Jean-Marie Colombani tente de s'accrocher à la tête du Monde

Jean-Marie Colombani en 2006

Jean-Marie Colombani se rebiffe. Moins de vingt-quatre heures après avoir essuyé un vote négatif de la Société des rédacteurs, le président du directoire du Monde a décidé de contester la valeur de véto de ce vote, et entend s’accrocher à son poste.

Cette attitude a fait monter la tension à l’intérieur du quotidien, à l’approche de la réunion cruciale, vendredi, du Conseil de surveillance du journal, présidé par Alain Minc. « Colombani joue la légitimité contre la légalité », commente un opposant à celui qui fut patron du Monde pendant treize ans. Le président du directoire avance le fait qu’en aditionnant ses soutiens, il arrive à plus de 58% des personnels concernés, soit une majorité.

Mais, souligne-t-on au Monde, il n’a pas obtenu les 60% de voix des membres de la Société des rédacteurs qui étaient nécessaires statutairement pour le renouvellement de son mandat. Ni d’ailleurs celui de celles de la filiale PVC (La Vie, Télérama) et du groupe Midi Libre, autre filiale du Monde.

« Où peut-il aller? Il n’aura pas les voix requises au conseil d’administration », souligne un opposant, furieux de ce que de nombreux journalistes qualifient de « manoeuvre » du président du directoire. Des paroles dures sont prononcées en interne, et même un parallèle établi avec Paul Wolfowitz, le proche de George Bush qui a vainement tenté de s’accrocher à la tête de la Banque mondiale après avoir été désavoué par le Conseil d’administration de l’institution internationale…

Une tentative d’entraîner une démission collective de la hiérarchie du journal pour soutenir le président du directoire aurait par ailleurs échoué mercredi.
Dans sa volonté de contourner le vote de la rédaction, Jean-Marie Colombani a reçu le soutien de Claude Perdriel, le propriétaire du Nouvel Observateur, actionnaire minoritaire du Monde, ainsi que d’une partie du syndicat CGT du Livre.

Dans une interview au Nouvelobs.com, Claude Perdriel reprend d’ailleurs le décompte de Jean-Marie Colombani: « Si l’on regarde les chiffres, 58,8% des salariés -journalistes, cadres, employés- du Monde ont voté pour son maintien et 37%, contre. Et non seulement eux, mais 90% du management, c’est à dire tous les cadres, ont voté pour lui, ce qui est la preuve d’une réussite de direction de la présidence du directoire remarquable. (…) Si Le Monde est une société démocratique, il n’y a aucune raison que Jean-Marie Colombani parte », ajoute Claude Perdriel.

Le Monde semble bel et bien entré dans une zone des tempêtes, avec un bras de fer entre les journalistes et les autres actionnaires. Il est loin d’être certain que cette tension se calmera après la réunion cruciale du conseil de surveillance vendredi.


A lire:
La rédaction du Monde choisit la rupture
Compte-rendu du vote de mardi.



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Courageux anonyme
18H37 23/05/2007

Je pense qu’il ne faudrait pas qu’il parte, tant il reste le garant du seul espace de liberté aux forces anti-pouvoirs. Je vois pointer l’ombre de manipulations occultes afin que le monde rentre de le giron de la « Pressazy ». L’argentier Lagardère et son ami de Président n’attendent que ça. Surtout après l’Edito de JMC qui appelait à Voter Ségolène Royal au deuxième tour. En tout cas, je soutiens l’action de JMC.

 
12H48 15/07/2007

Minc/Sarkozy, une complicité qui remonte loin : Pour « refonder » le contrat social
Un rapport de la « commission Minc » de 1994 proposait déjà la discrimination positive à lire sur www.observatoiredesreligions.fr

 
18H56 23/05/2007

Opposer la légitimité à la légalité quel programme !
Quant à présenter « Le Monde » du duo Minc-Colombani comme le seul refuge de la liberté de la presse face au sarkozysme triomphant qui « occupe » tous les médias c’est une plaisanterie à prendre au second ou troisième degré.
Combien de lecteurs ont résilié récemment leur abonnement au Monde pour sanctionner son engagement anti-Royal pendant la campagne ?

