Colombani, contesté pour sa gestion, n’a pas été reconduit à la présidence du directoire par la rédaction. Il n’a obtenu mardi que 48,49% des suffrages de la Société des rédacteurs, alors qu’il lui en fallait 60% pour éviter le véto à la reconduction de son mandat à la tête du quotidien du soir. Une période d’incertitude s’ouvre pour le journal, où deux candidats seraient pressentis pour se présenter à la succession du président déchu : Philippe Thureau-Dangin -patron de Courrier International, filiale du Monde-, et Pierre Jeantet, directeur général sortant.
Après le personnel du Midi Libre lundi, et en même temps que celui du groupe PVC (La Vie, Télérama), la Société des rédacteurs du Monde (SRM) a donc refusé la reconduction de Jean-Marie Colombani à la tête du journal et du groupe. Décisif, le résultat de cette dernière consultation met un coup d’arrêt brutal à ses 13 années de règne au cours desquelles le Monde a constitué un groupe de presse hétéroclite, une stratégie critiquée par de nombreux journalistes.
Sa campagne électorale, menée sur le thème "après moi, le déluge" -avec l’approbation sur ce point du président du conseil de surveillance Alain Minc, homme de pouvoir et d’influence s’il en est- est donc un échec. Jean-Marie Colombani avait répondu aux critiques en alternant humour -"Ma gueule ? Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? "- et perspicacité : "Vous évoquez Pierre Jeantet pour me remplacer, mais il fait partie de mon équipe ! " Les arguments de ce brillant orateur n’ont donc pas suffi à compenser les critiques face à la stratégie de construction d’un groupe de moins en moins transparent et maîtrisé.
Le soutien du directeur de la rédaction, Eric Fottorino -à l’origine de la formule actuelle du journal, approuvée par la plupart des journalistes-, n’a pas non plus été suffisant. Fottorino le soutenait tout en reconnaissant que Colombani …n’est "pas facile". Idem pour les mises en garde de certains retraités -dotés de deux voix, contre deux ou quatre pour les actifs en fonction de leur ancienneté-, qui redoutent à présent des "crises terribles" pour le journal.
De fait, le poste de président du directoire du groupe Le Monde -désormais dissocié de celui de directeur du quotidien- est devenu de plus en plus complexe et délicat. Les actionnaires extérieurs -Lagardère, Prisa, La Stampa, le Nouvel Observateur- possèdent déjà 40% du capital, alors qu’une partie des 147 millions d’euros de pertes cumulées sur 6 ans est remboursable en actions.
Et les filiales ont, elles aussi, sanctionné la gestion du directeur sortant : chez PVC -Télérama, La Vie, Fleurus Presse…-, le "non" l’a emporté mardi après-midi à 61,4%, après le rejet à 52,3% du personnel du Midi Libre. Des filiales où le sentiment général est celui d’avoir servi de vache à lait financière sans être inclus dans la stratégie du groupe.

A lire :
La lettre de Robert Solé au Monde
L’ex-médiateur du quotidien a appellé à voter "non".










En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
C’est bizarre, ça sent la fin de quelque chose, je n’ai que 17 ans je suis lycéen et je n’ai jamais connu Le Monde sans JMC, après à savoir si c’est une bonne chose (son départ), je ne sais pas. Le Monde reste pour moi le derniers « vrai » journal complet intelligent ouvert malgré tout ce qu’on peut reprocher à JMC…
Maintenant la question est qui à la place de l’ancien patron et comment cela se passera t il ?
Ou va Le Monde ? ( le journal et l’autre …)
PS: visitez http://owen-s-blog.blogspot.com/
a force de jouer avec les puissant et de se prendre pour un grand baron capitaliste et en oubliant sa vocation premiere: le journalisme.
le mond à su enfin dire non à toutes ces dérives monarchiques de son président; amitié avoué avec sarkozy, ambiguité sur le role de minc,
afaiblissement du pouvoir redactionnel au profit des actionnaires…
aujourd’hui colombani paye son manque d’impartialité en nous faisant croire que la démocratie etait menacée si l’on votait bayrou.
en tout cas les journalistes du monde nous clairement anoncés avec ce vote que c’était l’intégrité et l’indépendance du journal qui est menacé avec colombani à sa tête.
mais bon il ne faut pas se faire d’illusion ils ne vont nous trouver un beuve mery au coins de la rue
Maintenant, ce sera, espérons-le, la fin de l’ambiguïté, et le meilleur, ou le pire : un journal définitivement aux ordres (d’Alain minc & consorts) ou un Monde refondé, pour de vrai.
Détail : Il est 22h.30. Rue89, NouvelObs.fr et Libe.fr font de la nouvelle de la défaite de Colombani, immédiatement, leur gros titre ; sur LeMonde.fr, rien…
c’est ce que relève d’ailleurs Corinne Lesnes, la correspondante du Monde à New York, sur son blog Big picture (mais c’est un grand classique, pour tout savoir de Libé, il fallait lire Le Monde et réciproquement)! Pour d’autres réactions intéressantes, allez voir aussi le blog de Daniel Schneidermann qui exprime sa joie.
Je ne connais pas assez Colombani pour juger.
En tant que lecteur et client, je vais toujours lire Le Monde avec plaisir et avec une relative confiance.
En tant que citoyen, j’ai trouvé inacceptable l’édito de Colombani visant à disqualifier Bayrou à 2 jours du premier tour… Un acte destructeur (parce qu’anti démocratique) inspiré par une prémonition de sa fin de règne?
Le Monde va peut-être redevenir un « journal ", mais je ne suis pas vraiment optimiste pour l’avenir de la profession en général. Peut-être que l’avenir est au modèle " rue89 ». Faut voir.
http://ovs.typepad.fr/aramis/
Nous espérons sincèrement que l’avenir vous donnera raison (et à nous aussi par la même occasion). En tous cas merci pour vos encouragements.
