Cinq hommes en lice pour diriger le Monde

Qui sera le prochain maître du Monde? Officiellement, ils sont désormais cinq à être pressentis pour la succession de Jean-Marie Colombani. Deux en interne et trois de l’extérieur. Un « officiel » et quatre officieux. Contrairement à certaines rumeurs, Hubert Védrine n’est pas candidat. L’ancien ministre des Affaires étrangères a formellement démenti à Rue89 toute candidature auprès d’Alain Minc, président du Conseil de surveillance. Pour la Société des rédacteurs, le candidat idéal serait un journaliste ayant démontré sa compétence dans la gestion d’un groupe de presse de taille appréciable. » En interne, on affiche une préférence pour un journaliste ayant une vraie stratégie de développement. Sur la base de ces deux critères, le favori est sans conteste l’actuel patron de Courrier International, seul titre du groupe à afficher des bénéfices. Revue des candidats.

Philippe Thureau-Dangin, 52 ans, le légitime. Selon 20 minutes, il ne serait pas candidat. Mais pour Rue89, il l’est bien. Preuve à l’appui: nous avons récupéré sa lettre de motivation, envoyée directement à Alain Minc. Dans celle-ci, il fait preuve d’un bel enthousiasme tout en soulignant les faiblesses de la gestion colombaniste: « De fait, il n’y a guère de passerelles éditoriales et marketing entre le pôle Sud et les deux pôles Nord », dit le directeur de Courrier International, qui propose, pour le quotidien, les sites web et les magazines du pôle Nord, « une seule base technique et fonctionnelle (concernant la comptabilité, la fabrication, les ressources humaines, les services généraux, etc) ». Il n’oublie pas de flatter son interlocuteur: « Le management du groupe doit être resserré avec un directoire élargi tel qu’il a été défini par vous-même dans votre récent rapport sur la gouvernance du groupe et les différents éditeurs responsables des principales entités. » « Thureau » va plus loin en proposant « d’étudier de nouveau la possibilité de sortir le matin et de revoir en conséquence l’offre de fin de semaine. » Journaliste de profession, il présente l’avantage de bien connaître la maison. Inconvénient: assez désordonné selon son entourage.

Pierre Jeantet, 60 ans, le régional. D’une prudence de Sioux, l’actuel numéro 2 du Monde n’a pas été défaillant envers Jean-Marie Colombani depuis le début du conflit, tout en alimentant, en privé, les critiques. Notamment lorsqu’il s’adresse aux rebelles de la Société des rédacteurs, qu’il fréquente depuis son arrivée dans le groupe il y a un an. D’abord journaliste à l’AFP, puis président du groupe Sud-Ouest, il a entrepris la diversification du quotidien régional avec un certain succès, en s’opposant vivement au Syndicat du livre. Il n’a pas le profil aussi parisien que ses concurrents. Un atout qui peut aussi être un inconvénient aux yeux des membres du Conseil de surveillance.

Alain Genestar, 57 ans, le revanchard. Après une longue carrière au Journal du Dimanche, ce directeur de la rédaction de Paris Match s’est fait débarquer en 2006, un an après avoir couvert la publication, à la Une de l’hebdomadaire, d’une photo de Cécilia Sarkozy en galante compagnie. Le tout sous le regard sévère d’Arnaud Lagardère. Depuis, il attend son heure, en nouveau martyr des Sarko Boys. Trop people pour être crédible.
Addendum 05/06/2007: Genestar se porte officiellement candidat, selon Presse News.

Bernard Spitz, 47 ans, l’intello. Maître des requêtes au Conseil d’Etat, consultant de haut vol, auteur de plusieurs essais (cf son blog personnel), il bénéficie à la fois d’une vraie légitimité professionnelle et d’un bon carnet d’adresses. Ancien conseiller de Michel Rocard, il a aussi rédigé un rapport sur la lecture de la presse et les jeunes. Il présente son dernier livre, « le Papy Krach » par un constat très motivant: « Dans les trente prochaines années, le nombre des plus de 60 ans va doubler. Celui des moins de 25 ans va diminuer. D’un côté plus de retraités, vivant plus longtemps, dépensant plus pour leur santé; de l’autre une population active moins nombreuse. Les jeunes devront payer au prix fort: plus de prélèvements pour moins de prestations, de formation, de services publics, d’emplois… » Réjouissant.

