A la Une

Christiania : démolition d'une utopie à Copenhague

Manifestation à Christiania, lundi 14 mai (Mogens Flindt/Scanpix/Reuters)

La démolition d'une première maison de la « ville libre », située en plein cœur de Copenhague sur un terrain militaire abandonné, annonce le début de la normalisation de Christiania et donc la fin de cette expérience sociale qui a fêté son 35e anniversaire à l'automne dernier.

Les autorités danoises ont fait démolir lundi matin une première maison de cette communauté autogérée de 850 personnes -dont 200 enfants-, autoproclamée « ville libre » en 1971. Il s'agissait de Cigarkassen (la « boîte à cigares »), une maison désaffectée depuis un incendie en 2002 et que des Christianites retapaient. « On est en colère. On a pris ça comme une provocation de la part de l'Etat, qui n'a même pas attendu le verdict du procès, alors que nous avons engagé près de 800 plaintes contre lui », explique Marianne, une Française qui vit à Christiania depuis des années.

Une manifestation contre la démolition de Cigarkassen a dégénéré en de violents affrontements, qui ont transformé les rues de Christianshavn (le quartier de Christiania) en champ de bataille, lundi 14 mai. Les forces de l'ordre ont dispersé les jeunes armés de pavés, bouteilles et cocktails-Molotov en tirant des gaz lacrymogènes. Bilan : 59 jeunes arrêtés, trois policiers blessés, plusieurs voitures incendiées et l'école du quartier évacuée.

A Christiania, plus grand squat en Europe et l'un des derniers bastions « peace and love », cette éruption de violence laisse perplexe. D'ailleurs, selon le porte-parole de la police de Copenhague, Flemming Steen Munch, interrogé par l'AFP, « les fauteurs de troubles ne sont pas des hippies de Christiania, mais de jeunes casseurs », appartenant pour la plupart à des groupuscules d'extrême gauche qui ont déjà affronté les forces de l'ordre en mars, lors de l'évacuation et de la démolition d'Ungdomshuset, temple de l'underground à Copenhague, occupé par des dizaines de jeunes.

« Si la démolition d'une maison abandonnée entraîne des émeutes aussi violentes, que va-t-il se passer si les autorités s'attaquent aux maisons habitées ? “, interroge Klaus, 33 ans, Christianite depuis 11 ans. ‘La violence n'est pas une solution. Et l'Etat est bien plus fort que nous’, déclare ce jeune père de famille en se rappelant ‘cette terrible soirée du 18 mai 1993 où la police avait tiré à balles réelles sur des personnes qui manifestaient contre le traité de Maastricht, faisant huit blessés, mais aucun mort, par chance’.

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2001, le gouvernement libéral-conservateur bataille pour liquider Christiania. La communauté autogérée occupe en effet illégalement un terrain appartenant au ministère de la Défense depuis 1971 : 35 hectares de campagne en plein centre ville, avec en prime un lac, autour duquel des familles ont construit des maisons en bois de leurs propres mains. A l'heure où une la pression immobilière fait flamber les loyers de Copenhague, l'Etat entend remettre la main sur son précieux bien et construire des logements. Les anciennes casernes de l'armée taguées de fresques psychédéliques et les cabanes de guingois de la ‘ville libre’, font désordre dans les quartiers de Christianshavn et Holmen, fraîchement réhabilités.

Le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen s'est attaqué à l'épineux dossier Christiania, sur lequel d'autres avant lui se sont cassé les dents, en commençant par démanteler, début 2004, Pusher Street : un marché à ciel ouvert des drogues douces -illégales au Danemark mais tolérées dans l'enceinte de la ‘ville libre’, du temps des socio-démocrates. Avant cette date, Christiania était la plaque tournante du haschich en Europe du Nord et l'une des principales attractions touristique de la capitale. Les drogues douces brassaient selon les estimations entre 500 millions et 1 milliard de couronnes par an (entre 67 et 134 millions d'euros) et faisaient vivre -directement ou indirectement- un quart des Christianites.

