Le bilan de l'ex-président tel que le voient les correspondants de la presse étrangère à Paris. Et la vidéo du départ de l'Elysée. La vidéo de la passation de pouvoir • L'opinion de Zheng Ruolin, journaliste au Wen Hui Bao de Shanghaï • Randa Takieddine, journaliste à Al-Hayat • Quentin Peel, du Financial Times. • L'édito audio de Pierre Haski.

Ceux qui veulent faire plaisir à Jacques Chirac tout en restant lucides opposent le néant de son bilan intérieur à la richesse supposée de son action internationale. L'histoire retiendra en effet quelques grandes intuitions : une posture morale et militaire en ex-Yougoslavie aux débuts de son premier mandat, une certaine constance au Proche-Orient et, bien sûr, le refus de suivre George W. Bush dans sa désastreuse aventure irakienne, symbolisé par le discours de Dominique de Villepin aux Nations unies.
Mais on y ajoutera nécessairement le recul du poids de la France en Europe, incarné par l'échec du référendum de 2005, un net reflux en Afrique, où une vision archaïque fait face à la concurrence américaine et chinoise, des compromissions peu glorieuses avec la Tunisie de Ben Ali, des complaisances inutiles comme avec la Chine, ou encore avec Vladimir Poutine, malgré la Tchétchénie et un autoritarisme croissant.
Chirac, assurément, a voulu être un dirigeant à l'échelle mondiale. Mais une absence de cohérence et de constance, l'affaiblissement progressif de la France et une confusion entre respect de la diversité culturelle et complaisance culturaliste, ont fait de ces douze années de règne chiraquien une période ambigue pour le rôle de la France dans le monde.
L'Irak restera assurément, avec le recul, le moment le plus fort. Jacques Chirac a évité le piège dans lequel Tony Blair est aveuglément tombé, au point de quitter prochainement le pouvoir décrédiblisé alors que son bilan personnel est assurément plus riche que celui du président français. Mais la France n'a eu, dans cette affaire, qu'une capacité à dire « non », ce qui est déjà beaucoup, mais sans effet sur les événements au-delà d'avoir évité aux soldats français de mourir pour Halliburton et autres intérêts privés américains liés aux néo-cons de l'administration Bush.
Comment expliquer, dès lors, cette image internationale positive de Jacques Chirac, comme en attestent deux correspondants étrangers basés en France et auxquels nous avons demandé un bilan du président sortant. Randa Takieddine, du plus grand quotidien panarabe Al-Hayat, et Zheng Ruolin, du quotidien de Shanghaï Wen Hui Bao, témoignent tous deux d'une aura forte de Jacques Chirac au-delà de l'Europe, en l'occurence sur ses terres de prédilection moyen-orientale et asiatique. Même le témoignage, plus nuancé, bien plus critique, de Quentin Peel, commentateur du Financial Times de Londres, vieux routier des questions eruopéennes, témoigne du respect qu'a pu inspirer, à certains moments, le président sortant.
Un jugement qui prend d'autant plus de relief que se pose, à partir d'aujourd'hui, la question des choix et des orientations de Nicolas Sarkozy, qui tant par son style que sur le fond, tranche avec l'universalisme de Jacques Chirac. Il lui faudra déployer beaucoup d'efforts pour se débarrasser de l'ombre encombrante de son prédécesseur.

A voir :
Nicolas Sarkozy prend possession de l'Elysée
La passation des pouvoirs filmée par Julien Martin.

A lire :
Le dernier vrai tiers-mondiste français
Par Zheng Ruolin, journaliste au Wen Hui Bao de Shanghaï.

A lire :
Le monde arabe séduit par la « chaleur » de Chirac
Par Randa Takieddine, journaliste à Al-Hayat.

A lire :
Pas de larmes en Europe pour Jacques Chirac
Par Quentin Peel, journaliste au Financial Times.

A écouter :
Après l'inaction, l'hyperactivité ?
L'édito audio de Pierre Haski.


























