Le Crif doit s'ouvrir aux critiques de la politique israélienne

Richard Prasquier, conseiller du président sortant, Roger Cukierman, qui avait déjà accompli deux mandats, a été désigné pour trois ans président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en recueillant au second tour 77 voix. L’élu, cardiologue, âgé de 62 ans, préside aujourd’hui l’association Yad Vashem France, qui représente le mémorial dédié à la transmission de la mémoire de la Shoah en Israël. Il préside également la commission de solidarité au sein de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, une institution dont le poids est croissant dans le paysage communautaire juif, d’autant qu’elle y est une importante pourvoyeuse de fonds. Symboliquement, les fonctions associatives de M. Prasquier renvoient ainsi aux deux plus forts marqueurs identitaires des juifs de France que sont la mémoire de la Shoah et Israël.
Le Crif, qui se qualifie de "voix officielle et politique" de la communauté juive, regroupe 63 associations dont les 171 délégués élisent le président et le comité directeur. Fondé en 1944 en clandestinité et rassemblant les différentes composantes de la judaïcité française, il est traversé dans les années 1950 par diverses tensions, dont celle autour de la formule à adopter quant à Israël. On se contentera finalement d’une expression de sympathie sans toutefois préciser s’il s’agit d’une sympathie agissante. Une de ses missions fut et reste le combat contre l’antisémitisme.
Les changements que connaît le judaïsme français, surtout après l’arrivée des juifs d’Afrique du Nord à partir de la fin des années 1950, marquent également petit à petit cette institution qui sort de sa réserve à l’image des nouveaux-venus qui clament haut et fort leur appartenance. Leur parentèle nombreuse en Israël renforce leur fidélité à ce pays qui se manifeste ouvertement et sans complexe.
La seconde intifada se répercute hors des frontières d’Israël, et particulièrement en France où juifs d’Afrique du Nord et Arabo-musulmans se côtoient dans les banlieues d’un pays où les deux communautés, juive et musulmane, sont les plus importantes d’Europe. Incivilités et actes antisémites se multiplient et inquiètent les juifs de France en faisant remonter à la surface les stigmates des années de guerre et ceux de l’exil des terres d’islam. Ce sont les couches les moins favorisées parmi eux qui subissent ces tensions au quotidien, tandis que le Crif, au lieu de calmer les esprits, confond la défense d’Israël et le combat contre l’antisémitisme, en 2002, à un moment où le gouvernement d’Ariel Sharon appelle les juifs de France à émigrer en Israël... Si l’antisémitisme touche les juifs, le racisme n’épargne ni les Noirs, ni les Maghrébins, ni les Français d’origine maghrébine, l’un bien sûr ne justifiant pas l’autre. Mais à la veille des élections présidentielles de 2002, la campagne de la droite surfe sur l’insécurité. L’antisémitisme s’y invite, ce qui fait basculer le vote juif à droite, d’autant qu’on reproche au gouvernement Jospin d’avoir sous-estimé l’antisémitisme montant.
Au lieu de laisser se rejouer en France le scénario proche-oriental, le Crif aurait pu créer des ponts avec les Arabo-musulmans pour endiguer l’antisémitisme, et ne pas séparer la lutte contre l’antisémitisme de la lutte contre le racisme. On peut dire la même chose en ce qui concerne le devoir de mémoire juif, qu’on a longtemps isolé des devoirs de mémoire d’autres groupes qui s’inspirent de celui des juifs pour formuler le leur. Encore aurait-il fallu pour cela ouvrir le Crif aux voix associatives plus critiques sur la politique israélienne afin de créer un équilibre qui aurait peut-être pu épargner aux juifs de France pas mal de déconvenues.
Les déclarations de Monsieur Sarkozy sur une France qui n’aurait pas commis de génocide et qui aurait colonisé pour apporter la civilisation, sur une France qui dit non à la repentance, risquent de faire paraître outrancières toutes les revendications mémorielles, et le thème montant de l’identité nationale y contribuerait largement. Espérons qu’elles resteront paroles électorales sans lendemain. Mais si c’est le contraire qui se passe, les juifs pourraient pâtir de cette situation parce que la mémoire juive occupe une place importante et qu’elle va être bousculée par celles qui ne réussissent pas à occuper le terrain.
Les juifs ont connu les ravages de l’identité nationale exaltée par Vichy et ils ne devraient pas au final se laisser enivrer par ce genre de mythologie. Ils continueront à vivre en France pour leur grande majorité et c’est à leurs dirigeants, y compris les nouveaux élus, de mettre au point les stratégies qui empêcheront de les couper du reste de la France. Convenons qu’une immense tâche attend le nouveau président du CRIF, s’il décide du moins de s’engager dans la voie de la modération et de la sagesse, qui ne fut pas toujours celle suivie par son prédécesseur.