En mettant un terme à cette économie, le plan de normalisation du gouvernement à reçu le soutien du Folketing (Parlement) et d'une majorité de Danois, de moins en moins tolérants et de plus en plus partagés au sujet des Christianites, qui ont le privilège d'habiter dans un havre de paix en pleine capitale pour un prix dérisoire, puisqu'ils ne paient pas de loyer, mais une taxe à la communauté en échange de l'eau et de l'électricité…

Après deux ans et demi d'âpres négociations avec les pouvoirs publics, les Christianites n'ont pas eu d'autre alternative que d'accepter, fin mars, un plan qui ouvre la voie à la normalisation. Le gouvernement prévoirait la construction de 300 logements. Les anciennes casernes converties en appartements seraient rénovées mais les habitations en bois construites par les squatteurs sur les anciens remparts de la ville détruites.

‘Au-delà de Christiania, le gouvernement œuvre à la normalisation de tout Copenhague et de tout le Danemark. Le pays est en train de devenir extrêmement homogène, on ne supporte aucune différence. Ce gouvernement efface notre héritage social-démocrate et notre tradition de tolérance’, regrette Miriam, une étudiante danoise.

Marianne, elle, refuse de croire à la fin de Christiania, mais se dit ‘inquiète’, car ‘communauté alternative et plan de normalisation, ça ne va pas ensemble’. En trente-cinq ans, Christiania a toujours résisté aux pressions des gouvernements successifs. Qu'en sera-t-il cette fois ?

21 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de pmv

De pmv

Photographe | 23H17 | 19/05/2007 | Permalien

Décidément un sacrée gouvernement conservateur au Danemark. L'expulsion d'Ungdomshuset il y a quelques semaines avait déjà déclenché une forte vague de protestation. Seul les sites d'informations alternatives comme Indymedia s'en était fait l'écho. Un autre lieu alternatif au Danemark disparaît, merci d'en parler Rue89. J'ai toujours du mal à comprendre en quoi c'est mal de vivre en marge de la société. Christiania était elle un poids pour les Danois ou alors plutôt une chance ?

Portrait de bibi libéré

à pmv Portrait de pmv De bibi libéré

11H20 | 20/05/2007 | Permalien

Le monde diplomatique d'avril 2007 a consacré un large article à une première expulsion par la violence en mars 07 à Copenhague, qui a été l'occasion pour les forces de polices danoises de tester des nvelles méthodes : des observateurs étrangers(européens)étaient là pour les aprécier…Je manque de mémoire mais l'article est à lire !

Portrait de Courageux anonyme

à bibi libéré Portrait de bibi libéré De

16H13 | 21/05/2007 | Permalien

L'article en question :

LABORATOIRE POLICIER
Répression pour l'exemple à Copenhague,
par René Vázquez Díaz.

Très intéressant et fortement inquiétant.
L'article faisait mention d'observateurs mais supposait aussi que ces observateurs auraient été aussi des « experts » venant faire profiter les danois de leurs expériences de maintien de l'ordre (répression en fait).

Cela augure mal pour les « décroissants » qui voudraient expérimenter des méthodes d'autogestions de ce type.

Portrait de olivier

De olivier

23H53 | 19/05/2007 | Permalien

normal
après les constructions sur le port, le fric l'emporte sur les idées !
bon il faut y aller ! cela faisait beaubourg en immense et moche à 100 mètres des derniers immeubles construits et loués une fortune
cela me rappelle les mêmes effets liés à dublin et le développement de son port !

franchement, christinia en dehors des lieux de junkies devenait moche mais moche !

