Le New York Times titrait « Un choix de Ministre des Affaires étrangères surprenant ». L'inimitable Christopher Hitchens indiquait en intro de son papier dans Slate « Le choix d'un nouveau Ministre des Affaires étrangères avec des principes montre à quel point la France a changé récemment ». The Economist évoque « L'effet Kouchner ». Oui, la presse anglo-saxonne est vaguement fascinée par la nomination de Kouchner, en grande partie parce que, outre le côté baroque de cette administration Sarkozy conservatrice hébergeant un socialiste, Kouchner est la seule personnalité bien connue du lot. En raison de son rôle pendant plusieurs années comme représentant de l'ONU au Kosovo et son action comme co-fondateur de Médecins sans Frontières, il a fait bon nombre d'apparitions dans les médias américains durant les vingt dernières années, y compris quelques grandes interviews dans le très respecté Charlie Rose Show, maniant l'anglais avec discernement et habileté.
Je dirais que la raison principale pour laquelle on parle tant de lui (Google News recense plus de 2 000 références le concernant dans toute la presse anglophone au cours du dernier mois) c'est pour son espèce d'idéalisme viscéral et son intérêt affiché pour tout ce qui est susceptible de remettre en question le statu quo. L'article de The Economist considère que « la nomination de M. Kouchner est plus d'un geste politique habile. Elle reflète le désir de M. Sarkozy d'une nouvelle doctrine fondée sur des valeurs, et vouée à renforcer la voix de la France ».
La question qui sous-tend ces articles est : que doit-on comprendre de ce garçon ? Son côté loup solitaire ne fait que nous troubler un peu plus, nous autres Américains. Notre culture politique exige que les politiciens soient très clairement repérables sur la carte idéologique, même quand ils se rebellent contre l'orthodoxie de leur parti (voir le cas de Giuliani, Rudolph). Mieux, les Etats-Unis ont maintenant besoin d'exorciser leurs démons, autour du sujet de la guerre.
Il n'y a qu'à voir comment Hillary Clinton, malgré son changement d'avis sur la question, s'est grillée avec son vote initial en faveur de la guerre. Les militants démocrates exigent qu'elle présente des excuses, ou, laissent-ils entendre, ils soutiendront un autre candidat. Ce n'est pas grave de ne pas avoir été anti-guerre dès le premier jour. Mais il faut savoir faire acte de contrition.
Alors, qu'en est-il de Kouchner dans tout ça ? Il a été en faveur d'une intervention militaire pour faire chuter Saddam Hussein, sur des motifs humanitaires. Sarkozy lui-même, pourtant proche des Etats-Unis, était contre. Et voilà que, dans son propre gouvernement, ce dernier nomme un homme de gauche, et, qui plus est, favora… voilà qui me donne le tournis pour de bon. Pour les Américains, Kouchner est un drôle d'oiseau, un gauchiste qui critique ceux qui, à gauche, passivement ou activement, aident les tyrans, se faisant ainsi le héraut d'une doctrine de l'intervention finalement pas si éloignée de celle de Bush et de sa guerre préventive.
Hitchens emploie le mot de « néoconservateur » en décrivant Kouchner, mais en réalité, si Kouchner était un néo-conservateur, ce serait avec l'idéalisme des origines, et non la mauvaise foi et les outrances qui ont suivi. Il y a certainement de la place pour des Bernard Kouchner dans ce monde, parce qu'un des grands dommages collatéraux de cette guerre est qu'elle a refroidi grandement les Américains et d'autres membres de la communauté internationale quant à l'opportunité des interventions humanitaires. Le portrait de Kouchner dans le New York Times indique : « contrairement à la politique gaullienne historique, qui évalue les crises à travers le prisme de l'intérêt national de la France, M. Kouchner voit les choses dans une stricte perspective humanitaire. Il a été un convaincant avocat de la première heure de “l'ingérence humanitaire” - le droit d'interférer dans les affaires d'un autre pays si les droits de l'Homme sont en jeu. »
Remplaçons « gaullienne » par « Républicaine » et « France » par « Etats-Unis » et l'on voit une politique qui dépasse largement les néo-conservateurs, faisant apparaître ceux-ci comme des hypocrites, avec leur opposition très sélective à des leaders antidémocratiques (quid de Musharraf et Moubarak par exemple). Une politique qui devient, dans l'ensemble, vertueuse. Pour tous ceux qui, à l'origine, étaient pour la guerre pour se débarrasser du tyran, et aussi pour ceux qui espèrent encore pouvoir la gagner, Kouchner, malgré ses défauts - et il en a - est une incarnation paisible de ce qui au fond était censé être l'idée de départ : une intervention militaire peut parfois obéir à la morale.