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Courageux anonyme
01H32 14/05/2007

Rare sont les articles qui osent formuler ce genre de conseil/reproche au crif. Bravo!

 
09H39 14/05/2007

... ah! les juifs "honteux"... et madame Bensassa fait partie de ceux-là... affligeant.

 
09H57 14/05/2007

Sorry pour la faute d'orthographe du nom de madame Esther Benbassa... Une "historienne" qui ne manque jamais une occasion de taper sur Israël.

 
Courageux anonyme
16H51 15/05/2007

Mme Benbassa a le courage de ses opinions même si elle ne peut pas sans doute aller aussi loin qu'elle le souhaiterait. La honte est que justement on ne puisse pas entendre plus de voix courageuses s'élever contre ce qui se passe dans les Territoires occupés. Les Juifs ont-ils perdu toute fierté pour laisser leur gouvernement bombarder sans distinction un peuple ou pratiquer un apartheid honteux en construisant le mur de la haine?

 
Courageux anonyme
14H22 24/07/2007

en quoi l'article de Madame Benbassa fait-il part d'une quelconque honte?

 
Courageux anonyme
13H52 14/05/2007

Bravo pour cet article et ce courage.

 
Courageux anonyme
22H37 14/05/2007

Cher Courageux anonyme,
replongez vous dans la litterature "journalistique" du début des années 2000 et vous serez agréablement surpris de voir à quel point les "articles" comme vous dites ont bien osé...dire et redire ceci et bien d'autres choses encores sur ladite communauté juive

Cordialement
MAZ

 
14H21 13/09/2007

Paranoïa chez les fafs dieudonnistes http://antikemite.blogspot.com/

 
Courageux anonyme
01H37 14/05/2007

Bonsoir,

Le crif a félicité sarkozy et la Ligue des droits de l'homme est intervenue pour la deuxième fois de son histoire à voter contre sarkozy chercher l'erreur, peut-être que le Président du crif qui affiche une position anti arabe, et qui traite la gauche de bruns antisémites (c'est ce qu'on se prend comme argument quand on est pas d'accord sur le traitement des palestiniens colonisés !)
Le Crif a trouvé en sarkozy un allié, comme Bush et le 1er Ministre d'israelien qui se sont empressés de les féliciter ,

Mais Dieu soit loué le petit le pen ligth ne fera pas de mal aux juifs

Communiqués
Le CRIF félicite Nicolas Sarkozy
06/05/07

- - Thème: Politique
Roger Cukierman, le président du CRIF a adressé à Nicolas Sarkozy ses « plus respectueuses et chaleureuses félicitations » pour son élection à la présidence de la République française.

Roger Cukierman écrit dans le message qu’il a adressé à Nicolas Sarkozy : « Les prises de position que vous avez exprimées, sont porteuses d’espoir pour une France qui doit se réconcilier avec elle-même. J’y ai été sensible et j’ai compris que vous aurez à cœur de porter haut les valeurs françaises qui nous sont chères, celles d’une République qui permette à chacun de ses citoyens de s’inscrire dans un ensemble de valeurs respectueuses de tous, et ne laissant aucune place à l’intolérance, le racisme et l’antisémitisme
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> 11 avril 2007 - Election présidentielle
Adresse de la Ligue des droits de l’Homme aux électeurs avant le premier tour de l’élection présidentielle

Il s'est fait remarquer par un discours lors d'un dîner avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, discours qui avait suscité une polémique, en janvier 2003 : lors d'un dîner du CRIF, le 27 janvier 2003, Roger Cukierman a dénoncé une « alliance brun-vert-rouge » antisémite, provoquant le départ de la salle de Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts.
Dans le quotidien israélien Haaretz du 23 avril 2002, le président du CRIF, Cukierman, s'était réjoui du succès de Le Pen au premier tour de la présidentielle, en y voyant selon ses termes un motif d'espérer que les musulmans de France se tiendraient tranquilles.