13
(Pour réagir, connectez-vous)
De sigismund
12H13 | 16/05/2007 |
c'est vrai que plus qu'à l'interieur, c'est le Sarkozy à l'exterieur qui me fait le plus peur…
De
12H16 | 16/05/2007 |
Anarkeur et Menteur. mais apparement deux qualités de nos politiques.
Je l'ai déja écrit sur un autre site et donc. vive le copier-coller.. en quelque sorte, la même chose avec notre sortant-rentrant qui a toujours été là..
Pour Chirac…
Il a bien mené sa barque, il va pouvoir cumuler des fonctions et sa retraite pour « gagner plus » sans forcément « travailler plus ».. ce n'est pas mon cas et ni le cas de milliers de citoyens, qui suite à son hold up , obligé de voter pour sa « pomme », sont décus de sa non prise en compte de leurs envies naturelles.. « Travailler pour vivre et non Vivre pour travailler », un vrai traitement de la « Fracture Sociale »
Pour moi, c'est le Roi des Arnaqueurs et en plus il nous a mis dans les pattes Monsieur Sarkozy.
J'espère que Monsieur Chirac vivra assez longtemp pour, je ne l'espère pas, voir les dégats engendrés pas son manque de courage « Social » lors de son dernier mandat..
Toute ma prose est tourné vers le social.. moi ! la politique Etrangère m'est étrangère. ce ne sont que des leurres.
Ce servir des autres pays comme épouvantail ou modèle à suivre. du pipeau.. de la flûte.
Bonne Retraite. Monsieur Chirac. moi la mienne .. je suis pas sure d'en profiter.. comme beaucoup d'autres de mes compatriotes
M…. en cinq lettres je dis…
De NicolasB
Lycéen à Paris | 16H58 | 16/05/2007 |
Monsieur Haski
A mon avis, avoir refusé de participer à la guerre en Irak est lâche d'un pays comme le notre. Non, je ne suis pas pour la guerre en Irak, mais, hélas, les Etats-Unis n'ont pas su qu'une telle situation les attendrait. On ne peut pas tout prévoir. Là n'est pas la question ; même si les français sont en grande majorité contre la guerre en Irak, il aurait été plus judicieux de contribuer en Irak en envoyant les soldats Français. Certes, la situation est catastrophique en Irak, mais sachez que les Américains ont sauvé la France durant la deuxième guerre mondiale. Sans eux, on ne vivrait pas dans un démocratie qui --v ous ne pouvez pas me le reprocher -- serait fort dommage. Ne pas avoir approuvé d'envoyer nos forces en Irak est à la fois décevant. Les Etats-Unis nous ont aidé, le minimum serait de les aider également que la décision soit approuvée ou pas par le peuple Français. Reste maintenant à savoir si on aura l'aide des Etats-Unis pour une éventuelle guerre sur le territoire Français -- probablement n'arrivera-t-il pas de guerres mais on ne sait jamais…
à NicolasB
De
17H46 | 16/05/2007 |
Je ne vois pas le rapport entre la situation catastrophique de l'irak et le fait qu'on aurait dû aider les américains à établir cette catastrophe.
Premièrement, ce n'est pas avec quelques soldats que cette aide eut été précieuse pour les américains. Deuxièmement, cette aide aurait tout simplement légitimer un peu plus une guerre illégitime (faux rapports sur les armes massives).
Quant au fait qu'on aurait dû aider les américains sous prétexte qu'ils sont venus nous aider à la fin de la deuxième guerre mondiale, cet argument me parait léger. En effet :
1) les USA n'étaient pas menacés dans leur territoire dans leur guerre contre l'IRAK.
2) Ils sont moins venus nous aider durant la deuxième guerre mondiale pour nous libérer que pour s'assurer des marchés à leur économie et surtout, contrer le vainqueur probable qui commençait à gagner : l'URSS, le vrai grand ennemi des financiers US. L'idée d'un rideau de fer sur les côtes atlantiques ne plaisait pas aux USA.
3) l'argument qu'on aurait dû les aider parce qu'ils sont venus nous libérer tombe à l'eau si on se souvient que l'aide de la France fut déterminante durant la guerre d'indépendance US et pour quelle gain ? Rien…
De
22H41 | 16/05/2007 |