 
UnVieuxFou | informaticien retraité
23H27 23/05/2007

J’en suis (de ceux qui ont résilié leur abonnement).
Mais je voudrais bien comprendre:

-1- Quels sont les tenants et aboutissants du conflit ?

-2- Le plus révoltant pendant la campagne, çà a été les titres biaisés.
- Qui décide des titres? Des rédacteurs qui se relaient? Ou bien est-ce un métier à part entière, comme la mise en page?
- Les titreurs votent-t-ils parmi les rédacteurs?

-3- Quelqu’un saurait-il décrypter la position de JMC pendant la campagne?
- Son dernier éditorial était remarquable, mais si tardif !
° Certains l’ont soupçonné de l’avoir sorti si tard par hypocrisie, pour ne pas nuire à NS, tout en préservant sa propre image.
° Quant à moi, j’ai subodoré un conflit avec la rédaction, ou de la prudence vis à vis de l’actionnariat.
J’ai soumis une « réaction » dans ce sens à cet éditorial, mais elle a été « modérée »(censurée).

- SVP, éclairez ma lanterne! Merci d’avance.

 
07H21 24/05/2007

moi aussi, après 20 ans d’abonnement. La présentation des titres et la tournure des articles (la technique récurrente d’un titre « accrocheur » sur une polémique sur Sarkozy, le corps de l’article ne présentant que les arguments de l’équipe de Sarkozy), la goutte d’eau etant les déclarations révulsantes de mépris d’Alain Minc. Virer JMC est un bon début, ne baissez pas les bras, journalistes du Monde, il vous reste Alain Minc.

 
Courageux anonyme
07H50 24/05/2007

Oui le dernier edito etait remarquable. Tardif, car JMC a du etre contraint à l’ecrire par … le vote des redacteurs. Qui confirme?

 
Nicole Muchnik | Journaliste à Madrid
12H10 24/05/2007

Oui, tout à fait d’accord. Je suis de ceux/celles qui ont protesté maintes fois contre les tergiversations du Monde durant la campagne, signalant par exemple que dans un certain numéro, Sarkosy était cité 30 fois(!) et Royal, en pleine campagne en province, pas une…

 
Courageux anonyme
15H06 27/05/2007

>Son dernier éditorial était remarquable

En lisant l’édito sur le site lemonde.fr, cette publicité m’a fait sourire
http://flickr.com/photos/djibnet/515940465/

 
Courageux anonyme
10H51 24/05/2007

il faut arrêter avec ce serpent récurrent, Minc ne fait pas la ligne du Monde et Colombani lui-même s’est engagé pour Ségo à la veille du second tour; si l’automne avait pu laisser craindre le pire, le MOnde n’a pas à rougir de sa couverture de la campagne. En tout cas, je ne connais personne qui s’en soit désabonné pour cette raison.

 
neubauten | libraire
19H22 23/05/2007

colombani garant de la libérté et de l’indépendance du journal(sic)
non mais je rêve ou à t’on vu que le monde etait le seul rempart à sarko.
je n’ai jamais vu le monde prendre au si peux parti et avoir une ligne claire et engagé. ce n’est pas son role me dira t’on. c’est l’impartialité.
et les papiers de l’embede philippe ridet c’est quoi ???
et colombani n’a jamais appelé a voter sego au deuxieme tour mais au premier contre bayrou.
en tout cas quand je vois la réaction du patron de l’obs Claude Pedriel qui voudrait maintenir colombani a la tête du monde malgré le vote massif contre je me dis qu’i y’a la une vraie farce et un vrai deni de démocratie.
belle leçon et belle exemple.

 
Courageux anonyme
20H59 23/05/2007

Faux, Colombani a bel et bien appelé à voter Ségo au 1er comme au 2e tour.

Quant au « vote massif contre lui » dont vous parlez, il faut quand même reconnaître qu’il a réuni 51% des suffrages exprimés parmi les journalistes… On n’est pas élu quand on n’a pas 60% des voix? Leur système me semble un peu étrange.

 
ada
09H44 24/05/2007

Ce système est celui de la gouvernance au Monde, point barre. C’est curieux comme un système paraît toujours anti-démocratique à celui qui perd.