Dans le même quotidien Haaretz du 26 septembre 2001, Cukierman déjà président du CRIF annonce : "Lorsque Sharon est venu en France, je lui ai dit qu'il est essentiel de créer un ministère de la Propagande, comme Goebbels".

Communiqué de la LDH

La LDH a posé à huit candidats à l’élection présidentielle (après avoir exclu les candidats d’extrême droite de Villiers et Le Pen ainsi que les candidats de lobbies Nihous et Schivardi) 55 questions sur les droits de l’Homme, la démocratie et la citoyenneté.

Sept des huit candidats ont répondu (F. Bayrou, O. Besancenot, J. Bové, M.-G. Buffet, A. Laguiller, S. Royal et D. Voynet).

Un seul, Nicolas Sarkozy, a attesté par son silence son désintérêt pour les droits de l’Homme et/ou son incapacité à se prêter à une évaluation indépendante ; la LDH s’est donc appuyée sur ses déclarations publiques pour comparer ses orientations à celles de ses concurrents plus attachés au dialogue avec les citoyens.

Sur la base de son questionnaire, dans lequel les questions sont affectées d’un coefficient en fonction de leur importance, la LDH a évalué les réponses des candidats afin de déterminer leur indice d’attachement aux droits de l’Homme. On trouvera ci-après les scores (sur 70 points) des huit candidats interrogés :

La LDH appelle les citoyennes et les citoyens à prendre en compte, dans leur choix, cette mesure de l’importance donnée aux droits de l’Homme dans les positions réellement prises par les candidats, et en particulier leur degré d’engagement réel sur les questions :

Ø de libertés (abrogation des lois sécuritaires votées depuis 2002 ; arrêt de la militarisation de l’emploi de la police et instauration d’une police de proximité ; restauration de la présomption d’innocence et des droits de la défense pour tirer les leçons de l’affaire d’Outreau ; etc.) ;

Ø d’égalité (égalité professionnelle entre femmes et hommes ; droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers non communautaires ; abrogation du CNE et lutte contre les contrats de travail précaires ; rétablissement de l’égalité territoriale dans les « quartiers » et dans les zones rurales ; etc.) ;

Ø de solidarité (abrogation des lois xénophobes votées depuis 2002 ; régularisation des parents d’enfants scolarisés ; instauration d’une Sécurité sociale professionnelle ; mesures concrètes pour mettre en œuvre le droit au logement opposable, notamment en contraignant les communes riches à construire des logements sociaux ; construction d’un droit social européen selon la méthode de l’harmonisation progressive par le haut et négociation de conventions collectives européennes ; annulation immédiate de la dette des pays du Sud ; etc.).

Elle forme le vœu que cette élection permette de rompre avec cinq années de régression des libertés, de stigmatisation des personnes en difficulté et de recul des droits sociaux.

http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1445

 
02H34 14/05/2007

merci Mme Benbassa de cette opinion sensible. L'attitude de la diaspora juive est alarmante partout dans le monde pour son support inconditionnel à Israel. C'est à la fois dommageable pour les juifs dans leurs pays de résidence et pour Israel qui n'arrive pas à trouver le chemin de la paix. C'est une dynamique malsaine qui constitue le principal obstacle (pas le seul) à la paix au moyen orient.

 
09H22 14/05/2007

" dynamique malsaine" de soutenir Israël?.. tiens, j'ai déjà entendu ça... et bien oui, je soutiens Israël... tout en restant vigilante et critique sans être "malsaine"!!!

 
Courageux anonyme
10H48 14/05/2007

Il me semble que tu fais un raccourci : dans le commentaire auquel tu réponds, il est question du "soutien inconditionnel" en tant que dynamique malsaine, que tu remets toi même en cause en restant "vigilante et critique" - ce qui est tout à ton honneur ;-)
D'ailleurs, en matière de soutien, ce n'est pas de l'épauler dans ses dérives qui mènera cet état très loin. Je pense qu'il a besoin de gens comme toi, qui l'aiment, mais qui s'efforcent de rester objectifs.

