POSITIF

Au Brésil, les favelas se font chic

La favela de Vidial, à Rio de Janeiro (Jeff Belmonte)
Une école de mannequins dans la favela Cité de Dieu, l'une des plus violentes de Rio de Janeiro. Des agences de tourisme qui proposent de visiter Rocinha, une favela centenaire de la « ville merveilleuse », avec guide en français, en anglais et en allemand. Un « favelado » (habitant d'une favela) qui loue des chambres d'hôtes, Britanniques, Allemands et Néelandais bienvenus…

L'image des favelas, les bidonvilles brésiliens, est en train de changer. Sur Internet, la municipalité de Rio présente d'ailleurs une vidéo qui retrace l'histoire du Morro da Providencia, la première favela de la ville. Et une chaîne de télévision, TVRoc, qui compte 30 000 abonnés, diffuse des informations et surtout des centaines de vidéos sur la vie de la Rocinha : du dernier groupe musical à l'occupation des lieux par l'armée, venue récupérer pacifiquement des armes, en passant par un reportage sur l'exposition du moment.

« La favela n'est plus synonyme de pauvreté comme il y a cinquante ans. Son évolution accompagne celle de la société, surtout la société de consommation », explique Licia Valladares, sociologue. McDo, banques, postes, magasins, dentistes, médecins, « les commerces de service existent. L'image de bric et de broc, c'est du passé. » Certaines familles sont là depuis deux, trois voire quatre générations. Un nouveau « favelado » est apparu : le diplômé du supérieur qui est resté vivre dans son quartier et qui a son mot à dire. Le vocabulaire change également : « comunidade » (« communauté »), terme plus positif, a tendance à remplacer « favela ».

Dans son dernier ouvrage, « La Favela d'un siècle à l'autre » (éd. de la Maison des sciences de l'homme, 214 p., 23 €), Licia Valladares retrace les représentations des favelas « cariocas » (de Rio) à travers l'histoire et les différents acteurs de la société : église, assistantes sociales, pouvoirs publics, médias, sociologues.

Dans les années 20, l'intérêt porté à la favela relève surtout d'un souci d'hygiène et d'esthétique urbaine. Durant un demi-siècle, les mots-clés sont maladie, contagion, pathologie sociale, morale, racisme. Le seul remède préconisé est l'éradication. Les sciences sociales prennent la relève à partir des années 70. Changement de cap : le lien social qui existe dans la favela est valorisé, celle-ci devient à la fois le problème et la solution. Inscrite à l'agenda universitaire, elle devient un objet d'étude transdisciplinaire.

Désormais, il s'agit d'intégrer les favelas au tissu urbain. A Rio, il y a près de 700 « comunidades », qui comptent 1,2 million d'habitants. « Elles sont très visibles dans la ville et le contraste entre riches et pauvres est très fort », souligne Licia Valladares. Les pouvoirs publics semblent avoir compris puisque le programme « Favela Bairro » (« Favela quartier »), qui vise à améliorer le cadre de vie des bidonvilles, fonctionne depuis dix ans.

Certains de ces quartiers possèdent désormais des équipements urbains (tout-à-l'égout, rues asphaltées, adresses, etc.) et des immeubles en béton de plusieurs étages. Reste la complexité du phénomène : « On peut être propriétaire de sa maison, payer des impôts et vivre dans une favela », précise Licia Valladares.

Les favelas sont toutefois loin de présenter une image homogène. « Il y a de grandes différences à l'intérieur d'une même favela et aussi entre les favelas », tient à préciser Licia Valladares. « A la Rocinha, louer un studio peut coûter aussi cher que dans certains quartiers de Copacabana ».

Sans oublier la violence, notamment due à la guerre que se livrent les trafiquants de drogue sur ces territoires. Il suffit de cliquer sur les sites vidéos de la toile et d'y inscrire le mot « favela » pour voir défiler des clips où policiers et bandits, mieux armés que les forces de l'ordre, se tirent dessus. Les passants sont souvent victimes de balles perdues.

Pour en savoir plus :
Interview de Mike Davis, ethnologue et sociologue américain, auteur de « Planète bidonvilles » (Ab Irato éditions, 2005).
Reportage sur une exposition photo de la favela Santa Maria, par des élèves de l'atelier du photographe français Vincent Rosenblatt à la télévision brésilienne.