 
12H55 24/05/2007

Il faut restituer l’info dans sa totalité ou alors on n’est pas de bonne foi : Mr Colombani a effectivement appelé à voter Sego au 1er tour, tout en disant que le vote Bayrou était antidémocratique.
Pourquoi ?
Parce que tout simplement Mr Colombani, savait, comme Sarko, que la seule menace réelle qui planait au-dessus de Sarko était représentée par Bayrou et que Sego était donnée systématiquement perdante au 2ème tour.
Donc si on réfléchi avec le bout de son nez ou si on est de mauvaise foi, on dit « Mr Colombani a appelé à voter à gauche » et si on réfléchi avec ce que l’on est censé avoir entre les deux oreilles, on dit : »Mr Colombani a aidé à faire élire Sarko ».
 CQFD.

 
19H22 23/05/2007

Il faut croire que le poste rapporte financièrement gros et vous pose dans les diners mondains pour tenter par tous les moyens de le conserver. Il faut croire aussi que les sakozistes du Monde, ne veulent pas d’un quotidien qui risquerait de mettre en évidence les contradictions du programme du nouveau président. Les temps qui viennent risquent d’être agités politiquement et socialement, la Droite doit contrôler tous les médias influents si elle veut faire passer son programme. Les journalistes sont contre le maintien de Colombani. Les cadres, les actionnaires ce ne sont pas eux qui font la valeur du journal. Qu’est ce qu’un journal sans journalistes?

 
Courageux anonyme
08H25 24/05/2007

Le 20H de TF1?

 
Courageux anonyme
17H06 24/05/2007

et je répondrais simplement que les journalistes devraient arrêter de se regarder le nombril et se dire qu’ils ne sont abslument pas seuls pour fabriquer un journal et que sans les autres toute leur prose bonne ou mauvaise ne sortirait pas des rédactions .
Alors Mme et M. les journalistes un peu de considération et de respect pour les autres .

 
Courageux anonyme
19H25 23/05/2007

La réaction de Colombani est bien dans l’air du temps. Non mais, pour qui ils se prennent ces journalistes ? Ils n’ont pas encore compris que ce qui compte dans une entreprise de presse c’est la régie publicitaire ? La rédaction c’est un fardeau, une charge financière, ils n’arrêtent pas de râler, pour tout dire c’est un fardeau, une plaie !
Les statuts donnent aux journalistes un droit de véto.

Ce n’est quand même pas un prétexte suffisant pour qu’ils s’en servent !

Evidemment ils ont subi l’influence de très mauvais exemples, depuis quelques années.
Deux principalement :
- la France a le droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU, mais depuis bien longtemps tout le monde savait que seuls la Russie et les Etats-Unis ont vraiment le droit d’utiliser leur droit de véto. Et voilà qu’avec Chirac et Villepin la France a quand même menacé (à mots couverts, mais menacé quand même) de mettre son véto à la guerre en Irak.
Très mauvais exemple ! Mais heureusement Bush s’est arrangé avec tout ça : puisque l’ONU n’était pas assez docile, il s’en est passé.

- deuxième exemple déplorable : les Français eux-mêmes. Chirac, encore lui, leur a demandé leur avis sur la « Constitution européenne ». Et ces cons se sont crus autorisés à le donner, leur avis en votant non. Alors qu’en fait leur avis tout le monde s’en tape, si ce n’est pas « oui ».
Mais là encore, heureusement, on va trouver une solution. Sarko était à Bruxelles aujourd’hui pour cela. Puisqu’ils n’ont pas voulu d’un gros texte appelé « constitution » on va faire la même chose, mais en pièces détachées, par petits coups.

Pour en revenir au « Monde », puisque ces morveux se permettent de contester les choix d’Alain Minc, et bien on va bien trouver un moyen de les mettre au pas. En douceur si possible, sinon par la force. Et quand ce problème sera réglé, ils peuvent déjà s’attendre à un « plan social » aux petits oignons.

 
Courageux anonyme
21H01 23/05/2007

En l’occurence, les journalistes ont voté majoritairement pour Colombani. Par contre ils n’ont pas voté à 60% comme c’était requis par les statuts…

 
Courageux anonyme
19H37 23/05/2007

Après tout, les règlements, statuts, chartes et autres lois, c’est fait pour être contournés, non?
 Sistheleus

 
Courageux anonyme
20H51 23/05/2007

c’est quand même étrange que justement il y ait un tel capharnaum en ce temps troublé pré-législatif. Je me demande si certains ne soufflent pas un peu sur les braises en plus, ça fait toujours un contre-pouvoir de moins…
Moi parano ?