Personnellement, je n'aurai pas de sympathie pour lui tant qu'il se comportera en puissance occupante. Ce qui peut évidemment changer en fonction de son comportement...

 
Courageux anonyme
03H29 14/05/2007

...Mme Benbassa oublie le combat pour le Darfour ou le dialogue des mémoires avec les Tutsis qui a été engagé par des associations communauaires ! Elle oublie également le compagnonage avec le CRAN ! Et la création de l'Amitié Judéo-Musulmane avec un travail pédagogique et culturel ! Il aurait été honnête de sa part de sa part d'en rendre compte ! De même que les revendications d'une partie de certaines communautés qui s'autoproclame Indigènes s'est fait sur le mode d'une relativisation du génocide juif et d'une détestation du sionisme qui va jusqu'au soutien au Hamas et au Hezbollah !

Espérons donc, en effet, que la voie de la modération, et surtout de la laicité, souffle à nouveau, chez les uns comme chez les autres !

Amen !

Katre

 
Courageux anonyme
09H25 14/05/2007

Esther, on t'aime !

Et que ça fait du bien de te lire.
Il semble pourtant évident que le soutien inconditionnel affiché par le CRIF à l'égard d'Israël ne fait que propager l'amalgame (faux dans l'absolu) que juif équivaut à pro-israélien à tout prix. D'autant plus que le CRIF prétend s'exprimer au nom de toute la "communauté".
Quand on associe une communauté dans son ensemble à des violations flagrantes du droit international, on déclenche bien sûr une animosité à l'égard de celle-ci.
En clair, le CRIF, dirigé qu'il était par M. Cukierman, était l'un des plus puissant générateur d'antisémitisme du paysage français.
Souhaitons que son successeur sache trouver une position plus objective... et que l'on regrette la présidence de M. Théo Klein !

 
Courageux anonyme
11H19 14/05/2007

Bon plusieurs choses
En premier lieu, le soutien à Israel du CRIF, qui certe se comprant, mais quand on soutien la memoire de la choa comment peut-on soutenir un pays colonisateur et si peut ouvert aux autres communautés, je pense que le Crif devrait prendre ces distances avec l'etat d'Israel et devrait pleinement s'integrer dans un prossessus de paix qui pour moi est la seul solution au proche-orient
(je pense que la Choa est le parfait exemple qui ne faut jamais entretenir la haine contre qui que se soit)
En second, le racisme en france (racisme et antisemisme pourquoi faire le distinguo), le Crif ne doit pas seulement denoncer le racisme mais plutot lutter contre se phenomene qui pourri notre planete en se rapprochant "des francais d'origine" mais egalement des communautés musulmanes (d'ailleur c'est valable pour eux aussi), je trouve qu'on parle beaucoup de racisme mais que l'on entretien cette etat en favorisant le communotarisme.
Voila et désolé pour les fautes
Sinon pour finir, pour ma part je suis haté et quand je vois que TOUTES les religions soit disant ouverte d'esprit et luttant pour le bien de l'humanité, et bien je suis fière d'être hatè, et tous cela me fais sourrire. Apres tout chaqu'un est libre de ca religion certe mais laissons chaqu'un de nos congènére avoir sa propre croyance.

 
Courageux anonyme
14H09 14/05/2007

Shoa, avec un S ... pas avec un C ;-)

 
12H48 14/05/2007

erwana : c'est exactement ce genre d'attitude, "qui n'est pas avec nous est contre nous", qui conduit aux reactions extremes... et aux courses à la victimisation. Pourquoi ce besoin de se considerer à part, même dans la souffrance ?