Gilles Le Gendre, 48 ans, le communiquant. Ancien journaliste, puis rédacteur en chef de magazines, il a dirigé le groupe Express-Expansion, puis il a bifurqué vers la communication en prenant la direction des relations de la Fnac, de 2003 à 2005. Puis, il a monté son propre cabinet de consultant en stratégie et communication… Sur le site du Medef, il se lâche: « La mission de l’entreprise n’est pas d’être drôle, par contre le rôle d’un service de communication est de compenser la pression et de façonner une image dans la société civile. » A méditer pour les conférences de rédaction.

Guillaume Bouchet et Augustin Scalbert

Rectificatif 4/06/2007. Légères modifications sur les présentations de B.Spitz et G.Le Gendre


A lire:
« Obtenir les 60%, c’est compliqué »
Réactions au sein de la rédaction du Monde.


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Courageux anonyme
18H43 31/05/2007

La question essentielle, pour ceux qui aiment Le Monde et le lise depuis toujours est de savoir qui pourra préserver l’indépendance de ses joirnalistes ? Comment échapper à une main-mise accrue des Lagardère, Minc et autres qui tissent la toile de plus en plus serrée du contrôle du grand capital financier sur les médias ?
Depuis que Libé est passé sous les fourches caudines d’un Rotschild, l’espace de la presse libre rétrécit comme peau de chagrin.
Le système berlusconien qui se met en place justifie la plus grande vigilance de ceux qui sont attachés à la liberté d’écrire et de penser. Voilà ce qui doit éclairer le choix des décideurs.
Philippe de Georges, Nice

 
Courageux anonyme
19H18 31/05/2007

Euh…Nicolas Sarkozy???

 
Courageux anonyme
23H16 31/05/2007

et Jean-Marie Colombani, le légitime, l’international, le consensuel, l’intello, le communiquant ?

Quel gachis, Mesdames et Messieurs les journalistes du Monde. Vous êtes épris de sensations fortes mais c’est bien tout. Et c’est bien tout ce que vous allez récolter quand votre Groupe sera dépecé et vendu en miettes.

Il ne vous restera que vos yeux pour pleurer un passé avec lequel vous avez voulu rompre,

Et j’espère qu’il vous restera aussi les remords d’avoir entrainé des milliers de collaborateurs dans votre chute,

Quel dommage d’en arriver là où vous en êtes aujourd’hui,

Anne-Sophie

 
Courageux anonyme
23H32 31/05/2007

Et Stéphanie de Monaco ? Non? Sexistes!

Etant voyante,en vérité je vous le dit: Les journaux « papier » politique, (pas les people ,photographies et tout ça!) Libé,Le Monde,et les autres auront disparu du paysage d’ici 5 ans,dix au maximum,quand les vieux ne liront plus ces journaux,qui les lira? Les jeunes gens qui se parlent par SMS ou Texto?

Cette presse est sous perfusion pis c’est tout!

 
23H34 31/05/2007

Tout le monde connaît les déboires de Génestar avec Sarko. La présentation que vous faites de cet homme est bien courte, elle n’a pas de lien avec sa candidature au Monde.

Quand au portrait de Spitz : l’extrait que vous citez est intéressant, mais encore une fois a-t-il seulement un rapport avec le sujet ?

Evidemmment, une telle présentation semble avantager Thureau et Jeantet, mais c’est vrai qu’ils ont l’air compétents. C’est bien de préciser qu’ils sont journalistes car c’est de cela que Le Monde à besoin dans sa SDR … pas d’un publicitaire !

Verdict quand ??

 
22H54 01/06/2007

Au secours! Il n’y a personne de crédible dans cette liste!
De toute façon, Alain Minc va placer ses pions comme il sait très bien le faire… Et Colombani aura une retraite en or chez AM Conseils…