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Portrait de Courageux anonyme

De

18H03 | 23/05/2007 | Permalien

 » Les habitants des favelas pris dans la guerre contre le trafic de
drogue
AFP | 22.05.07 | 06h21

Depuis trois semaines, chaque habitant de Vila Cruzeiro vit dans
l'angoisse d'être la prochaine victime d'une balle perdue de la
guerre qui oppose policiers et trafiquants de drogue dans cette
favela proche du centre de Rio. Les murs et les boutiques de la
favela portent les marques des balles qui depuis le 1er mai ont fait
16 morts et 50 blessés, trafiquants présumés, policiers et passants
victimes de balles perdues.

« Aujourd'hui semble être un jour plus tranquille mais on ne sait jamais », dit le propriétaire une boulangerie devant laquelle passe des petits groupes d'enfants qui se rendent dans les rares écoles fonctionnant encore dans les environs de Vila Cruzeiro où vivent quelque 20.000 personnes.

Les trafiquants surveillent les moindres faits et gestes dans la région depuis un gymnase public construit sur le haut d'une colline située près du
parc qui entoure l'église Notre Dame de la Penha. « A n'importe quel
moment un échange ce coups de feu peut éclater. Alors plus personne
ne peut entrer ou sortir de la favela », ajoute le boulanger installé
depuis 4 ans au pied du morne de Vila Cruzeiro. A gauche du comptoir,
on voit l'impact d'une balle qui a traversé le mur, blessant une
cliente du salon de coifure contigü. (…)

La police militarisée est arrivée à Vila Cruzeiro le 1er mai après que
deux de ses agents eurent été assassinés. Depuis ce jour des tirs
serrés, durant jusqu'à 11 heures d'affilée, ont semé la panique dans
le quartier. Fortement armés, les trafiquants sont retranchés sur le
haut de la favela et emploient des tactiques de guérilla pour
résister à l'invasion de la police. Il ont déversé de l'huile dans
les rues pour empêcher le passage des véhicules de la police et
notamment le redouté car blindé de la police, surnommé le
« caveirao » (tête de mort). Les « bandits » ont également monté des
barricades en ciment et ont enlevé les plaques d'égoût pour créer des
zones infranchissables.

Le secrétarait à la Sécurité de Rio a averti qu'il ne lèverait le siège de Vila Cruzeiro que lorsqu'il en aurait fini avec les trafiquants qui la contrôlent. Une bonne partie des commerces au pied de la favela sont fermés ou portent l'affiche « à louer » ou « à vendre ».

Un homme de 60 ans dit avoir plus peur de la
police que des bandits. « Je vis à Vila Cruzeiro et personne ne
m'ennuie, ni moi, ni ma famille. L'autre jour la police est arrivée
en tirant et je ne les ai pas laissés entrer chez nous », dit-il dans
une épicerie. « Je leur ai demandé leur mandat et comme ils n'en
avaient pas, ils ne sont pas entrés. Ils sont plus dangereux que les
bandits », ajoute-t-il. Les trafiquants ont des « surveillants » partout
qui s'approchent discrètement s'ils voient un inconnu. « Ils vous font
dire de ne pas prendre de photos », dit un employé de l'église de la
Penha à l'équipe de l'AFP.

Les journalistes, surmommés les « rats » par les narcotrafiquants, ont déjà été la cible d'attaques, même si aucun d'entre eux n'a encore été blessé. La voiture d'un journal où des reporters montaient la garde a été attaquée la semaine dernière.

Depuis plusieurs jours, Vila Cruzeiro est privée des services de base
comme le ramassage des ordures ou la livraison des bonbonnes de gaz,
se plaignent les habitants. »

Portrait de Courageux anonyme

De

18H11 | 23/05/2007 | Permalien

 » Les habitants des favelas pris dans la guerre contre le trafic de
drogue »

 » Depuis trois semaines, chaque habitant de Vila Cruzeiro vit dans
l'angoisse d'être la prochaine victime d'une balle perdue de la
guerre qui oppose policiers et trafiquants de drogue dans cette
favela proche du centre de Rio.