Portrait de Courageux anonyme

De

03H51 | 20/05/2007 | Permalien

Normaliser signifie arrêter cette expérience ? N'y aurait-il pas d'autres solutions ? On est en droit de se demander si ce caillou dans la chaussure ne gène une certaine idée réactionnaire et conservatrice de notre société. C'est dommage ce qui est en train de se passer

Portrait de dvd_on_tour

De dvd_on_tour

05H27 | 20/05/2007 | Permalien

A propos de la demolition d'Ungdomshuset, on peut lire un article dans le Monde Diplomatique d'avril dernier. Rene Vasquez Diaz y pose un certains nombre de questions en particulier : cette demolition n'a t elle pas ete le lieu d'une experience in vivo de la gestion d'une guerilla urbaine provoquee par les cordons policiers apparentes semi-militaires ? Il y ait aussi ecrit que de nombreuses polices europeennes etaient presentes afin d'observer cette experience ! Dans quel but ? Des rapprochements avec les manifestations a Gene lors du G8 en 2001 sont auss peut etre a faire… Ne doit on pas y voir les premisses d'une societe qui se prepare a des combats urbains ?
David

Portrait de Courageux anonyme

à dvd_on_tour Portrait de dvd_on_tour De

08H27 | 20/05/2007 | Permalien

Cela fait malheureusement de nombreuses annees que les gouvernements etudient et se preparent a des guerrillas urbaines. En Irlande du nord, au check points dans les annees 80, on entendait les soldats parler francais, allemand, italien… et sans accent…

Portrait de Vincentn

De Vincentn

16H27 | 20/05/2007 | Permalien

Il y a d'ailleurs, il me semble et pour nos forces de l'ordre, un centre d'entraînement spécialisé en Dordogne sur le maintien de l'ordre et la gestion de « guerillas » en milieu urbain.

Portrait de Rrose Sélavy

De Rrose Sélavy

Etudiant en Hist. de L'art et C.L.P... | 07H31 | 20/05/2007 | Permalien

Quel était le niveau de vie des habitans de Christiana ? Habitaient-ils dans des logements décents ?

Portrait de Haina

à Rrose Sélavy Portrait de Rrose Sélavy De Haina

09H30 | 20/05/2007 | Permalien

je suis alle a Chritiania il y a une dizaine d'annees. Ce qui m'avais le plus intrigue, c'etait que pratiquement toutes les barraques avaient des paraboles (a l'epoque ! ). Alors, du point de vue du confort, on peut dire qu'ils n'avaient pas a se plaindre. Quand au niveau de vie, la pensee de tolerance qui regnait, la « multiculturalite » de ses habitants, et les nombreux echanges avec les touristes (comprenez que ces derniers n'etaient pas forcement des Japonais armes d'appareils photos en quete de luxe) faisaient de la ville un havre de vie exhaltee.

Portrait de Nicolas Kayser-Bril

De Nicolas Kayser-Bril

Window on the media | 07H47 | 20/05/2007 | Permalien

Les autorités danoises sont en train de faire une grosse erreur.

Sans rentrer dans le débat sur les hippies et la police, notez juste que Christiania est la deuxième attraction touristique de Copenhague. Or le tourisme représente un peu moins de 4% du PIB danois. Les habitants de Copenhague se mordront les doigts d'avoir soutenu la démolition du quartier quand les revenus de la ville auront diminué de quelques centaines de milliers de couronnes.

La solution : Autoriser les photos au sein de Christiania et utiliser le potentiel du quartier pour faire en sorte que la ville en tire plus de ressources que ce qu'elle gagnerait à construire des logements.

