
M. et Mme Pan vivent en France depuis 1999. Ils ont trois enfants, Nathalie (7 ans), Aristide (4 ans) et Karine (3 ans), nés en France. Mardi dernier, ils ont dormi au Centre de rétention administrative d’Oissel, près de Rouen. Sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, ils auraient dû être reconduits dans leur pays d’origine. Mais le Tribunal administratif de Rouen en a décidé autrement lundi 28 mai: M. et Mme Pan peuvent rester en France.
Entre temps, on a assisté à une mobilisation massive, notamment via le Réseau éducation sans frontière (RESF). Ce lundi matin, les personnes mobilisées occupaient ainsi un wagon presque complet du train de Paris. Et, à l’heure de l’audience, la salle était comble et débordait même dans le couloir. Des allées et venues et des bruits de conversations qui détonaient avec la solennité du Tribunal administratif.
Comment a-t-on pu en arriver là? On se souvient de la circulaire de juin 2006 de l’alors ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui devait permettre de régulariser, au cas par cas, les parents étrangers d’enfants scolarisés en France. Il semble que, malgré ces bonnes intentions, les préfets n’hésitent pas à ordonner la reconduite à la frontière de parents qui auraient pu, pensait-on, bénéficier de plus de compréhension. Que les Pan semblent finalement avoir trouvée du côté du Tribunal administratif.
Addendum, lundi soir, 23 heures:
Interview de Nicolas Rouly, avocat des requérants
Qu’éprouvez-vous à l’annonce de la décision du Tribunal Administratif?
D’abord, un vrai soulagement pour cette famille attachante, dont les trois enfants sont nés et ont grandi en France, où ils sont parfaitement intégrés. J’ai compris, en rencontrant M. et Mme PAN, la sympathie qu’ils inspirent, et je me réjouis de savoir qu’ils vont pouvoir faire sereinement réexaminer leur dossier par le nouveau Préfet de Paris. Il y a aussi la satisfaction d’avoir été entendu et compris. C’est encourageant pour les autres dossiers de familles d’enfants scolarisés, malheureusement nombreux. Cette décision pourrait confirmer l’émergence d’une juriprudence dans les tribunaux administratifs, en faveur des familles d’enfants scolarisés.
Quels arguments avez-vous soulevés pour contester la reconduite de vos clients à la frontière?
Le moyen principal était « l’erreur manifeste d’appréciation ». Le Préfet n’est jamais obligé de reconduire à la frontière un étranger sans papier, car il peut décider au contraire de le régulariser, si la situation le justifie. Il dispose d’un pouvoir d’appréciation, dont le magistrat peut sanctionner le mauvais usage. Pour la famille PAN, j’ai souligné les circonstances suivantes: présence en France depuis plus de sept ans; naissance en France des trois enfants; situation régulière de la sœur de M. PAN, mère d’un enfant français; intégration parfaite de la famille; soutien des élus locaux, des enseignants, des voisins et des parents d’élèves… J’ai aussi évoqué les risques de répression en cas de retour en Chine, car les autorités de ce pays sanctionnent les familles qui ont eu plusieurs enfants, qui plus est à l’étranger, alors que la règle reste l’enfant unique.
Vous semble-t-il normal qu’un Préfet puisse prendre de telles décisions alors qu’il s’agit de parents d’enfants nés et scolarisés en France ?
Ce qui n’est pas normal, c’est d’abord que M. et Mme PAN n’aient pas obtenu la régularisation qu’ils avaient demandée en 2006, au moment où le ministre de l’intérieur de l’époque avait promis des papiers pour les familles d’enfants scolarisés. Pour seule réponse, M. et Mme PAN ont reçu un courrier dépourvu d’explication, et qui n’a d’ailleurs été suivi d’aucune autre initiative de l’administration, jusqu’à l’arrêté de reconduite à la frontière de ce 23 mai 2007.
A ce propos, il n’est pas normal non plus de vouloir reconduire une famille que la France a accueilli dès 1999 et qui s’est parfaitement intégrée depuis. Pour ce qui est précisément de la scolarité des enfants, il faut savoir qu’elle constitue un critère suffisant pour ouvrir un droit au séjour permanent aux ressortissants européens vivant en France. Comme pour d’autres questions (ex: droit de vote aux élections locales), ce constat pourrait inspirer une réflexion pragmatique sur les familles non européennes dont la scolarisation des enfants démontre qu’elles partagent le projet de la République française. Je crains malheureusement que le prochain parlement s’oriente vers une autre direction, puisqu’il est déjà question de durcir le regroupement familial.