Les murs et les boutiques de la favela portent les marques des balles qui depuis le 1er mai ont fait 16 morts et 50 blessés, trafiquants présumés, policiers et passants victimes de balles perdues. « Aujourd'hui semble être un jour plus tranquille mais on ne sait jamais », dit le propriétaire une
boulangerie devant laquelle passe des petits groupes d'enfants qui se
rendent dans les rares écoles fonctionnant encore dans les environs
de Vila Cruzeiro où vivent quelque 20.000 personnes.

Les trafiquants
surveillent les moindres faits et gestes dans la région depuis un
gymnase public construit sur le haut d'une colline située près du
parc qui entoure l'église Notre Dame de la Penha. « A n'importe quel
moment un échange ce coups de feu peut éclater. Alors plus personne
ne peut entrer ou sortir de la favela », ajoute le boulanger installé
depuis 4 ans au pied du morne de Vila Cruzeiro. A gauche du comptoir,
on voit l'impact d'une balle qui a traversé le mur, blessant une
cliente du salon de coifure contigü. Au coin, un kiosque à journaux
fermé porte les traces d'une dizaines de tirs de gros calibres.

La police militarisée est arrivée à Vila Cruzeiro le 1er mai après que
deux de ses agents eurent été assassinés. Depuis ce jour des tirs
serrés, durant jusqu'à 11 heures d'affilée, ont semé la panique dans
le quartier. Fortement armés, les trafiquants sont retranchés sur le
haut de la favela et emploient des tactiques de guérilla pour
résister à l'invasion de la police. Il ont déversé de l'huile dans
les rues pour empêcher le passage des véhicules de la police et
notamment le redouté car blindé de la police, surnommé le
« caveirao » (tête de mort). Les « bandits » ont également monté des
barricades en ciment et ont enlevé les plaques d'égoût pour créer des
zones infranchissables.

Le secrétarait à la Sécurité de Rio a averti
qu'il ne lèverait le siège de Vila Cruzeiro que lorsqu'il en aurait
fini avec les trafiquants qui la contrôlent. Une bonne partie des
commerces au pied de la favela sont fermés ou portent l'affiche « à
louer » ou « à vendre ».

Un homme de 60 ans dit avoir plus peur de la police que des bandits.
« Je vis à Vila Cruzeiro et personne ne m'ennuie, ni moi, ni ma famille.
L'autre jour la police est arrivée en tirant et je ne les ai pas laissés entrer chez nous », dit-il dans une épicerie. « Je leur ai demandé leur mandat et comme ils n'en avaient pas, ils ne sont pas entrés. Ils sont plus dangereux que les
bandits », ajoute-t-il. Les trafiquants ont des « surveillants » partout
qui s'approchent discrètement s'ils voient un inconnu. « Ils vous font
dire de ne pas prendre de photos », dit un employé de l'église de la
Penha à l'équipe de l'AFP.

Les journalistes, surmommés les « rats » par
les narcotrafiquants, ont déjà été la cible d'attaques, même si aucun
d'entre eux n'a encore été blessé. La voiture d'un journal où des
reporters montaient la garde a été attaquée la semaine dernière.

Depuis plusieurs jours, Vila Cruzeiro est privée des services de base
comme le ramassage des ordures ou la livraison des bonbonnes de gaz,
se plaignent les habitants. »

merci à l'AFP | 22.05.07 | 06h21, dépêche reprise dans la revue de presse de la MILDT.

Portrait de a.guillaume

De a.guillaume

18H12 | 23/05/2007 | Permalien

pourquoi bandits entre guillemets ?
Des enculés de dealers maffieux et assassins
a pendre au bout d'une grue comme en iran
seul aspect positif de la revolution islamique !

Portrait de lecapitaine

De lecapitaine

11H00 | 24/05/2007 | Permalien

a.guillaume vous me donnez la nausee des le matin !

Portrait de a.guillaume

à lecapitaine Portrait de lecapitaine De a.guillaume

11H12 | 24/05/2007 | Permalien

c'est fait pour !
mieux vaut degueuler aux aurores un bon coup
et regarder le reste de la journée d'un oeil sec et lucide que de s'envaper d'illusions et de comprehension mouillée sur les causes de la gangrène universelle (les narcodollars) en tirant sur le bambou.Derrière Dysneyland,y a les comptes off shore !