Je ne vois sincèrement pas ce que la deuxième guerre mondiale a à voir avec celle en Irak.
De plus il est certain que la France aurait eu une histoire moins démocratique sans l'aide des Etats Unis durant cette guerre, quoi qu´en furent les raisons. Sans leur intervention, les Etats Unis auraient étés le dernier grand pays démocratique au monde. Ils auraient étés totalement isolés. Leur intérêt n´était donc pas purement économique.
De
12H35 | 17/05/2007 |
Si les démocraties n'avaient de relations qu'avec les démocraties, il y aurait beaucoup moins d'ambassadeurs de par le monde. Par ailleurs, il me semble que les démocraties s'accommodent très bien des pouvoirs forts. C'est sans doute pour cela que le grand père du président actuel des USA était le banquier secret d'un certain Adoph Hitler et il ne fut pas le seul. Un certain Ford à Chicago a reçu une belle médaille pour « service rendu au troisième Reich ».
Enfin, si les USA étaient les champions de la divulgation et du soutien des démocraties, j'ai alors du mal à comprendre comment se fait-il que la CIA ait soutenu et organisé le coup d'Etat de Pinochet (dictature) contre Allende (élu démocratiquement) et comment se fait-il que la même entreprise fut, selon toute vraisemblance, tentée contre Chavez en 2002 ? Les USA ne sont pas les seuls. La France sait aussi jouer à ce jeu là.
Quoi qu'il en soit, si c'était pour la démocratie que les USA sont venus nous aider,
1) Pourquoi n'ont-ils rien fait pendant la débâcle française et anglaise de 1940 ?
2) Pourquoi n'ont-ils rien fait contre le gouvernement fasciste de Pétain ? (qu'ils ont toujours préféré à De Gaulle).
3) Par ailleurs, ils ne sont pas venu, c'est Hitler qui est allé les chercher en leur déclarant la guerre le 11 décembre 1941.
4) Enfin, pour des gens qui voulaient nous aider, ils avaient bien prévu de faire de la France un AMGOT (Allied Military Government of the Occupated Territories) comme en Allemagne.
La défense et le soutien de la démocratie est un justificatif, certes, mais rarement l'explication. Chirac a donc eu entièrement raison de ne pas rentrer dans le jeu de Bush et d'exposer de nouveaux les soldats français aux obus à l'uranium enrichi de nos alliés américains.
De NicolasB
Lycéen à Paris | 16H59 | 16/05/2007 |
Monsieur Haski
A mon avis, avoir refusé de participer à la guerre en Irak est lâche d'un pays comme le notre. Non, je ne suis pas pour la guerre en Irak, mais, hélas, les Etats-Unis n'ont pas su qu'une telle situation les attendrait. On ne peut pas tout prévoir. Là n'est pas la question ; même si les français sont en grande majorité contre la guerre en Irak, il aurait été plus judicieux de contribuer en Irak en envoyant les soldats Français. Certes, la situation est catastrophique en Irak, mais sachez que les Américains ont sauvé la France durant la deuxième guerre mondiale. Sans eux, on ne vivrait pas dans un démocratie qui --v ous ne pouvez pas me le reprocher -- serait fort dommage. Ne pas avoir approuvé d'envoyer nos forces en Irak est à la fois décevant. Les Etats-Unis nous ont aidé, le minimum serait de les aider également que la décision soit approuvée ou pas par le peuple Français. Reste maintenant à savoir si on aura l'aide des Etats-Unis pour une éventuelle guerre sur le territoire Français -- probablement n'arrivera-t-il pas de guerres mais on ne sait jamais…
à NicolasB
De Pierre Haski
(auteur)
9
Rue89 | 18H37 | 16/05/2007 |
Je ne suis pas d'accord avec vous : nous avons évidemment une dette historique vis à vis des Etats-Unis, mais cela justifie-t-il un engagement automatique dans un conflit même si on est en désacord fondamental ? Vous dites on ne pouvait pas tout prévoir : mais les Français, et pa seulement eux, avaient mis en garde les Etats-Unis contre le risque d'implosion de l'Irak entre ses communautés chiite, sunnite et kurde. Même Bush père n'avait pas été jusqu'à Bagdad lors de la première guerre du Golfe pour cette raison. Ce n'est pas de la lacheté de ne pas y être allé : c'est du bon sens. Et c'est assurément l'honneur de Chirac d'avoir tenu bon sur son refus. Et de se demander ce qui se serait passé si Sarkozy avait été président à l'époque… PH