 
11H58 15/05/2007

Les Semites sont des peuples qui parlent des langues de Semitic; le groupe inclut des Arabes, Araméens, juifs, et beaucoup d'Ethiopians. Dans un sens biblique, Semites sont des peuples dont l'ascendance peut être tracée de nouveau à Shem, le fils le plus âgé de Noah. Les populations antiques de Semitic étaient des nomades pastoraux que plusieurs siècles avant l'ère chrétienne émigraient dans les grands nombres d'Arabie à Mesopotamia, les côtes de la mer méditerranéenne, et du delta de fleuve du Nil.
Le Semites le plus en avant sont aujourd'hui des Arabes et des juifs. Ils sont différents de beaucoup de manières, et ils ont absorbé une variété de traits européens par des siècles de migration et de commerce. L'origine des langues de Semitic, cependant, et de beaucoup de similitudes dans les histoires de l'Islam et du judaism reflètent une histoire antique commune.
http://mb-soft.com/believe/tfo/semites.htm
Robert Un Fernea

Voila une petite definition qui pourrait rafraichir la memoire de ce qui pensent que l'antisemitisme ne concerne que les juifs! Certains arabes sont des sémites alors l'appropriation du mot anti-semite par certains n'a aucun sens! On ne peut pas avoir le monopole de la souffrance et surtout il n'y a pas de degré dans la souffrance! Le peuple juif est bien placé pour savoir ce qu'est la souffrance pour ne pas reproduire le même schéma! le crif doit s'ouvrir et tenter de se rapprocher de la population musulmane et arabe en general cela renouerai le dialogue et permettrait de changer les choses notamment au proche orient!Ce sont 2 populations tres proches au niveau culturel, religieu et tradition alors pourquoi un tel malaise!???
Ps: denoncer la politique du crif ou d'Israel n'est pas de l'antisemitisme...c'est de la liberté d'expression tout simplement!

Une pensée pour M. Itzak Rabbin...

 
15H33 15/05/2007

Il y en a toujours pour tenter de jouer a l'instituteur en blouse noir en nous rappelant l'etymologie du mot "Semite".
Au risque de les facher, ils n'apportent pas la une information totalement inedite ...
Au risque de les ulcerer, il faut admettre que le terme "antisemitisme" a pris un sens indiscociable du peuple juif.

Sinon, j'ai peut etre mal lu l'article mais le titre me semble bien plus fort et provocateur que ce qu'ecrit Mme Benbassa non ?

PS: Et Athee ne prend pas de H comme premiere lettre !

 
17H43 15/05/2007

"Au risque de les ulcerer, il faut admettre que le terme "antisemitisme" a pris un sens indiscociable du peuple juif."

Pourquoi a-t-il pris ce sens indiscociable du peuple juifs ? a l'initiative de qui ? et pour quelles raisons ?

 
Courageux anonyme
14H35 24/07/2007

faut admettre qu'il est d'autant plus étrange que "les" juifs se soient approprié le mot "sémite" que ce mot désigne, ethymologiquement, un peuple (une ethnie? je ne sais pas quel est le mot le plus approprié pour la situation) et absolument pas les gens appartenant à une religion, en l'occurence la religion juive. Maintenant souvenons nous tout de même que, comme pour "nègre", ce sont d'abord les anti-juifs qui ont formé ce mot et l'ont définitivement collé aux juifs dans la tentative de racialiser le judaïsme et de différencier les juifs des autres hommes.

 
Courageux anonyme
18H05 15/05/2007

Faire la paix suppose que les deux parties soient prets à cela. Il faut arreter de croire qu'en France, parceque la communauté juive va "jeter des ponts" au lieu de construire des murs, les problémes d'antisémitisme vont se regler. Madame Benbassa est au mieux une douce idéaliste.