Portrait de Courageux anonyme

De

09H42 | 20/05/2007 | Permalien

La ville ne nous appartient plus. Ceux qui en dessinent les paysages glacés ont tous les droits, à commencer par ceux de faire disparaître jusqu'à l'idée même d'une autre vie possible.
Après les mensonges d'Etat des Bush, Rumsfeld, Aznar, Berlusconi, …, les milliers de caméras de surveillance de Blair (au cas où « son » peuple ne serait pas à la hauteur de ses « erreurs »), après les agitations fébriles d'un M. SARKÖZY de NAGY BOCSA (lesquelles ont donné le change à cet électorat frileux qui veut toujours plus d'esclaves pour alimenter ses comptes), s'impose, dans la suite logique de cette glaciation de l'Europe qui accompagne le réchauffement climatique, la liquidation de Christiana. Bien que petit commerce parfaitement intégré à l'économie, elle doit être rayée de la carte en tant que trace d'une époque qui a porté le projet d'une autre vie possible en Europe, que celle du commerce précisément, et de ses sinistres paysages, détruits et remodelés, bétonnés à l'image des vieux débris, accrochés à leur cassette, gèrant et comptant ce qu'ils pourront encore empocher, en toute sécurité, terrés au fond de leurs tiroirs-caisse transformés en camps retranchés.
Que les modalités de cette destruction soit observée avec la plus grande attention par tous les charognards est bien en effet le signe de ce qui attend les dernières vélléités de démocratie en Europe.

Portrait de Haina

De Haina

09H44 | 20/05/2007 | Permalien

Nous avons tous a apprendre de Christiania.
35 annees, ce n'est plus une utopie !

Apprenons la resistance de la marge. « La vie la vraie », ce n'est pas a auchan que vous la trouverez !

Il existe en Europe beaucoup de Christiania bis qui souffrent de notre repression (de ces chiens du capitalisme que nous sommes). Nous n'aurons jamais d'arguments tangibles face a ces autres facons de vivre qui nous derangent parce que nous n'osons pas faire de meme. Arguer du cannabis pour justifier une « normalisation » est un contre-sens quand on sait que les Christianites ont boute hors de la ville les dealers de drogues dures, ce que le gouvernement Danois ne parviendra JAMAIS a realiser !
Nous avons choisi d'etre les moutons, certes, mais nous devons proteger ces « creatures sociales » si elles nous le demandent. Il en va de l'avenir de l'humanite qui regrette deja ses vagabons sacrifies.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H56 | 20/05/2007 | Permalien

L'éradication systématique des expérience alternatives nous privent d'une partie des données nécessaires à la bonne intreprétation de notre monde pour un futur meilleur…

Et soit dit en passant, Christiania si elle s'en va sera une grosse perte pour les amoureux d'un esprit alternatif et créatif….qui nous donnait un peu d'air pur à respirer…

X

Portrait de Laurène Champalle

De Laurène Champalle (auteur)

Journaliste, Paris | 21H52 | 20/05/2007 | Permalien

Pour répondre à vos commentaires, je ne dirais pas que Christiania est un poids ou une chance pour les Danois, car la réalité est complexe. Tout n'est pas noir ou blanc… En deux ans à Copenhague, j'ai eu l'occasion d'aller des dizaines de fois à Christiania. Pas seulement pour des reportages. La plupart du temps j'y allais pour dîner, boire un verre, assister à un concert ou me balader tout simplement, car Christiania est un lieu de vie comme un autre dans Copenhague – pas une simple attraction touristique, encore moins un zoo. Les Danois sont les premiers à y aller le week-end.

Personnellement, c'est un endroit que j'adore et que je déteste en même temps. Un endroit à la fois unique, utile et festif, mais aussi sinistre parfois et détourné de sa fonction initiale d » « expérience sociale » par certains : les dealers. N'imaginez pas des petits dealers de quartier. On parle de criminalité organisée : des dealers à grande échelle, appartenant à des gangs de motards. Pusher Street a été démantelé en 2004, la police est très présente, mais les dealers continuent à faire du business dans Christiania. Plus discrètement qu'avant, mais il suffit d'ouvrir les yeux : que font les types flanqués de molosses qui traînent toute la journée sur Pusher Street, la rue principale ?

Les dealers, qui se sont enrichi à Christiania, ont fini par parasiter la communauté et donné un prétexte parfait au gouvernement d'Anders Fogh Rasmussen pour faire passer son projet de normalisation… Trop de tolérance de la part des Christianites aussi… Dommage, car à côté de ça, Christiania abrite beaucoup de gens simples et sans histoire : des familles, des couples, jeunes, retraités ou actifs… Des gens qui croient dans la vie communautaire et s'investissent réellement, comme Marianne et Klaus, cités dans l'article, qui travaillent à Christiania, pour la communauté.

