
Alors que Paul Wolfowitz vient de quitter son fauteuil de président de la Banque Mondiale, un autre néoconservateur américain rumine le goût amer de la tartufferie démasquée : chargé de la lutte contre le Sida -et contre la prostitution-, Randall J. Tobias est mêlé à un scandale de... prostitution.
Jusqu’à sa démission, le 27 avril, il était secrétaire d’Etat adjoint auprès de Condoleeza Rice et patron de l’agence américaine chargée du développement international (USAID), poste que les Américains qualifient de « Tsar du Sida ( »AIDS Czar en VO). Tobias était le héraut de la politique de l’administration Bush en la matière, qui repose sur deux piliers très controversés : promotion de l’abstinence et lutte en sous-main contre la prostitution.
Le hic, c’est que le ministre était sur la liste d’une agence de call-girls de la capitale fédérale : Pamela Martin and Associates. Une agence très haut de gamme : elle proposait uniquement les services de jeunes femmes diplômées. Sa directrice, Deborah Jeane Palfrey, surnommée the DC Madam, s’est épanchée fin avril dans des interviews à une radio et à ABC News. Preuves à l’appui : 10000 à 15000 numéros de téléphone de clients, et 21 kilos d’enregistrements téléphoniques. ABC News a joint Tobias, qui a reconnu des massages, mais pas de relation sexuelle. Avant de démissionner dès le lendemain.
Le passage de Randall Tobias à la tête d’USAID et son action de Tsar du Sida a surtout marqué les esprits à cause des conditions du plan d’urgence anti-Sida lancé par George Bush. En le nommant comme US Global AIDS coordinator en 2003, le Président l’a chargé de répartir les 15 milliards de dollars alloués au programme, fièrement présenté (sur Wikipedia) comme la plus grande initiative internationale jamais lancée par un pays pour lutter contre une seule maladie, et prévu jusqu’en 2008.
Grâce à ce programme, les Américains promettent d’éradiquer le Sida dans une quinzaine de pays, mais à certaines conditions qui reflètent la sensibilité puritaine et commerciale de l’administration Bush : l’approche ABC -Abstinence, fidélité ( »Be faithfull), et une utilisation correcte et cohérente du préservatif (Condom)-, l’utilisation -jusqu’en 2005- de médicaments brevetés au détriment des génériques, ou le fait de ne donner les préservatifs qu’à des personnes à risque » (drogués, prostitués)... mais surtout pas à travers des associations trop impliquées dans le soutien aux travailleurs du sexe.
Les associations financées par USAID devaient signer une promesse stipulant qu’elles ne soutenaient pas la légalisation ou la pratique de la prostitution. Ce qu’a refusé de faire un autre « AIDS Czar » américain, le philantrope Phil Harvey, fondateur de l’ONG DKT International, et blacklisté par l’administration Bush parce qu’il a fait fortune dans les sex toys. Face au refus d’USAID de lui allouer des fonds, Harvey a poursuivi l’agence. Une cour fédérale l’a débouté en février.
Pour les puritains américains, la morale de l'histoire est claire comme de l'eau bénite : la démission de Tobias ne va pas infléchir la politique américaine de lutte contre le Sida. Et l’ex-ministre, qui avait auparavant présidé le géant de la pharmacie Eli Lilly -fabricant du Prozac et très lié à la famille Bush-, devrait rapidement retrouver un poste dans le « big business ». Deborah Jeane Palfrey, elle, cherche à financer sa défense dans son procès pour proxénétisme. Ses six heures d’interview à wsRadio viennent d’être vendues aux enchères. Pour un montant inconnu pour l’instant.














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nous avons écrit le 6 mai qu’elle touchait plus que Condi Rice.
Ce qui est de plus en plus consternant c’est de constater que l’administration Bush s’est sentie si toute-puissante qu’elle nommait n’importe quel zozo à n’importe quel poste, et que ces zozos étaient par exemple assez cons ou assez immunisés pour prendre des rdv téléphoniques chez la maquerelle locale, ou pour placer leur copine dans une administration (le state department) avec un salaire supérieur à celui de la patronne Condi!
Je me demande si c’est la moquette ou la poudre de perlimpinpin qui les inspire?
Jésus Marie Joseph!!! Heureusement que l’on ne risque pas de voir ça en France :lol:
N’ayons pas peur ! Cela ne peut pas se passer chez nous.
Le « nôtre » ne prie pas tous les jours, comme Bush.
Il jogge…
Normalement, cela devrait le calmer.
Et puis quoi ! Qui imagine Boutin mêlée à ce genre de débauche ?
Personne, hélas.
Dommage, cela m’aurait bien fait rire.
Imaginer Boutin prise dans un réseau de callgirl ou cliente d’un réseau de callboy (ça doit bien exister), l’idée me fait mourir de rire!
Excellent :)