 
Courageux anonyme
11H44 16/05/2007

(une chose est sûre : ce président de Yad Vashem-France a le bras long. L'article ci-dessous, affiché sur Indymedia le 12/5 vers 12h, a d'abord été placé en "article caché", puis a... disparu de la liste des articles cachés)
* * *
Une peu ordinaire pantalonnade
L'irruption du président français J. Chirac sur le terrain mémoriel aura eu notamment pour corollaire l'attribution d'un certain nombre de "médailles des Justes", pour les milieux dits gaullistes. Et c'est ainsi que l'on découvre, sur le site web du Comité français pour Yad Vashem : "Le 27 juin 2007, à la Mairie de Boulogne Billancourt (92100) M. Vitor Kuperminc notre délégué, remettra La médaille des Justes parmi les Nations à titre posthume aux ayants droits de Liliane B (...)".
Certes la médaille aurait ici pu tomber plus mal. Celles et ceux qui connurent Liliane savent les qualités de coeur qui étaient les siennes, et dont bien entendu elle fit preuve lorsqu'à la fin de la guerre lui fut confié mon ami Gene Straussman, un enfant juif qui avait pu être exfiltré de la zone d'occupation niçoise, passée en septembre 1943 sous contrôle nazi.
Le problème est ici, que depuis décembre 1941 Liliane était l'épouse légitime du juif Jacques B.
On s'étonne d'avoir à rappeler au Comité français pour Yad Vashem que la médaille des Justes a été instituée pour honorer celles et ceux qui ont accompli un acte de sauvetage (et même deux actes au minimum), LA OU ILS N'AVAIENT PAS DE RAISON DE LE FAIRE PAR AILLEURS : ces termes ne sauraient bien évidemment s'appliquer à l'épouse légitime d'un juif, qui abrite un enfant juif.
Toute aussi lamentable est l'attitude de ces ayants droits, dont je regrette bien de les avoir mis en relations en 2003 avec Gene, et qui en ont profité pour bricoler un dossier à la hâte : car ils font ici jouer à leur parente le rôle de "goye de service" de la famille là où précisément, et avec une absence de préjugé qui lui fait honneur, épouser un juif ne lui avait pas posé problème.
Celles et ceux enfin qui connurent Liliane et qui restent attachés à sa mémoire savent que si elle fut amenée à fréquenter un milieu social aisé, elle avait une sainte horreur de l'imposture : on entrevoit assez bien l'indignation, que lui eût inspirée cette peu ordinaire pantalonnade.
L. Nemeth, Docteur en Histoire contemporaine

 
01H18 22/05/2007

Richard Prasquier, élu à la tête du CRIF depuis une semaine, se présentait hélas comme le continuateur de Roger Cukierman, mais laissons lui le temps d'imprimer sa ligne.

Il y a des formules qui traversent le temps, comme les propos de Clermont-Tonnerre, avocat de l'émancipation des Juifs, à l'Assemblée Constituante le 23 décembre 1789 :
« Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout leur accorder comme individus. Il faut qu'ils ne fassent dans l'État ni un corps politique ni un ordre. Il faut qu'ils soient individuellement citoyens. » (nation est évidemment à prendre au sens de l'époque, à savoir communauté)

Le problème, depuis la formule de Clermont-Tonnerre, c'est que ce sont d'autres citoyens qui n'ont pas joué le jeu, et qui ont déliré de plus en plus face justement à l'intégration des Juifs dans la société.
Et l'antisémitisme a conduit à ce que l'on sait dans les années 30 et 40 du siècle dernier.
Né comme on sait pendant l'occupation nazie, le CRIF a assisté au lendemain de la 2ème GM à la concrétisation du projet sioniste, la création d'Israël, voulu par tout le monde occidental au décours de l'acmé antisémite que fut le génocide juif. Il a eu d'emblée un rapport particulier aux pouvoirs publics.

Seulement, maintenant, les cartes se sont considérablement brouillées avec l'enlisement du conflit israélo-palestinien.
A présent le CRIF, qui se définit comme le « porte-parole de la communauté juive de France auprès des pouvoirs publics », est devenu un lobby tellement influent que son dîner annuel compte depuis une vingtaine d'années tout le gratin des hommes politiques au pouvoir.
Et il utilise cette influence en dépit du bon sens.
Bref, nouvelle ruse de l'histoire, le CRIF est paradoxalement devenu un évident facteur objectif d'antisémitisme.

Ne parlons que du discours de Roger Cukierman, ex-président du CRIF, à l'adresse des représentants du Gouvernement français et des Chambres, physiquement présents, lors du dîner annuel du CRIF. Il y faisait régulièrement le listing de ses prescriptions géopolitiques concernant le Moyen-Orient : Israël, la Palestine, Jérusalem, le Hamas le Liban, la Syrie, et bien sûr l'Iran.
Si cela n'était pas un appel à importer dans le tissu social les conflits géopolitiques qui déchirent le monde, qu'était-ce ?
Si cela n'était pas un appel à convertir en haines inter-communautaires les guerres entre les peuples, qu'était-ce ?
Et après ça, il s'étonnait que, dans les banlieues ou ailleurs, certains aient tendance à confondre Juifs français et Israéliens.
Le CRIF a importé un conflit géopolitique à l'intérieur du débat français, et ensuite, il a reproché aux autres de confondre juifs et sionistes.
JP Sartre avait souligné dans "Réflexions sur la question juive" que c'est l'antisémite qui impose au Juif son identité.
Le Juif devrait se garder de fabriquer, par une attitude symétrique, de l'antisémite.

