrement. Mais côtoyant en majorité des gens qui apprennent les langues étrangères, je n'ai pas une vue globale sur la situation des jeunes chinois.
Votre expérience confirme t-elle mes dires ?

Portrait de ebolavir

à Buzhidao Portrait de Buzhidao De ebolavir

Tianjin | 02H28 | 04/06/2007 | Permalien

J'ai l'age d'un vieux professeur et pas l'age d'un étudiant. Il y a donc des chances qu'ils n'aient pas voulu m'en parler, sachant ce que chez eux les gens de ma génération pensent de ça. Votre témoignage a plus de valeur que le mien.

Détail qui n'a peut-être rien à voir : la télévision a passé des images d'émeutes dans les pays occidentaux avec encore plus d'insistance que d'habitude. Le sujet : la réunion du G8, avec un historique des manifestations hostiles d'année en année.

Portrait de Buzhidao

à ebolavir Portrait de ebolavir De Buzhidao

Carte de presse n°343-F (oui, je sa... | 03H57 | 05/06/2007 | Permalien

Votre commentaire me rappelle un anecdote. Fin 2005, crise des banlieues. Nous recevions dans notre établissement français un professeur chinois, genre pékinois, bien dans le ton du Parti. Les parents chinois s'inquiètent pour leurs enfants (nous dit-il) et il leur répond : pas de soucis, ce sont juste quleques excités. Exactement comme chez nous en 89, il n'y a aucun souci à se faire.

En gros, il ne s'est rien passé en 89, et de toute façons chez les autres ce n'est pas mieux.

Bref tout ça pour dire que j'ai mis la main sur trois documentaires d'une heure sur les « évènements », critiques et en chinois, très durs, pleins de sang et de larmes, le genre de chose que je n'avais jamais vu même en France. C'est ce que s'échangent les étudiants chinois en sous-main (enfin pas ceux qui préfèrent se bander les yeux et vous traiter de traître si vous émettez une quelconque critique du PCC).
Encore merci à Rue89 de nous donner ce genre d'articles, et l'envie d'aller plus loins. Continuez !

Portrait de Santiano

De Santiano

17H06 | 03/06/2007 | Permalien

Pardon Pierre Haski pour Hu jintao le genocidaire… mais comme sur ce site on compare souvent Nicolas Sarkozy a Petain ou Hitler je pensais qu'en gardant les memes proportions je pouvais appeler Hu Jintao un genocidaire… Je voulais juste rester dans le ton de Rue89…

Portrait de Seam

De Seam

Chargé d'études | 19H48 | 03/06/2007 | Permalien

Pekin 2008… Vive les jeux olympiques…

Portrait de Courageux anonyme

De

21H18 | 03/06/2007 | Permalien

Tout n'est pas rose certes mais je ne peux qu'être énervé par les poncifs « pas de pétrole au Tibet » Sachez que l'intervention en Irak n'avait pas lieu d'être, pas plus qu'une en Chine, ce sont des pays souverains !
Savez vous ce qu'était le lamaïsme avant l'arrivée des chinois au tibet ? Je ne dis pas que tout est rose maintenant mais deja on ne meurt plus de faim au Tibet, la durée de vie à augmenté (une trentaine d année avant que les chinois n'aillent au tibet). le lamaïsme etait un reel servage, droit de vie et de mort dans l'instant. Alors, je le repete, tout n'est pas rose mais ces gens qui se la jouent « peace and love » sans connaitre le revers de la médaille, ça a le don de m'énerver.
C.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H55 | 28/07/2007 | Permalien

on ne meurt plus de faim au tibet ? ? ? la bonne blague allez donc sur place constater par vous meme le niveau de pauvrete dans lequelle les tibetains se debattent…sans compter le climat de terreur que le parti fait regner…
Le PCC a une facon bien particuliere de gerer son pays …avortements massifs jusqu'àu terme c'est à dire assassinats en regle de bebes tout à fait viables et en bonne santé, tortures, menaces et pressions quotidiennes sur des familles entieres supposées etre dangereuses pour le parti…
Des familles de paysans obligées de donner leur sang regulierement pour pouvoir gagner un peu d'argent et pouvoir manger, des medecins sans scrupules qui par soucis d'economies utilise une seule seringue et une seule aiguille pour tout un village…des milliers de personnes contaminées par le sida sans aucun moyen de se soigner et qui crevent dans l'indifference la plus totale..Des enfants descolarisés obligés d'aller travailler dans les rizieres pour aider leur famille….
La liste est longue, il y a tant d'injustice et d'horreur au quotidien dans ce pays …Alors quand je vois quelqu'un defendre voire excuser ce gouvernement ca me revolte profondement.