 
Courageux anonyme
22H16 23/05/2007

D’après Le Figaro, Denis Olivennes, PDG de la Fnac, pro-Sarkozy, pourrait être nommé à la place de Colombani. Ce serait plus rassurant si Le Monde était dirigé par un journaliste issu de la rédaction…

 
Courageux anonyme
22H24 23/05/2007

Ecoutez Sarko, regardez Tf1, vous aurez les ficelles qui amènent au pouvoir par la communication. Des mots bien placés, des images chocs!
J’associe la chaine la « plus écoutée » à une grosse friandise que l’on donne en permanence à un enfant sans se soucier des conséquences sur sa santé. En veux tu, en voilà…Si tu aimes, prends! Comment réussir…? Scrutes, observes, développes des envies, des jalousies, des différents et tu auras la clef des mots justes qui satisferont les frustrations.Ne fumes pas, ne bois pas, manges allègé, roules doucement et suis ton précédent telle une fourmi en ayant l’illusion d’être dans les clous… Alors tu auras le profil type du citoyen sans reproches mais non dénué d’inquiétudes qui alimenteront ton prochain vote!

 
Courageux anonyme
20H54 23/05/2007

sdfsdg

 
Courageux anonyme
23H07 23/05/2007

Abonné du Monde depuis des années, je déplore son absence d’objectivité par rapport à certains autres organes de presse comme MARIANNE et La Dépêche du Midi qui ne sont pratiquement jamais cités bien que concourant chacun dans sa catégorie à la pluralité de l’information. Jamais d’information sur le Parti Radical de Gauche , sauf quand elles peuvent lui apporter un dicrédit !!
Je souhaite que ce quotidien ne tombe pas dans l’escarcelle du pouvoir en place, mais j’a i bien peur qu’il soit trop tard.
Bon courage.

 
Courageux anonyme
23H13 23/05/2007

J’attends qu’il parte pour recommencer à acheter le Monde

 
Courageux anonyme
23H59 23/05/2007

Profitant de l’anonymat (puisque je n’ai toujous pas été enregistré…), je vous donne l’avis d’un salarié du Monde qui compte 25 années de maison.

JMC a été élu en 1994 pour sortir Le Monde d’un mauvais pas et débarasser ses personnels d’une direction dangereuse. Il a été porté par un vrai mouvement d’adhésion des personnels.
Jean-Marie s’est appuyé sur Plenel pour la direction de la rédaction. Je ne crois pas qu’Edwy – si brillant qu’il soit - ait aidé à faire le journal de référence dont nous avons besoin aujourd’hui.
La volonté de constituer un groupe autour du Monde était partagée. Mais il n’y a jamais eu une équipe de direction capable de faire vivre ce groupe.
JMC - il l’a reconnu mais trop tardivement - s’est coupé de la maison Monde au profit de la direction du groupe.
Là-dessus est arrivé le pamphlet de Péan et Cohen auquel nous aurions dû répondre avec plus de vigueur car il est loin d’être un livre-vérité et tombe facilement dans l’abjection.
Avec les votes qui sont intervenus lundi et mardi, la crise qui couvait est ouverte.

Mais quelle crise ?

Il n’y a pas de contre-projet. Ni sur le contenu du journal ni sur l’avenir du groupe. Il y a des craintes, des rancoeurs, des déceptions. Tout cela ne fait pas un projet.
Je ne suis pas « colombaniste ». Je suis un amoureux du projet « Le Monde ». Ni les salariés du Monde ni les lecteurs du journal n’ont intérêt à une crise de type Libé.

A nous, à l’intérieur du journal, de procéder aux introspections et aux corrections indispensables.
Et à vous, lecteurs d’aujourd’hui ou potentiels, d’exprimer vos exigences d’un quotidien de référence dans ce monde en pleine évolution, envahi par les techniques de « communication » des puissants.
A JMC de corriger son comportement et de redevenir le premier serviteur du groupe et de son navire amiral. En se souvenant que nous ne sommes Le Monde que quand nous le renouvelons ensemble chaque matin.
A la rédaction du Monde de s’interroger : 177 journalistes peuvent-ils lancer dans l’inconnu un titre prestigieux, un groupe de 3.000 salariés et 2 millions de lecteurs ?