Autant il n'est pas question de laisser certains musulmans importer en France les conflits géopolitiques ou géoreligieux de la planète, autant il ne devrait pas l'être davantage de laisser certains Juifs le faire, surtout prétendument au nom de tous.

Certes, le CRIF peut choisir d'orienter sa "politique". Ainsi, il y a peu de rapport entre le regretté Théo Klein (Pdt du CRIF de 1983 à 1989) et le regrettable Roger Cukierman (Pdt du CRIF de 2001 à 2007). Disons que Théo Klein est à la sagesse politique par rapport à Roger Cukierman ce que Woody Allen est à l'humour par rapport à Arthur.

Mais il y a un énorme problème : les choses sont instituées au point qu'aucun édile national ne peut courir le risque de ne pas se rendre au dîner du CRIF sans encourir le soupçon d'antisémitisme.
Par conséquent, peut-être Mme Benbassa et d'autres Juifs non communautaristes pourraient-ils, en tant que citoyens français soucieux de paix à l'intérieur de nos frontières, lancer une pétition pour l'abolition du dîner annuel du CRIF.

 
10H52 11/09/2007

Je remarque que, aussi bien vous, Popaul, que Mme Benbassa, utilisez les termes de "Juifs français" ou "Juifs de France". Je suppose que vous souhaitez ainsi désigner les français de confession ou de culture judaïque.
Je pense que vos messages gagneraient en clarté, en tout cas pour le lecteur que je suis, en utilisant les mots de "Français juifs".

En effet, si une institution peut être "juive de France", il me semble, à moi qui suit profondement laïque, qu'une personne physique se doit d'être d'abord définie par sa citoyenneté avant d'être définie par ses croyances ou son appartenance à une communauté.

Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié vos discours, ainsi que le courage de les avoir tenus.

 
Courageux anonyme
19H32 09/06/2007

Je suis juif d'origine hongroise et j aime beaucoup Enrico Macias , je n ai qu'un défaut je vote à gauche.
Quand j ai essayé d expliquer mes reticences vis a vis de Sarkozy a des correligionnaires d'un certain âge, ils m ont regardé comme ils auraient souri a un handicapé mental qui essaie de converser avec des gens "normaux".

Je precise par ailleurs que le soutien a Sarkozy ne suit pas obligatoirement un soutien inconditionnel a Israel. Melanger sarkozy et Israel comme le font certains commentaires ci dessus est stupide et sans fondement.

 
Courageux anonyme
10H54 15/06/2007

Il faut croire que nous n'avons pas les mêmes amis juifs, 19H32 : en effet autour de moi ce n'est que dégoût, à la fois pour le nommé Sarkozy, et pour tout ce qu'il peut représenter.
L. Nemeth

 
Droite Republicaine | Etudiant, NYC
07H16 11/09/2007

Toujours aussi nulle la Benbassa!
Qu'elle retourne donc soutenir ses amis du Hezbollah!

 
Courageux anonyme
23H24 11/09/2007

le Crif est elu par 63 associations ? faut voir ces associations....vas y que je te récolte de l'argent pour des arbres, vas y que je te récolte de l'argent pour les juifs de Russie (que l'Allemagne subventionne ce domaine...par paquets de millions..), vas y que je te récolte de l'argent pour un oui ou pour un non, mais certainement pas pour le bien des juifs qui eux, n'ont pas voté pour le Crif...j'en suis la preuve.

La religion, laissons la en privé, chez soi et qu'elle ne sorte pas de nos 4 murs. Le Conseil Juif qui fait de la politique à tous niveau UNE HORREUR qu'on subi trop en Allemagne et qui nous sort par les oreilles du matin au soir.

LAICTE pure et simple - politique sans religion - contre les abus, il y a la justice. On s'en fout des Cukierman ou des Prasquier, de quel droit ils parlent en notre nom ???????