… veuille lancer un site du même type que Rue89 ! Ca se prépare tout doucement, c’est en discussion. Va-t-il y avoir de la concurrence ?
Un bonne chose de faite.
Le départ de Colombani : un impératif démocratique !
Cet éditorial aura t-il joué un rôle ?
Je l’espère.
Mouais…moi j’ai encore le souvenir de cet éditorial immonde (c’est le cas de le dire…im..Monde) qui proclamait que le vote Bayrou était antidémocratique…
Erreur, il n’a pas appelé à voter contre Sarkozy, bien au contraire ! Il a appelé à voter POUR Ségolène Royal, en sachant bien que c’était le meilleur moyen d’assurer l’élection de Sarko 1er, Bayrou l’emportant les doigts dans le nez en cas de confrontation avec Sarkozy.
Machiavéliquement, c’était donc un appel à voter pour Sarko au deuxième tour qu’il annonçait par son pseudo soutien à Ségolène…
En réponse au post de O4 h 26 qui repose le problème de la liberté de la presse envers les annonceurs pub, cela signifierait donc qu’il n’y a que le Canard et Charlie Hebdo qui seraient libres en France.
Reste aux journalistes de rue89 de donner leur avis sur le sujet.
Parce que comme c’est le seul moyen pour eux de se salarier (ce sont des professionnels) mais aussi de faire vivre le site, j’imagine qu’ils y ont pensé.
Ceci étant, j’ai ma petite idée : ce sont nos clics sur le site qui détermineront les annonceurs à y figurer, et c’est une assez grande quantité d’annonceurs qui permettra aux concepteurs du site de n’être prisonniers d’aucun en particulier.
Peut-être est-ce simpliste comme raisonnement. C’est ainsi que je le vois.
* Je précise que je ne suis en rien liée à rue89 mais j’avoue que le fait que le site soit concu par des pros me rassure.
Je suis un peu lasse des infos publiées sur des blogs qui s’avèrent peu fiables parce que non vérifiées.
De toutes façons, en ces temps de méfiance généralisée à l’envers des journalistes, nous verrons bien si nos attentes sont justifiées ou pas.
Rien ne nous oblige à acheter un journal/papier et rien ne nous oblige à cliquer sur un journal/net.
Pour moi il est clair qu’il n’y as qu’au Canard que l’on trouve de vrai Journalistes totalement libres.
Pour ce qui est de Rue89, je ne peut que soutenir cette initiative, car elle me parait prometteuse. Je reste neanmoins sur mes gardes. Le site est en effet fait par des pros, gage de serieux et de qualite, ce qui se voit. Neanmoins, un proffessionel est quelqu’un qui gagne de l’argent grace a son art. Il vas donc falloir trouver un moyen de renumer les plumes de Rue89. La solution qui semble avoir ete choisie des le depart est celle de la publicite. Cela me parais dangereux car il y auras bien un jour ou une pression d’un annonceur arriveras a un moment finacierement difficile pour le site, et alors….
Une grande partie des medias qui sont aujourd’hui pieds et poings lie a leur annonceurs nous on expliquer a leur debut que la publicite n’influerais pas la ligne editoriale…
La pub est un poison pour les lecteurs mais bien plus encore pour les rédactions. Si les premiers peuvent s’en débarrasser au moyen d’un fire wall efficace (Kerio est redoutable contre la pub), les secondes risquent à tout moment d’être prises en otage par ces bailleurs de fonds à la solde du pouvoir et du grand capital.
Wikipédia fonctionne sans pub et c’est une entreprise bien plus grande qu’un journal électronique.
Tous les fauchés - moi le premier - font vivre leur site web en vendant des articles promotionnels par Café Press ou par d’autres.
De plus, quel lecteur refuserait de verser de temps en temps une pincée d’euro à son journal préféré et à son encyclopédie libre pour leur permettre de rester indépendants ? Si la liberté n’est qu’à ce prix, elle reste un luxe très abordable dans les pays industrialisés.
Aux journalistes de rue 89 de venir nous donner leurs explications.
Un petit bémol quand même : le Canard avait « intérêt » quelque part à ce que Sarkozy soit élu.
Parce qu’il est évident que les lecteurs (en majorité de gauche) préfèrent lire des brèves croustillantes sur le nouveau président que sur S. Royal.
Je n’ai, personnellement, pas oublié la campagne contre ce pauvre Beregovoy, dont on raillait tout, y compris les chaussettes, ce qui était quand même le niveau zéro de l’information et pour lui, le comble de l’humiliation.
Et le prêt à 0% pour acheter un appartement.
Qui d’autre que lui aurait eu besoin, à l’époque, d’un tel prêt en ayant été ministre des finances ?
Vous imaginez cela aujourd’ui ?
Je ne déifie personne ayant, hélas, la mémoire longue.
Et la méfiance chevillée à hauteur de ces petitesses.
Meme si Le canard avait interet a la victoire de Sarkozy, ce qui me surprends, on ne peut accuser le journal d’avoir fais campagne pour icelui.
En fait, je pense que le Canard s’est appercut depuis longtemps que la qualite genere des ventes, de facons sufisante pour faire vivre le journal.
Le canard n’est pas moins exigent avec les gouvernement de gauche qu’il ne l’est avec ceux de droite. Il reste toujours fidele a ses principe, sans laisser la tambouille politicienne du moment interferer avec ses idees.
J’aimerais tant voir Rue89 tenter une aventure vraiment novatrice comme cherche des sources de revenus autre que ceux de la publicite. Je serais pour ma part pres a payer un abonement a condition de voir toute publiciter exclue du site. Je ne suis surement pas le seul…