 
00H54 24/05/2007

Le Monde sans Colombani serait lancé dans l’inconnu ? D’abord, faut-il le préciser, personne n’est irremplaçable.

Deuxièmement, il m’apparaît clairement qu’une personne qui accepte de se soumettre aux règles démocratiques internes et qui par la suite conteste ces mêmes règles, parce qu’elle n’est pas élue, n’est pas une personne digne de confiance, voire pas digne tout court. Cela en est même grotesque.

je suis très contente du départ de Jean-Marie Colombani, parce que c’est un très mauvais gestionnaire, mais aussi parce que l’ambition et le pouvoir lui ont rongé l’esprit. Sans parler du climat de terreur qui règne au Monde auquel il a contribué sans nul doute. Personne n’a confiance en personne dans ce journal,sans parler de la liberté d’expression…C’est quand même un comble pour un canard non ?

 
Courageux anonyme
00H57 24/05/2007

Bon. Soit. Interrogez vous bien. Demandez comment éviter une « titrologie » digne de la presse ivoirienne durant les campagnes électorales.

J’ai cessé d’acheter le Monde papier assez tôt dans la campagne, et la version Internet est tout aussi biaisée. Combien de titres marqués « Bayrou baisse » ?

Le Monde l’a tellement vu baisser, a tellement cité les agences qui rabâchaient la même chose, a tellement assorti tout commentaire à son propos d’un « en difficulté dans les sondages », qu’il aurait dû finir avec moins de zéro %… Probablement parce que le centriste était anti-démocrate.

Au fait, à quand une enquête du quotidien de référence sur les délires sondagiers qui continuent ???

Bon vent, Monsieur Colombani. Quant aux autres : un bon coup de divan ferait du bien, ou alors confesse avec pénitence.

 
Pierre Haski | Rue89
01H11 24/05/2007

Merci, courageux anonyme de 21h59 d’être venu témoigner ici de votre vision de l’avenir du Monde. Mais votre dernière phrase donne toute l’étendue de ce qui se joue, semble-t-il. Colombani désavoué par la rédaction du Monde s’appuie sur le fait que celle-ci est devenue très minoritaire dans un groupe dont vous rappelez justement à quel point il s’est étendu. Mais le Monde est ce qu’il est, et la rédaction conserve un poids prépondérant dans le fonctionnement de l’entreprise. Si ce poids doit être remis en cause, il me semble qu’il aurait dû l’être avant, pas à la suite d’un vote statutaire clair. On revient à cette question légitimité vs légalité: l me semble peu probable que les rédacteurs cèdent, car il en serait alors fini de leur pouvoir à l’intérieur du Monde. Je me trompe ? PH

 
Courageux anonyme
16H49 24/05/2007

« la rédaction du Monde […] est devenue très minoritaire dans un groupe » dites-vous.

Le chiffre que j’ai donné (177) est lui-même la minorité de la rédaction qui par le biais du nombre de mandat qu’elle possède a obtenu le score cité plus haut. Il y a par ailleurs 184 rédacteurs qui ont voté favorablement au renouvellement du mandat de JMC.

Sachez par ailleurs, que la rédaction du Monde est bien plus étoffée qu’il y a 25 ans ! Ce fut l’un des choix de Colombani que d’embaucher plus de journalistes.

 
Courageux anonyme
02H34 25/05/2007

Mais la démocratie, ça n’est pas nécessairement « un homme, une voix » ! Les règles de représentation des personnels du Monde, et notamment de la rédaction, sont connues, publiques, et acceptées (voire revendiquées) par les intéressés. Elles ont été conçues JUSTEMENT pour être aussi démocratiques que possible dans ce cadre particulier de la représentation au sein d’un journal « sérieux » et jaloux — à juste titre — de son indépendance.

Critiquer les règles de vote après le résultat, c’est quand même fortiche !

Je ne suis pas d’accord avec la phrase « JMC joue la légitimité contre la légalité ». Je trouve son comportement tout à fait illégitime, je ne vois pas comment on peut argumenter qu’ayant perdu un vote, il serait légitime de continuer d’une quelconque manière. C’est illégal ET illégitime !