Portrait de quyuan2

De quyuan2

21H58 | 03/06/2007 | Permalien

En 1989, j'avais 13 ans, j'ai suivi l'évènement par la CCTV. A cause de la censure, on ne pouvait pas savoir ce qui se passait au juste à Pékin.
Quand je suis arrivé en France, par curiosité j'ai acheté le livre « La vérite de 64″ (Zhangliang). Et j'ai consulté sur internet ce sujet. Je pense que beaucoup d'étudiants chinois en France comme moi ont fait la même chose.
Le problème, c'est que, les chinois n'osent pas parler de cette évènement sous la pression de PCC. Au contraire, ceux qui tirent profit du régime, comme beaucoup de fonctionnaires, commerçants, partagent l'idée de PCC, et expriment leur satisfactions en faveur de PCC. Cela donne l'impression aux français que les chinois ont oublié cet évènement. Mais c'est faux. Je pense que tous les chinois se souviennent de cette évènement.
Ces jours-ci sur le forum “l'oeil de chat”, j'ai découvert plusieurs personnes qui tentent de publier des sujets sur 6.4. sous des titre implicites suscitant l'imagination. Par exemple, un sujet en titrant “1789, Prise de la Bastille”, les chiffres 89 font penser à l'évènement de Pékin.
En bref, en chine, les internautes commémorent 64 avec les façons plus discrètes et intelligentes.

Portrait de Courageux anonyme

à quyuan2 Portrait de quyuan2 De

12H29 | 05/06/2007 | Permalien

D'accord avec vous, sur le fait que les chinois ont peur des représailles du PCC par rapport à l'évocation de Tienanmen.

Il y a quelques années, j'ai essayé de demander à un jeune Pékinois son avis sur le PCC et plus particulièrement celui sur Mao. J'ai attendu un moment propice avant d'engager la conversation (nous étions saoul, marchions dans la capital et je pense qu'une relation de confiance s'était instaurée). Résultat, il a aussitôt changé de conversation.

Une autre anecdote, j'ai photographié des entrées de vielles maisons traditionelles dans le vieux Haikou (la capitale de l'île de Hainan) qui témoignent de la vie de la religion païenne (mélange de confucianisme, de taoïsme…). Une habitante m'a surpris sur le fait et m'a aussitôt engueulé (je ne comprends pas le chinois). J'ai conclu par la suite qu'elle avait peur que l'on montre ce paganisme. L'occupation Japonaise sur l'île et la répression du paganisme par le PCC devaient y être pour quelque chose…

Portrait de Courageux anonyme

De

22H52 | 03/06/2007 | Permalien

pourquoi pendant les 5 ans que j'ai vécu en Chine.. je n'ai rien vu.. rien entendu de tout ca… ? ..
comment ont-ils pu omettre cette histoire ? alors que nous on revient sans cesse à 68 (cest tet pas comparable) dans notre actualité …

certes je connaissais cette photo, mais jamais l'histoire compléte.. les médias francais n'en parle que trop peu, et se gargarisent de l'essor économique chinois.. en oubliant son histoire…

merci pour cet article, qui suscite la curiosité d'un gamin de 17ans pour en connaitre plus sur ce 4juin 1989..

Portrait de Ded Zep Line

De Ded Zep Line

La manipulation des élites est enco... | 08H57 | 04/06/2007 | Permalien

J'espère juste que ce « printemps de Prague » à la chinoise ne sera que l'étape (nécessaire ? ? ? ) à la disparition du communisme chinois.

NE-CE-SSAI-RE ?
glups ! Je m'explique !
Aussi ignoble que puisse être ce que je vais dire, cela me semble dans un monde aussi pourri qu'inhumain, une nécessité !

Et lisez ou relisez « le prince » de machiavel pour vous en convaincre.

L'urss passait aux yeux des intellectuels français comme un vrai paradis. L'écrasement de Prague et son lot de morts (hélas) permirent à chacun de se positionner face à ce carnage.
* Au PCF français de montrer son vrai visage (et encore il en a fallu du temps pour que la masse l'admette) et de faire rire tout le monde avec une URSS au bilan « globalement positif ».
* Aux adeptes de la liberté de ne plus être traité de « ringards » et « d'anti-communistes primaires ».

Alors s'il existe encore des admirateurs du communisme à la chinoise, Tienanmen sera (comme le printemps de Prague) une gifle cinglante rendant impossible la défense de l'indéfendable ?
Peut être pas ! Mais au moins cela nous permettra de voir le vrai visage des défendeurs de ce régime fasciste.

Quand à la question des jeux olympiques (à l'instar de ceux de Moscou (fallait-il y aller ou pas ? )), cet organisme étant suffisamment discrédité pour moi que la valeur soi-disant morale qu'il pourrait représenter me laisse perplexe.

La seule question que je me pose : comment les résistants chinois perçoivent nos palabres bien au chaud à quelques 10 000 kilomètres de là ?

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code