De
17H05 | 16/05/2007 |
N'importe quoi.
Aider pour aider et bafouer ainsi les valeurs fondamentales de la République ? Chirac a eu raison, ce n'est pas de la traitrise mais de la moralité…
Bel article Mr Haski ; )
De
17H23 | 16/05/2007 |
Certes les Etats-Unis ont sauvé la France pendant la Seconde-Guerre mondiale, mais l'URSS, et donc la Russie, ont fortement contribué à la défaite des forces de l'axe. Si, si, il suffit pour s'en convaincre de se remémorer le lourd tribut humain payé par ce pays.
Si je devais poursuivre votre raisonnement, la France devrait donc dépêcher des troupes en Tchétchenie pour aider à son tour son allié ?
De
17H44 | 16/05/2007 |
Certes, Jacques Chirac a démontré certains talents en matière de politique étrangère, que je modulerai quand a son action partisane en Afrique, se faisant le digne successeur des Focard, « papa m'a dit » et autres « princes consorts »,entretenant quelques petits despotes locaux ; mais « tonton » n'en a t'il pas fait de même ;
Dificile sujet, et quand a savoir comment s'en sortira, « nicholas le petit », tant machiavelique, il semble être, j'imagine qu'il a potassé son sujet et la sollicitation de kouchner, et de Védrine, pourrait être un début d'explication.
Il semble vouloir surprendre son monde, s'affranchir des idées toutes faites, mais n'est ce pas déjà un chant du cygne .
Chassez le naturel……..
Il cadenasse, il prepare le terrain, il a du talent, il a magnifiquement labouré son champ.Un exemple qui ne vous a pas échappé, la nomination de son directeur de campagne adjoint Laurent Soly chez son copain Bouygue.
D'autre part, voici ma pensée intime sur le personnage.
l'effet papillon.
À cause du clou, le fer fut perdu
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou.
Une réaction en chaîne est une réaction dans laquelle un des agents nécessaires à la réaction est produit lui-même par la réaction, causant des réactions additionnelles.
De trahisons en trahisons, de lâchetés de ports en ports, ils vont tout nous faire nos chers élus.
Le petit Nicholas aura réussi son travail de sape et de destruction de quatre partis politiques.
Les Valoisiens, les radicaus de gauche, le front national, et le PS.
Quel talent !
De
17H45 | 16/05/2007 |
Ce que je retiens de Chirac c'est justement le fait d'avoir refusé la guerre en Irak : chapeau Monsieur Chirac d'avoir tenu tête aux américains et cela n'a rien avoir avec la deuxième guerre mondiale. Ne mélangeons pas tout. On a pu les remercier autrement. Et Bush est un homme dangereux, on n'est pas obligé de tout acquisser…On peut être lucide c'est tout. Sur ce coup la France a été plus lucide que les USA, les anglais, les espagnols… et par son courage elle a été respectée par beaucoup de gens à l'intérieur de son propre pays mais également en dehors de nos frontières.
Bravo au discours tenu devant l'ONU par Monsieur Dominique de Villepin contre cette guerre, j'étais tellement fière à ce moment là d'être française !
Car l'Irak c'est vraiment la Bérézina …
GBG
De L-Ermite 1645
23H25 | 16/05/2007 |
Je crois surtout que si Jacques Chirac n'a pas voulu suivre les Américains dans l'aventure Irakienne ,c'est surtout parce qu'il redoutait les révélations que pouvait faire Sadam sur ses magouilles (dessous de table, pots de vin etc …)et j'ai bien peur qu'il n'ait craché le morceau aux Amerlocs pendant sa détention avant sa pendaison ,donc si mon hypothèse est juste ,et comme Sarko devait être dans le coup ,ils les tiennent par les c…… Comment on l'appelle déjà ,Sarko l'Américain ? ? ? ?