 
03H03 24/05/2007

Courageux anonyme et salarié du Monde depuis 25 ans, Colombani aurait-il envoyé ses cybersoldats pour dire du bien de lui ? Aujourd’hui J’ai eu quelqu’un sur mon blog du Monde.fr à partir d’une remarque que j’avais laissée sur le site de Schneiderman. Votre patron est pourri et il fait honte au Monde. Si vous ne trouvez pas mieux que lui alors disparaissez. Le MOnde estd evenu un torchon à la solde de Sarkozy et de l’idéologie néolibérale. On a suffisamment de poison dans nos esprits comme ça.

 
Courageux anonyme
02H28 25/05/2007

> A la rédaction du Monde de s’interroger : 177
> journalistes peuvent-ils lancer dans l’inconnu
> un titre prestigieux, un groupe de 3.000 salariés
> et 2 millions de lecteurs ?

Bien sûr, c’est même un devoir !

Un journal n’est pas une entreprise comme les autres, avec une obligation de résultats. Il est évidemment nécessaire que les finances soient saines pour permettre au projet éditorial d’exister, mais la stabilité financière est forcément subordonnée à ce projet éditorial.

Qu’on reconnaisse l’indispensable contribution des cadres et des salariés, c’est nécessaire. Mais dans une entreprise de presse, la rédaction doit avoir le pouvoir, car c’est elle qui fait usage (ou pas, d’ailleurs…) du pouvoir immense de l’information. Les autres personnels (y compris les gestionnaires) ne sont là que pour permettre à la rédaction de faire ce travail énorme et dangereux.

Si les exigences financières, publicitaires ou stratégiques prennent le pas sur le projet éditorial, alors les journalistes ne sont là que pour « créer du contenu » qui sert de support à la pub ou aux manoeuvres diverses. On rentre alors dans le domaine de la presse commerciale, et la différence avec les « gratuits » est uniquement le marché « cible ».

Peut-être n’y a-t-il pas de projet éditorial alternatif, mais ça n’est pas le moins du monde une raison pour maintenir en place une direction dont le projet n’est pas éditorial, ou dont le projet éditorial n’est pas soutenu.

Si Le Monde a tellement peur de l’inconnu qu’il maintient JMC à sa tête, alors il a perdu son âme.

 
Ded Zep Line | La manipulation des élites est encore pl...
09H56 24/05/2007

juste une question :
qui connait « le monde » ?

 
10H47 24/05/2007

Est-ce que vous avez vu l’hagiographie sovietique que lui consacre LeMonde.fr ce matin ?
Photo a l’appui … j’ai laisse echapper une larme !

 
Courageux anonyme
12H20 24/05/2007

Les statuts du groupe Le Monde sont clairs: pour puvoir être élu le directeur de la rédaction, et président du directoire doit recueillir 16 voix sur 20 au conseil de surveillance, dont les deux de la Société des Rédacteurs du Monde. Or en raison de l’opposition des journalistes du Monde, des personnels des ex-PVC (Télérama, La Vie…) et des salariés du Midi Libre, JMC ne pourra avoir que 14 voix (si mon compte est bon). DOnc il ne pourra pas être élu, point barre.

Le principal reproche fait à Colombani était de ne pas écouter les contradicteurs, et de gouverner en monarque absolu, quelle meilleure illustration que cette pitoyable excuse de la légitimité. Voilà un comportement digne d’un despote africain refusant un scrutin qui lui serait défavorable.
Les statuts du journal ont permis à JMC de prendre la tête du Monde, ces mêmes statuts l’en ont chassé. Il n’y a pas de contestation possible.
Et quant aux craintes de voir imposer n’importe qui à la tête du groupe et du journal, n’oubliez pas que les statuts donnent un droit de véto aux jouranlistes du monde et, pour le groupe, aux salariés des exd-PVC. Le(s) prochains dirigeants devront donc avoir l’onction despersonnels pour être nommés. Cessons donc de crier au loup. (Pour mémoire les salariés de Libé ont coisi de faire rentrer Rotschild dans le journal, il n’a pas été imposé).
Gageons tout de même que toute cette agitation se réglera par un bon accord financier, discret et confidentiel.

 
ada
13H29 24/05/2007

on ne peut pas comparer Colombani ou son successeur à Edouard de Rothschild : le premier est président du directoire, le second actionnaire principal. Ce que les salariés de Libé ont accepté, le couteau sous la gorge, c’est l’entrée d’un nouvel actionnaire dans leur tour de table.