(traduction : Catherine Segal)

Read :
The reasons behind the US fascination with Kouchner
The original version of Grant Rosenberg's paper.

























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De a.guillaume
18H09 | 30/05/2007 |
normal,il a le profil cinoche d'un Kirk Douglas ,auprès de ce peuple profond,l'image,ca aide…
De Klaus
21H25 | 30/05/2007 |
Outre la différnece d'appréciation entre Sarkozy et Kouchner sur l'intervention en Iraq il en est une autre - majeure : l'entrée de la Turquie en Europe… L'un comme l'autre ont usé de clarté, Sarkozy est contre, Kouchner pour… C'est peut-être aussi une des raisons parmi celles qui séduisent les Américains. Une autre ? Le peu d'empressement de Kouchner à parler de la Palestine…
De
16H39 | 01/06/2007 |
le DARFOUR me semble d'une urgence HUMANITAIRE IMPERATIVE, là je pense que Kouchner à sa place pour bouger tout son monde, c'est sur ce point très showbiz du moment aux states qu'il doit plaire ! !
Mon avis étant plus axé sur un point de vue humanitaire que dégage Kouchner doublé d'un parfait showman le tout à du encore une fois plaire à nos ricains !
Concernant la Turquie que peut savoir un pays comme les états unis qui ne sait pas ou ce pays se trouve !
Leurs politiques sur le monde ARABE et PERSE est basé sur la paranoïa du 11/09 soit : l'axe du mal…
Pour conclure je crois que dans une dizainne d'année beaucoup d'américains seront FASCINES par………………………… la France tout simplement.
PS : Pourquoi Védrine a t'il refusé un tel ministère ?
Pourquoi N.Sarkozy impose un cabinet composé de personnes UMP à Kouchner ? ?
De
21H59 | 30/05/2007 |
les raisons sont simples …. kouchner n'a existé que ce soit à MSF ou autre que grace à ses riches sponsors américains qui l'ont largement subventionné … Etant en contact avec les plus riches de la planète qui ont trouvé en lui un french doctor leur permettant de soulager leur conscience de riches par des subsides aux plus pauvres … celui-ci s'est pris au jeu et va maintenant servir humblement ses « maitres “ qui lui ont permis d'etre là ou il est maintenant . à force de cirer les pompes des riches tout en leur pompant le fric on devient leur esclave ! ! !
De
07H46 | 02/06/2007 |
je crois que tu ignores que notre docteur a cherché auprès de l'Abbé Pierre de devenir Président d'Emmaüs afin de devenir politiquement quelque chose qui à rapport avec Dieu
Sarkosy ne s'y est pas trompé avec sa logique américaine (n'oublions pas que nous suivons ce pays avec 5 à 10 ans de retard)donc recrudescence de la religion qui s'integrise ; il à integré le vrai Président d'Emmaüs (Martin Hirch) pour cette même raison
Kouchner est un homme de pouvoir comme Sarkosy
c'est là seulement leur point de rencontre…
pour les américain celà va très bien dans leur idéologie de Dieu
De Niout28
13H47 | 03/06/2007 |
Les mensonges de ceux qui gouvernent le monde … et le honteux silence des médias…
A part ça, nous sommes, paraît-il , toujours en démocratie…
Le co-auteur d'un des plus gros médiamensonges des années 90 vient d'avouer. Instructif pour l'avenir, car les trucs de manipulation sont toujours les mêmes…
Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo - montage présente des « prisonniers » d'un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l'image d'un mirador d'Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d » « exécutions en masse ».
Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre autopublicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l'époque à Sarajevo), sur son lit de mort :
- Kouchner : C'étaient d'horribles lieux, mais on n'y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
- Izetbegovic : Oui. L'affirmation était fausse. Il n'y avait pas de camp d'extermination quelle que fût l'horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.
Ce médiamensonge a effectivement fait basculer l'opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l'avait diffusé massivement Mais le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu'il a été roulé.
Le demi-aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions cruciales , n'est-ce pas ?
De
11H44 | 31/05/2007 |
Je lis :
« Alors, qu'en est-il de Kouchner dans tout ça ? Il a été en faveur d'une intervention militaire pour faire chuter Saddam Hussein, sur des motifs humanitaires. Sarkozy lui-même, pourtant proche des Etats-Unis, était contre. »
-Momone, passe-moi les sels… et la presse de l'époque ! Tu te souviens d'une position claire de Sarkozy sur la guerre en Iraq ?
-Gégé, taka te respirer l'dssous d'bras… et arrête avec tes sudokus ! Ca conserve trop la mémoire. Tu crois qu'lui, y s'en souvient de s'qui disait y a je n'sais combien d'années ? T'façon, s'qu'importait, c'était de s'démarquer d'Chirac. T'es crasse en politique, Gégé.
De
10H11 | 02/06/2007 |
Klaus,
Tu veux dire que Kouchner au Liban n'a rien à voir avec la Palestine ?
De
14H11 | 06/06/2007 |
Le médiatico french doctor est un pompier pyromane à l'échelle mondiale avec toutes les conséquences « collatérales » et « centenales » que comportent ses soi-disants concepts d'ingérences et qui se trouvent être aujourd'hui celles de la France officielle.
J'en veux à Védrine d'avoir laissé ce guignol faire le mal qu'il ne manquera pas de faire.
Il ne nous reste plus qu'à serrer les fesses et regarder passer à la suite les déclarations intempestives médiatiques, les sacs de riz et les missiles….
De Saba
12H47 | 12/06/2007 |
Sarkozy était contre la guerre en Irak ? Oui , quelques années plus tard après le désastre que l'on sait . A l'époque , il s'est tu : difficile d'aller contre l'énorme majorité des français quand on songe à être candidat . Mais il a eu quand même des demi-aveux , par exemple : » je me sens étranger dans mon propre pays « ou les propos sur “l'arrogance” de la France dans ces circonstances .
Sarkozy est atlantiste , Kouchner aussi . Sarkozy a donc opéré là une manoeuvre impeccable : il a aux Affaires Etrangères quelqu'un qui partage ses idées ( sauf sur la Turquie mais la Turquie c'était avant tout pour rafler les voix du FN ) et il l'a pris à la gauche . Formidable !
De
10H30 | 09/09/2007 |
Juste une remarque sur la Turquie.
Je lis plus haut « Concernant la Turquie que peut savoir un pays comme les états unis qui ne sait pas ou ce pays se trouve !
Leurs politiques sur le monde ARABE et PERSE est basé sur la paranoïa du 11/09 soit : l'axe du mal… »
1) La Turquie n'est pas arabe et malgré tout peu perse, mais plutôt asiatique de mongolie, les turkoman (proches des turkmenes)
2) Les Américains au pouvoir connaissent tres bien la Turquie étant donné qu'ils sponsorisent le pouvoir et y ont, en échange, des bases d'avion pour l'intervention en Irak. A noter, la Turquie a tout de même refusé le passage de troupe amricaines par la terre, sage décision…
Vinz