Photo: Guillaume Painchault

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à rapprocher de la tentative d’expulsion de samedi (vol AF en direction de Bamako)… D’un coté des citoyens qui se mobilisent pour assurer une éducation décente à des gamins (à ce sujet, la France n’a t-elle pas signé divers accords internationaux?), de l’autre des passagers qui se révoltent face à l’attitude ultra-violente des fonctionnaires de police… Ce pays peut peut-être nous réserver encore de bonnes surprises…
Je me réjouis pour cette famille. 3 enfants nés en France ? comment pouvait-on les renvoyer si ce n’est pour « faire du chiffre » ? Combien de familles dans la même situation sont, soit obligées de se cacher, soit sont déjà en centre de rétention ? Le gouvernement, dans sa grande bonté d’âme, en a même construit des spéciaux pour accueillir les familles avec enfants !
Les personnes qui les aident risquent de très fortes amendes et même plusieurs mois de prison. Et malgré cela, elles sont de plus en plus nombreuses à ne plus supporter ce que le gouvernement fait subir à ceux qui aimeraient tout simplement vivre en paix en France (se rappeler tous ces parents qui s’étaient opposés à l’arrestation d’un grand père venu chercher son petit fils dans une école de Paris)
A propos de la tentative d’expulsion de samedi, quelques sites ont repris le récit de passagers, notamment d’un cinéaste qui se trouvait dans l’avion avec son équipe. On peut le lire aussi ici :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/256475.FR.php
je vous invite à lire le billet que je consacre à cette après-midi au Tribunal Administratif de Rouen sur mon blog: http://ecrivainrouen.over-blog.com
JE CONTINUE MA RITOURNELLE,PETIT A PETIT SARKO FAIT SON NID………ATTENTION
Bonjour,
Je viens de lire l’article de libération sur ce qui c’est passé sur le vol de Bamako. Je suis toujours stupéfaite par la violence de la police. Non seulement, dans ce cas, la violence des coups donnés mais aussi ces menaces car se sont belles et bien des menaces faites aux passagers du vol (verbales et la prise de photos). Ces policiers ne sont pas fiers d’eux puisqu’ils n’assument pas et cherchent à se couvrir sous prétexte qu’étant assermentés leurs dires sont plus crédibles que ceux d’un quidam. Pourtant cette attitude se généralise de plus en plus car ils sont quasi certains de l’impunité. Ils se demandent ensuite pourquoi ils ne peuvent pas aller dans certains endroits, c’est de l’hypocrisie. Ils ont fait le serment de servir la population et de la protéger pas de s’aliéner à une idéologie quelconque. Il semblerait qu’ils aient oublié la définition même du respect : »ne fait pas à l’Autre, ce que tu ne veux pas que l’Autre te fasse ». J’espère qu’un jour ils y reviendront……..
j’ai eu l’occasion d’aller voir quelques procés pour prétendus outrages et rébellion, c’est assez terrifant: les policiers ont toujours raison, les éventuels témoignages en faveur de « l’agresseur » sont mis en doute, il y a toujours quelque chose à reprocher au suspect ( meme de macher un chwing-gum!)…
Les policiers « victimes » obtiennent des indemnités meme s’ils ne portent pas la trace d’une erafflure et que le « rebelle » est complétement cabossé!
Ils ne courent donc guère de risque à provoquer les gens, et en prime ça arrondi leurs fins de mois de quelques centaines d’euros meme pas imposables!
Bonjour,
Ce qui m’inquiéte et m’interpelle en même temps, c’est le manque de réaction à cette violence (quelle qu’en soit la raison). Le Français aurait-il pris l’habitude de cette violence ? serait-elle rentrée dans ses us et coutume ? serait-elle indissociable de la fonction police ? et plein d’autres questions.
Parce qu’à votre avis, la violence vient toujours du fait de la police? elle a bon dos, la police de ce pays, et je m’interroge sur le fait qu’il y ait encore des volontaires! vous rentrez tous dans le credo classique: la police = les méchants, les sans papiers = les pôvres victimes….vous vivez où? dans quels quartiers chics? allez, comme dirait l’autre, prenez-vous tous la main et faites une grande ronde autour de la terre, tout le monde il est gentil, sauf les vilains policiers et les types qui votent à droite…..
Au courageux anonyme de 10h34
Je ne sors pas d’un quartier chic et encore moins de la cuisse de Jupiter mais par contre d’où je viens mes parents m’ont toujours appris (et vu mon âge ce n’est pas hier) que celui qui avait l’uniforme était par définition le plus fort, donc celui qui se devait de se maitriser le mieux. De plus la police a existé, existe et existera que nous votions droite, gauche ou centre alors pourquoi confondre vote de droite et police, est ce un lapsus inconscient ? d’autant que quelque soit le gouvernement elle est là, indétrônable alors …..