 
Courageux anonyme
14H18 24/05/2007

JM Colombani, laissez tomber le monde et venez travailler à Rue89 !!
Ah bon,ils ne vous veulent pas !!!
ben ils ont un peu raison !! car vraiment ce que vous étes en train de faire c’est plutôt affigeant non? Ces statuts qui vous ont chassé sont ceux là mêmes qui vous ont élu ,il y a quelques années !! alors respectez le résultat du vote Mr Colombani et partez !!

 
Courageux anonyme
15H01 24/05/2007

Le Monde après Libé… Colombani après July
N’y-a-t-il pas une leçon à tirer de ces deux histoires?
Les (éminents) journalistes que sont ces deux personnages ne sont pas des gestionnaires ni des stratèges. Dans les deux cas, indépendamment du problème d’actionnariat, ils ont emmené leur canard dans des situations financières extrèmement difficiles. Pour « sauver » notre presse, ne faut-il pas que les journaux soient dirigés par un duo avec un journaliste et un vrai stratège-gestionnaire? Il semble que cela ait bien réussi à Libé avec le duo Jofrin et ???????, le gérant rothshildien dont je ne me souviens plus du nom…

 
Courageux anonyme
16H56 24/05/2007

Je crois surtout qu’il faut sortir la presse d’information générale des griffes du marché de de l’argent-roi. Pensez-vous que les Lagardère, Dassault, Rotschild y investisse sans y chercher de l’influence ?
La presse d’information générale n’est pas une marchandise mais si elle fait l’objet d’un échange monétaire.
L’expérience de 2005 était éloquente, non ? 95% des journaux favorables au TCE quand il est rejeté par 55% des votants !
La presse est malade de son manque de diversité.

gib

 
17H07 24/05/2007

Non Colombani vos basses manœuvres font partie du passé, vous êtes démasqué, définitivement disqualifié. Votre dernier mauvais coup échouera et vous partirez avec les larmes de crocodile d’un directoire qui est déjà à la recherche d’un remplaçant. Mais quelle triste image aurez vous donné de vous même d’abord, et de la fonction ensuite. Beuve-Mery doit se retourner dans sa tombe. Aussi peu de classe, aussi peu d’orgueil, et cette vindicte anti-rédactionnelle et donc anti-journalistique appuyé par un Perdriel qui fut l’homme de combats plus honorables, c’est PITOYABLE. Qu’en pense Jean Daniel ? S’associe t’il a cette prise de position qui engage le Nouvel Observateur ? Ou n’y a t’il plus en France aujourd’hui un seul patron de presse épris de liberté et d’indépendance. ? La presse est effectivement bien malade. Albert –Londres avait raison de dire « notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie » Soyons donc optimistes, si « Le Monde » doit être sauvé il le sera par ses journaliste ou alors il ne restera que le titre. C’est bien ce que veulent les monteurs de puzzle financiers se servir d’un titre prestigieux sans se soucier de ses salariés. Le rapport de force n’est pas en faveur de ces derniers, mais ils ont encore des cartes à jouer, on ne peu que leur souhaiter de gagner.

 
17H55 24/05/2007

N’oublions pas que Le Monde est un journal d’opinion, connu pour tel dans le monde entier et admiré pour son indépendance. Un édito du directeur du journal peut -ou en tous cas pouvais- faire trembler. Or, ce poids dépend étroitement des journalistes qui font le journal. Le fait que la décision finale dépende de la société des rédacteurs, et non pas des administrateurs, me paraît fondamental et garant de cette indépendance.
Cependant il me semble que depuis quelque temps déjà l’administratif a pris le dessus sur la société des rédacteurs en essayant d’attirer plus de lecteurs par une mise en page « plus attrayante » au détriment de l’information, ce qui en définitive a eu comme résultat la perte d’abonnés. Qu’un changement de la direction du journal permette de remédier à cet état de choses, quoi de mieux?