Pour répondre à Rrose Sélavy, la plupart des Christianites vivent dans des conditions décentes, mais on ne peut pas généraliser : comme dans n'importe quel quartier, il y a de tout. Des gens qui partagent d'immenses appartements dans les bâtiments en briques de l'ancienne caserne (chacun sa chambre + salon, cuisine et salles de bains en commun) ; des familles qui se sont construit leurs propres maisons en bois autour du lac (certaines font rêver) ; d'autres qui vivent dans des roulottes avec un confort sommaire… et d'autres, les dealers devenus riches, qui occupent les meilleurs appartements… Je tiens cela d'une Christianite, qui m'a dit un jour, complètement désabusée « Christiania, c'est un squat de luxe ! » Elle a fini par déménager…

A propos des photos, du temps où les dealers vendaient du haschich à découvert sur Pusher Street, elles étaient interdites – ou du moins déconseillées si on ne voulait pas se retrouver avec une armée de dealers paranoïaques sur le dos. Le sigle « interdit de photographier » tagué sur un mur n'a pas été effacé, mais aujourd'hui a priori il n'y a aucun problème. Sauf si vous prenez en photo un dealer sans savoir forcément que s'en est un. Peu de risque : en général on les repère de loin.

Portrait de avivelefeu

De avivelefeu

09H33 | 21/05/2007 | Permalien

Sans lire le monde diplomatique, il suffit de manifester pour se rendre compte de l'évolution du matériel de la police (protection, tonfa, flash ball et Tazer bientôt). Les gaz lacrymogènes changent régulièrement de « goût » et il n'y a pas goût fraise. Dans 15 jours commence le contre sommet du G8 où l'on pourra voir leurs dernières trouvailles en la matière. Il y a deux ans en écosse, on avait particulièrement apprécié la surveillance vidéo, les fouilles incessantes sous le prétexte de lois antiterroristes, les arrestations arbitraire pour complot contre la reine et… boum à Londres. Ce serait risible si ce n'était des innocents qui étaient morts de cette politique. Les lois antiterroristes sont faites contre le mouvement social et ne touche pas les terroristes qui ont le soutien des états.

Portrait de mabu

De mabu

12H27 | 21/05/2007 | Permalien

M'enfin, vous le dites bien dans le titre : il s'agit de détruire une utopie ! ! !
L'expérience de Christiania n'est ni rentable ni politiquement exploitable.
Je me permets de vous rappeller un joli mot d'André Gide :

« Combien de jeunes véléités qui se croyaient pleines de vaillance et qu'a dégonflés tout à coup ce seul mot d' »utopie » et la crainte de passer pour chimériques aux yeux des gens sensés. Comme si tout grand progrès de l'humanité n'était pas dû à de l'utopie réalisée. »

Portrait de Courageux anonyme

De

12H42 | 21/05/2007 | Permalien

comment aurait réagit sarkozy face à cette bande de « 68ards » ? il les aurait liquidé ?
meme si je n'appreouve pas l'attitude du gouvernement local qui détruit une utopie, un exemple de diversité, de liberté, d'égalité, et de tolérance.. malgré tout cela je suis heureux pr eux que leur havre de paix ne se trouve pas à paris…
en eperant qu'ils réussisent à résister à l'envahisseur.. meme si celui ci est aidé par l'avidité et le pouvoir…

Portrait de mabu

De mabu

12H58 | 21/05/2007 | Permalien

En réponse à des interventions :

1. Qu'importent le niveau de vie et ce que l'on dénomine « logements décents » quand il s'agit de toute autre chose : de QUALITE DE VIE ? Le problème est que ces gens-là démontrent clairement qu'ils n'ont pas besoin de tout ce qu'offre la société de consommation, donc de travailler pour pouvoir acheter tout cela.

