Un système proche de celui que le maire de New York met en place a été expérimenté avec un certain succès en Angleterre : « l'Educational Maintenance Allowance ». Explications d'Eric Maurin, économiste et sociologue français, directeur de recherche à l'École des hautes études en sciences sociale : « Pour lutter contre les sorties précoces sans qualification des adolescents dès la fin de la scolarité obligatoire les anglais ont expérimenté un système d'aides aux familles pauvres ayant un adolescent encore scolarisé, aides conditionnées à l'assuidité et à l'obtention des qualifications en fin d'année. L'ordre de grandeur est d'un tiers de Smic (s'il reste à l'école, est assidu, et réussi à peu près). Cela a l'air de marcher : les régions pilotes ayant essayé le système voient les taux de départs du système éducatif précoces diminuer et la généralisation de ce dispositif est à l'étude. Personnellement je serais également partisan de l'expérimentation de ce type de réforme en France. Notre système de bourse n'est pas assez ciblé par rapport au système anglais : un nombre très important de familles touchent des bourses ridicules, quand ce qui semble faire la différence c'est quelque chose de plus substantiel sur les familles vraiment en difficulté. »
ERIC MAURIN (économiste)
En Angleterre aussi, des bourses récompensent l'assiduité
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De
21H48 | 15/05/2007 |
Eh bien,je pense que c'est à essayer.Pour certains ado,cela peut diminuer une éventuelle culpabilité « à couter cher » à la famille.Cela existe,j'en connais un !
Pour les autres,ce peut être vu comme une sorte de rémunération du travail fourni à l'école.Comme nous disons souvent,tout travail mérite salaire.
Et je suis tout à fait d'accord pour dire que le système des bourses en France est à revoir complètement.
Je trouve qu'on devrait aussi permettre et faciliter 1 mois de travail l'été à partir de 16 ans,pour des raisons pédagogiques.Que le jeune se rende compte par ex de ce que son père ou sa mère fait toute le journée,et si cet argument n'est pas nécessaire,pour tout simplement motiver le jeune à travailler en lui faisant faire comme cela un pppppppetit boulot d'été peu qualifié,cela peut le motiver pour avoir envie de ne pas faire cela toute la vie,donc travailler plus à l'école et bien sûr avoir de l'argent de poche.
Evidemment si les deux parents sont sans travail,c'est plus difficile.
Je suis au chomage depuis deux ans,et avant deux ans d'arrêt de travail.J'étais infirmière pendant 23 ans,hospitalière,donc l'habitude de travailler dur,de me lever etc.En quatre années chez moi,j'ai perdu la moitié des repères d'une vie normale.C'est terrifiant comme cela va vite.
Je pense aux jeunes qui ne travaillent pas à la sorie de l'école,7ou8 ans plus tard,cela me parait déja très très dur de leur faire prendre un rythme de vie de travail.Si en plus les parents ne travaillent pas,cela me parait dramatique ;
On peut tenter l'expérience ,cela ne fera qu'une de plus,et si elle peut convenir sur certains teerains familiaux et bien tant moooieux.
Il faut trouver les bonnes cibles.Véronique RAPHEL
De
09H21 | 16/05/2007 |
Moi j'habite en Angleterre et notre lycée a pris partie dans cette experimentation. Ca concerne les étudiants qui sont dans leurs deux dernières années d'études (on appelle ça « sixth form ») et qui ont entre 16 et 18 ans. Les foyers qui gagnent des salaires inférieures à 30.400 euros annuellement pourront toucher une prime plafond de 43 euros la semaine. L'allocation descend graduellement, les foyers gagnant plus de 45.000 euros n'auront droit à rien.
Il y avait, parmi mes amis, plusieurs qui touchaient cette prime. Il leur fallait arriver ponctuellement à l'école chaque matin et assister à toutes leurs classes. Sinon, ils ne touchaient pas la prime pendant cette semaine-là.
En général, je dirais que ça a très bien fonctionné. Certains de mes amis auraient sans doute quitté l'école pour chercher un emploi si cette prime n'existait pas. La prime permet plus d'autonomie aux étudiants vis-à-vis de leurs parents. En plus, en assistant à plus de classes, ils auront mieux réussi leurs examens.
Il y a comme toujours des exceptions à la règle. Par exemple, si les parents d'un élève étaient divorcés, le montant de la prime serait calculé sur les revenus d'un seul parent (celui avec lequel vit l'enfant). Or, dans plusieurs cas, si ces deux parents vivaient ensemble, leurs deux salaires réunis dépasseraient le seuil d'ayant droit. Un de mes amis se trouvait dans cette situation. Il vivait avec sa mère mais son père contribuait néanmoins à son entretien. Il avait de surcroît un emploi à temps partiel et dépensait son allocation sur des loisirs et pour sortir le soir !
Il arrivait aussi qu'une fois un élève aurait raté un cours, il n'irait plus à l'école pendant cette semaine-là, sachant très bien que il ne pouvait toucher la prime.
Par rapport à la France, je trouve que l'Angleterre a bient fait de choisir un système d'allocations plus ciblé avec des montants plus substantiels accordés aux foyers qui en ont vraiment besoin. Bien sûr, ce n'est qu'une experimentation, mais déjà, c'est un début.
Jonathan