
(De Montréal). L'un des épisodes les plus mouvementés de la vie politique québécoise a trouvé son terme vendredi avec l'adoption in extremis du budget 2007 à l'assemblée nationale, par 46 voix contre 44. Au terme d'une semaine tendue sur la colline parlementaire de Québec, le parti libéral (PLQ) au pouvoir est passé tout près de la sortie, deux mois à peine après avoir remporté les élections législatives.
Ce succès plus que mitigé a été obtenu à l'arrachée grâce au revirement inattendu du parti québécois (PQ). Au lendemain de la présentation du budget par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, le 24 mai, les deux groupes d'opposition à l'Assemblée, l'Action démocratique du Québec (ADQ) et le PQ annonçaient en coeur qu'ils voteraient contre. Un tel scénario aurait entraîné la chute du gouvernement Charest, le PLQ étant minoritaire à l'assemblée. Les Québécois auraient été rappelés aux urnes. Et selon les sondages, les libéraux auraient eu beaucoup à perdre dans la bataille.
Les critiques de l'opposition se sont focalisées sur les baisses d'impôts de 660 millions d'euros prévues par le texte. Pour ses responsables, une telle diminution est inopportune, au vu des carences en matière d''éducation ou de santé. Par ailleurs, l'ADQ et le PQ reprochent aux libéraux de favoriser les classes aisées avec cette fiscalité allégée. Jusqu'à jeudi, les trois parties sont restées campées sur leurs positions.
Tout au long de la semaine, les libéraux ont négocié des aménagements avec les « péquistes », en écartant tout recul sur les baisses d'impôt, une promesse électorale qu'ils entendaient tenir. Mais un désaccord, portant sur un montant de 170 millions d'euros, persistait entre les deux camps. Puis le parti québécois a fait volte-face, annonçant qu'il voterait contre le budget mais ne ferait pas tomber le gouvernement, sans pour autant dévoiler les motivations de ce volte-face.
De son côté, la ministre des Finances a indiqué que « 111 millions de dollars [77 millions d'euros, ndlr] de dépenses » ont été ajoutées, conformément aux demandes du PQ, pour trois domaines prioritaires : le soutien aux personnes âgées, l'échec scolaire et les régions en difficultés.
Des mesures financées par une augmentation des prélèvements sur les institutions financières et les entreprises pétrolières. L'ADQ a immédiatement réagi, dénonçant la mise en place de ce qu'il considère comme un impôt indirect. Après ces échanges d'amabilités, le budget a finalement été adopté.
Mais le gouvernement a sauvé sa peau, la crise politique n'est pas forcément close. Les observateurs se demandent si Jean Charest ne sera pas poussé à la démission, après avoir tenté de passer en force contre l'avis de l'opposition et celui de la population. Plusieurs sondages montrent en effet que sept Québécois sur dix sont opposés à ces baisses d'impôt.

























4
(Pour réagir, connectez-vous)
De
19H12 | 03/06/2007 |
Volte-face inexpliquée du PQ : les raisons apparaissent assez claires de ce côté-ci de l'Atlantique.
Financièrement exsangue, avec une toute nouvelle chef de parti non élue (Pauline Marois), et un électorat furieux de devoir interrompre son été pour aller aux urnes (tout comme les candidats de tous les partis, pas encore remis de la dernière campagne électorale), le PQ a livré un beau spectacle tragicomique en l'absence de la nouvelle opposition officielle qui a perdu une belle occasion de se faire connaître en s'excluant elle-même de la scène par l'annonce qu'elle voterait contre n'importe quel budget.
La suite à la rentrée d'octobre. Prenez vos billets ! Bonnes vacances tout le monde !
De
05H48 | 04/06/2007 |
Le plus ironique est de voir le parti séparatiste (Pq) sauver la tête de l'ultra-fédéraliste Jean Charest (PLQ), une union contre-nature qui coûtera cher au tiers parti.
Par chance pour lui, le nouveau chef de l'Opposition officielle aura su résister à l'invitation reçu du premier ministre de participer à un Dîner de con !
De ÉlodieGMartin
06H05 | 04/06/2007 |
Incroyable, mais vrai, tout ce qu'avait à offrir le premier ministre Charest au chef de l'Opposition officielle Mario Dumont, alors que son gouvernement était, soi-disant en pleine crise, c'était de demander à certains de ses députés de s'abstenir de voter ! That's it, that's all !
Certains éditorialistes et commentateurs politiques devront revoir leur jugement sur le refus de Mario Dumont de participer à cette fausse crise parlementaire ! Le seul irresponsable dans ce mauvais vaudeville c'est le premier ministre par son arrogance et son mépris de la population. Lorsque tu es assis sur un siège éjectable, tu évites les turbulences et tu adoptes un profil bas !
Par chance pour lui, le Pq peut se faire acheter pour pas cher !
De DO
06H49 | 05/06/2007 |
La vie politique au Quebec me semble bloquee. Le PQ doit representer beucoup plus de quebequois que les elections le laissent penser. Malheureusement il reste accroche a cette revendication d'independance qu'une tres grande majorite ne veut pas. Qu'il assouplisse cette position et les electeurs viendront et la vie politique sera plus stable.