Via Rennes

Le «29» du Finistère peut-il appartenir à un créateur basque?

La collection de Momo le Homard incriminée (DR)

(De Rennes) Sur le site internet et dans les deux boutiques Momo Le Homard, à Brest et à Quimper, on trouve des T-shirts anis ornés d'un « Bzh” fleuri, des débardeurs bardés “Petite Bretonne » ou ‘Chou-fleur power’. Mais plus de T-shirts marqués ‘29’. La société Julou Compagnie, qui commercialise la marque Momo Le Homard depuis juin 2004, ferraille en effet avec la justice depuis deux ans. Son tort ? Avoir utilisé le numéro du département du Finistère, ‘29’.

Erwan Guiziou, le patron de Julou et Momo, avait misé sur ce numéro pour asseoir sa notoriété. D'une certaine manière, c'est chose faite, car les déboires de son Homard devant la justice lui ont fait une certaine publicité ! Julou Compagnie est en effet poursuivie par Bil Toki, la SARL à la tête d'une ligne de vêtements griffés « 64 ». Une marque lancée il y a une dizaine d'années en référence aux Pyrénées-Atlantiques. Bil Toki accuse aujourd'hui de « contrefaçon” Momo Le Homard. Erwan Guiziou n'est pas le premier poursuivi : quatre cas similaires auraient débouché sur des procès, indique Me Iglesis, l'avocat toulousain de Bil Toki, qui précise que “les autres ont renoncé d'eux-mêmes à courir le risque d'un procès. »

Bil Toki aurait en fait réservé certains numéros de départements –une trentaine environ, selon son avocat– auprès de l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle. Depuis, sa société entend poursuivre toute entreprise s'autorisant l'utilisation d'un numéro de département sur du textile susceptible d'entraîner un risque de confusion. Avec un raisonnement pareil, Nike devrait éviter de vendre sa série Total 90” dans le territoire de Belfort, c'est délirant ! « , déplore Erwan Guiziou, qui entend bien ne pas laisser à Bil Toki le monopole de l'utilisation commerciale du numéro 29. “Initialement, on nous a reproché d'avoir utilisé un '29' dans un cercle, trop proche de '64', récapitule l'entrepreneur finistérien. Mais nous avons retiré ce modèle de la vente. Il s'agissait d'un seul modèle sur une collection d'une quarantaine. Nous ne sommes pas sur le même créneau. » Bil Toki n'est pas de cet avis, qui a envoyé plusieurs huissiers s'approvisionner dans la boutique brestoise avant de lancer la machine judiciaire lorsque Momo a pris ses quartiers sur Internet, en 2005.

A Toulouse, la justice lui a donné raison en première instance. Le jugement du 23 mai 2006 ordonne le versement de 10000 euros de dommages et intérêts et la destruction du stock, soit quelque 5000 pièces. Un sérieux coup de canif dans le radeau pour une toute jeune entreprise. Suite à une procédure en référé, Momo Le Homard a obtenu que le stock soit seulement interdit à la vente. Et fait appel de ce jugement. Il en a profité pour lester son équipage de Me Gilbert Collard, dont le cabinet assurait la défense de Momo Le Homard mercredi à Toulouse, où avait lieu le procès en appel.

Le conseil général du Finistère, alerté de voir son numéro de département « confisqué » par Bil Toki, s'est également greffé à la procédure. Et une pétition intitulée « Front de Libération du 29’ a déjà engrangé 3373 signatures. “La présence du département à nos côtés renforce notre poids et notre légitimité. Notre but est tout sauf de vouloir empêcher quiconque d'utiliser le numéro 29. Au contraire : c'est de montrer que personne ne peut s'arroger ce symbole. A quand une marque qui ferait main basse sur les armoiries d'une ville ? Du côté de Bil Toki, Me Iglesis avance qu'il s'agit d'un litige ‘entre commerçants” et qu'il n'est « évidemment pas question de poursuivre la terre entière ». Décision le 3 juillet.

Correction le 25/05/2007 à 16h55 : les “armureries” d'une ville sont moins concernées par cet article que ses armoiries.


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
Pibole | auteur
14H42 25/05/2007

gardarem lou 29

 
Route64
16H43 25/05/2007

Regardez mon intitulé. en plus je suis dans sa région ! j’attends le procès et je l’emmerde! Depuis quand on peut s’approprier tout et n’importe quoi ? Alors, le jour où un zozo dépose le dictionnaire, faudra payer des droits pour parler ?

 
Olaf
15H22 25/05/2007

Si Perec n’avait pas déjà démontré la vanité de la chose dans La Disparition, je déposerais bien le ‘e’ comme ma propriété d’écrivain auprès de l’INPI.

 
fulup
15H41 25/05/2007

Eh oui ! résistance ! chacun imprime un t-shirt ! 22, 29, 35, 44, 56 = une bretagne unie derrière les marchands du temple !

 
Akron
16H29 25/05/2007

Y a des gens qui sont vraiment ridicule…
Ca doit Venir du « Bil »

 
soffi | là bas, trés loin...
19H54 25/05/2007

C est nul et archi ces tee shirts (enfin ce n est que mon humble avis)

Les tee shirts 64 se vendent comme des petits pains !

Ils ont raison d ouvrir des boutiques, les gens achetent, et c est pas « donné »

Encore une question d offres et de demandes.

Alors pourquoi pas les autres régions ?

Et les corses??

 
maddy
10H16 26/05/2007

En tout cas, ça m’a donné envie d’aller voir le site de Momo le Homard que je ne connaissais pas mais pas du tout celui du basque. Bon, en meme temps, je suis plus bretonne que basque!

 
catzitata
11H49 27/05/2007

C’est n’importe quoi !! boycottons la marque 64, achetons bretons, buvons de la 1664, du pastis 51 et parfumons nous au n° 5 de chanel

 
Ferdinand.Bardamu
13H45 27/05/2007

Voila ou conduit l’américanisation de la France. A reproduire les inepties du libéralisme américain : individualisme et recherche de profits forcenés, au détriment de la collectivité.
Franchement, c’est le veau d’or de la bible qui se reproduit encore et toujours, inlassablement. Quand donc les hommes apprendront-ils que le véritable or ne brille pas ?