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Les risques de «cancer du pressing» sous-évalués en France

Courbes de relevés des émanations de perchlo autour d'un pressing

André Cicollela, chercheur en santé environnementale Ceux qui le connaissent le surnomment familièrement le « perchlo ». Ce solvant, de son vrai nom perchloréthylène ou tetrachloréthylène, est utilisé dans la majorité des pressings de nettoyage à sec. On pouvait se douter que ce produit, qui circule en toute liberté en France, était plus toxique que les noix de lavage indiennes. De là à suspecter qu'il était classé comme « cancérogène probable »...

André Cicollela, médecin spécialiste en santé environnementale et président de la commission santé des Verts, se penche depuis plusieurs années sur le perchlo. Grâce aux études réalisés dans différents pays, il en a résumé les effets néfastes sur l'homme et sur l'animal.



Outre des cancers du foie et des reins prouvés chez les animaux de laboratoire, les données épidémiologiques confirment cet effet cancérogène sur ces deux organes chez l'homme, ainsi que sur l'oesophage, la vessie ou le col de l'utérus.

On estime qu'en France, avec les quelque 5 000 entreprises de nettoyage à sec, 8 200 tonnes de perchlo sont émises chaque année dans l'air, surtout dans les zones résidentielles. Ce qui chiffre la population exposée au travail à 15 000 personnes.



Face à la dangerosité du produit, certains pays ont déjà réagi. Les Etats-Unis et le Danemark ont interdit l'installation de nouveaux pressings utilisant le perchlo. D'ici 2020, ce produit sera totalement retiré des Etats-Unis.

Car les solutions de remplacement existent, elles sont même moins onéreuses que le perchlo et tout aussi efficaces. A Disneyland Paris, par exemple, les textiles sont nettoyés au siloxane, un solvant du type silicone, non toxique. Une autre solution, plus élégante, est le gaz carbonique liquide, qui ne nécessite aucun temps de séchage et ne présente pas de risque d'incendie.

Dans l'Union européenne, le perchlorétyhlène est classé comme « nuisible à la santé » et « dangereux pour l'environnement ». Néanmoins, en France, il n'existe aucun contrôle préalable lors de la création d'un pressing.

Les causes d'un tel laisser-aller ? L'industrie chimique fait pression auprès des autorités sanitaires, en mettant en avant les différences entre les cancers humains et ceux des rats de labo, invalidant la classification du produit en cancérogène avéré. Ce qui explique l'absence de volonté politique, selon André Cicollela.



Le schéma ci-dessus indique des relevés du taux de perchlo autour d'un pressing dans un centre commercial. Sur les courbes qui touchent les caisses de l'hypermarché, on constate que les valeurs atteignent 0.45 mg/m3, soit près de deux fois la valeur préconisée par l'OMS.

Thierry Drouin est propriétaire d'un restaurant situé dans une galerie commerciale de Rennes. Et voisin d'un pressing. Fortement incommodé par les émanations, il a demandé des analyses de l'air. Celles-ci ont révélé un taux de perchlorétylène dix fois supérieur à la valeur guide de l'OMS, soit 2,5 mg/m3 au lieu de 0,25 mg/m3.



Pour en savoir plus :
La définition du « perchlo » sur Wikipédia.
Les solvants les plus dangereux sur le site de l'Institut national de recherche et de sécurité.
Le rapport d'étude du perchlo par le Centre international de recherche sur le cancer, département de l'OMS.
Les produits de substitution au « perchlo » proposés par l'Ineris.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) se penche sur la dangerosité du produit.
La fiche du « perchlo » sur le site de l'OMS.


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minijul
11H22 22/05/2007

Alors si même les US on pris une décision à connotation environnementale et contre les lobbies, on a en effet de quoi se poser la question !

 
olivier p
13H09 22/05/2007

REACH est une réforme de la réglementation chimique, en cours d’élaboration et de mise en oeuvre au niveau de l’Union européenne. Elle est une première étape (vivement la seconde) pour la protection des salariés et, en général, des résidents européens (consommateurs et producteurs), avec une dimension de régulation de la mondialisation des échanges.

http://www.greenpeace.org/france/vigitox

Malgré les alertes publiques ou non, et les débats en cours, il est clair que la france n’a pas encore pris la mesure du problème, concrètement. Les budgets publics, leur institutionnalisation et les référentiels d’actions publics sont encore en décalage

le temps perdu…

 
Ophélie Neiman | Rue89
13H38 22/05/2007

Tout à fait. REACH pourrait inclure le perchloréthylène dans sa liste de produits chimiques toxiques, d’autant que l’Union européenne a l’air plus sensible à ce solvant que la France.
Rien de certain mais à surveiller, REACH pourrait faire bouger bien des choses.

 
Lacigaledrolastique
14H23 22/05/2007

Les syndicats ont ils cette information et si oui pourquoi ne négocient-ils pas à l’arrêt de l’utilisation de ce produit ?

 
Ophélie Neiman | Rue89
15H27 22/05/2007

J’ai contacté le principal syndicat des entreprises de nettoyage à sec (Seat-Nas), associé à l’Uniret (conseil français de l’entretien des textiles), et ils n’ont aucune position officielle sur ce point.
Je suppose que, dans la mesure où le perchloréthylène est dans la catégorie 2A du Circ (cancérigène probable) et non dans la catégorie 1 (cancerigène certain), ils mettraient beaucoup d’entreprises de pressing en situation délicate en réclamant l’arrêt de l’utilisation du produit, notamment à cause du coût qu’engendrerait le remplacement des machines pour utiliser un produit de substitution.
Mais je vous promets que, dès que j’obtiens une déclaration formelle de leur part, je vous en tiendrai informés.

 
olivr
19H28 22/05/2007

Désolé, se sont les effets du liberalisme…

gouvernants et privé ne faisant qu’1…

 
miklitov | Au 1015
17H19 22/05/2007

Continuez comme ça sur l’environnement, un sujet essentiel où des tonnes de scandales sont passés sous silence.

 
olivr
19H24 22/05/2007

Alors que Nicolas Hulot semble satisfait d’ être représenté par A Juppé, je reste tout de même sceptique, et il y a de quoi.
Le réchauffement de la planèete est à prendre à bras le corps. Les politiques sont en danger presque immédiat.
Sur les autres aspects de pollution, et d’ impregnation journalière de milliers de substances chimiques, on va encore attendre un peu…
LE TEMPS DE CHANGER DE MODELE ECONOMIQUE… car je suis désolé monsieur Juppé, écologie (respect de l’integrité de notre planète et de nous même!)et liberalisme sont incompatibles, naturellement!

 
alexandrin
19H46 23/05/2007

On nous dira que fermer les pressings qui emploient le perchlo ce sera détruire des emplois, que ce sera fragiliser certaines branches de l’industrie chimique (donc menace sur l’emploi et surtout sur les dividendes à verser aux actionnaires). Face à ces « graves » répercussions économiques la santé des employés des pressings et des clients des galeries marchandes ne pèse pas grand chose. Nous sommes en économie capitaliste ne prenons pas nos rêves pour la réalité.