2. Curieusement le problème de l'infiltration de la drogue dure se présente presque partout où règne une certaine liberté. Pourquoi ? ? ?

3. Faire de Christiania une attraction touristique me paraît stupide comme argument. Pourquoi pas un zoo avec cloture autour pour pouvoir faire payer une entrée ? Par contre, que des gens visitent le quartier pour prendre un pot me paraît parfait. Peut-être il y en aura quelques uns qui se mettront à penser… ?

Mais évidemment tout cela gêne. Imaginez-vous que cela fasse tâche d'huile et influe sur les attitudes consumméristes de certains…

Portrait de Courageux anonyme

De

21H39 | 22/05/2007 | Permalien

Je ne sais pas si la démolition était la solution, mais il ne aut pas oublier que les christianites étaient des squatteurs, c'est à dire des personnes qui monopolisaient le bien d'autrui. Plus grave, encore, le bien de l'état, donc de tous les Danois. Gratuitement. Et sans que personne d'ait donné son accord. Cela s'apparente à un privilége (bénéficier des ressources de l'état pour un interêt propre) voire à du vol. Alors que tout les autres payent des loyers exhorbitant, pourquoi certains auraient-ils le privilèges de se loger gratuitement au frais des autres ? Je ne suis pas très informé, mais selon ce que j'ai pu lire, celui qui souhaite (souhaitait ? ) s'installer devait avoir l'accord de la communauté (seulement les potes, quoi) et un groupe de jeunes gays qui avaient voulu installer leur activité dans l'ancienne maison gay tombée à l'abbandon de Christiana se sont vu chasser violemment parcequ'ils ne cadraient pas dans le paysage, pas assez hippies au gout des locaux, et trop bruyants pour ces soixante-huitards embourgeoisés. La tolérance c'est facile de la réclamer, mais apparemment beaucoup plus dur à donner…

Portrait de Courageux anonyme

De

03H46 | 05/06/2007 | Permalien

Je suis atterré par le type de réponse légitimant l'expulsion de la communauté de Christiana.

il y a un problème fondamental qui se pose au Danemark et qui va se généraliser à l'Europe.

La première expérience était la destruction de la maison du peuple au début de l'année à Copenhague, par ces mêmes autorités.
Maintenant c'est Christiana.

Ces « problèmes » de drogues, de terrains sont des écrans de fumées, ( sorry) qui masquent la décision du pouvoir en place de tuer tout type de mouvement alternatif, cad libre !

Le Monde diplomatique indiquait encore comment les différentes polices européennes avaient envoyés des « observateurs » durant les évènements de la maison du peuple !

Ils passent simplement à la vitesse supérieure avec Christiana.
Et donc cela va se généraliser.

Je souhaite à tous les défenseurs de la propriété privée qui se sont exprimés ci-dessus en faveur de la destruction de Christiana de se faire expulser pour raison d'Etat.
Je serai aussi là pour les défendre, mais désolé, il y aura d'autres égoïstes qui penseront comme vous et qui trouveront normal que votre maison soit détruite…

N'oubliez pas non plus que le Danemark est simplement en avance sur la France quant au nombre de personnes votant Extrême droite.
Les caricatures, cela vient de chez eux.
Votre Elu Sarkho va aussi faire le ménage.

Les pensées alternatives, mode Christiana, conso alternative, logement sur terrain communal…

35 ans d'autonomie écrasés par le Capital !

La liberté de penser et le droit au logement d'usage doivent passer avant la décision d'une ville temporairement de droite.
On dirait Orange et la destruction des livres de bibliothèque.

J'ai visité Copenhague il y a deux ans, Christiana en était un des poumon vert et développait un habitat intégré et harmonieux.
Je pensais faire découvrir cette ville, à mon amie, qui me rappelait tant Amsterdam.

Un patrimoine de plus qui disparaît sous la botte noire des promoteurs alliés aux empêcheurs de vivre librement.
Une famille en moins dans ce futur enfer, bientôt aussi chez vous !

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code