(Londres) Il n’a que deux ans de plus que Nicolas Sarkozy, mais pour lui l’heure de la retraite a déjà sonné. Le travailliste Tony Blair, 54 ans depuis trois jours, a annoncé jeudi qu'il quitterait le pouvoir le 27 juin après dix ans passés à la tête du gouvernement britannique. D'ores et déjà il a annoncé sa démission du poste de chef du parti travailliste. Celui qui voulait laisser sa marque sur l’Histoire sera alors forcé de contempler un bilan des plus mitigés.
Elu triomphalement en 1997 après des années de conservatisme, le plus jeune premier ministre depuis 1812 jouissait d’une immense popularité auprès d’électeurs avides de changement. Dix ans plus tard, sa côte de confiance frise les 22 %, son plus faible record, et le parti travailliste vient de subir une grosse défaite aux élections locales.
Il faut dire que malgré sa réélection historique pour un troisième mandat en 2005 – fait inédit dans l’histoire des travaillistes – Tony Blair, accumule les déboires. Il y a d’abord le scandale de corruption à propos du financement du parti où trois des plus proches conseillers et amis du premier ministre risquent des peines de prison ferme. Lui-même a été interrogé comme témoin, la première fois qu’un chef de gouvernement britannique en fonction est questionné par la police.
Mais c’est bien sûr la guerre en Irak qui occupe le premier plan des griefs contre Tony Blair, qui restera au poste de premier ministre jusqu’à l’élection de son successeur dans environ six semaines. Refusant de revenir sur le bien-fondé de sa décision d’appuyer la campagne américaine, il doit faire face chaque jour au nombre grandissant de victimes irakiennes et des pertes parmi ses propres soldats. Certains l’accusent d’avoir manipulé le dossier qui justifiait l’intervention militaire et l’affublent du surnom de Bliar (menteur).
Face à cette image désastreuse, le premier ministre espère pourtant que le temps fera ressortir ses succès. Son plus grand accomplissement politique est sans doute d’avoir réuni cette semaine les deux ennemis jurés d’Irlande du nord à la tête d’un gouvernement semi-autonome. Les images du révérend unioniste Ian Paisley s’esclaffant en compagnie de Martin McGuiness du Sinn Fein, encore inimaginables il y a quelques semaines, illustrent la réalisation de l’un de ses rêves politiques les plus chers. On peut d’ailleurs imaginer que la date de sa démission, quelques jours plus tard, n’a pas été laissée au hasard.
Sur le plan national, le gouvernement Blair est également extrêmement fier de sa refonte des services publics, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé. Le pays jouit en plus d’une solide croissance économique alliée à une faible inflation et à une situation de quasi plein emploi, un bilan qu’il ne manque pas de rappeler à ses adversaires politiques C’est d’ailleurs l’artisan de cette santé économique qui se retrouvera au premier plan après le départ de Tony Blair.
Ministre des finances pendant dix ans et architecte avec lui du New Labour, Gordon Brown devrait selon toutes probabilités prendre les rênes du pouvoir début juillet. Mais il hérite d’un parti affaibli et d’une image ternie par son association au désastre irakien. Lors des prochaines élections générales, dans deux ou trois ans, il devra en plus faire face à David Cameron, le jeune chef des conservateurs arrivé au sommet du parti après le début de la guerre et qui ouvre la,possibilité d’une victoire conservatrice pour la première fois depuis dix ans.
Mais tout adversaires politiques qu’ils soient, les deux ont hérité de la vision du premier ministre. Commentateur politique pour The Observer, Andrew Rawnsley analysait ainsi à l’occasion les dix ans de Blair au pouvoir : « Gordon Brown et David Cameron souscrivent à la Blairologie de l’efficacité économique combinée à la justice sociale et à la réforme des services publics. Il a fait bouger le centre de gravité de la politique britannique et celui-ci s’est déplacé vers un lieu plus progressiste ».
Et après ? Tony Blair le réconciliateur.
Tony Blair devrait conserver son siège de député jusqu’au prochaines élections générales prévues pour 2009 ou 2010 mais en même temps, il se verrait bien créer une fondation internationale favorisant le dialogue entre les trois grandes religions monothéiste, selon le quotidien The Times. Suivant le modèle de Bill Clinton, il se servirait de son profil public international pour mettre en contact les voix modérées du judaïsme, catholicisme et de l’Islam afin de « nourrir l’harmonie religieuse au proche orient » mais aussi en Europe. Son implication en Irak devrait lui rendre la tâche difficile, mais il est convaincu, selon le journal, de pouvoir dialoguer avec l’Islam modéré.

A lire :
Les conseils de Tony Blair à Nicolas Sarkozy
L'édito de Pierre Haski.














En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Pendant les plusieurs années de Tony Blair au pouvoir, nous avons vu une Angleterre en meilleur santé, et qui s’est fortement developée. Il n’est donc pas nécessaire de le critiquer — comparez l’Angleterre à la France, et c’est l’Angleterre qui remporte largement en matière économique. Certes, il a fait des faux pas et a parfois même fait la une de la presse pour ses « bêtises », mais l’Angleterre a été en bonne forme ces dernières années.
En clair, l’écrivain de cet article pense que d’avoir envoyé les Anglais en Irak était une très mauvaise idée. C’est vrai. Par contre, l’auteur nous explique qu’il faut retirer les troupes Anglaises d’Irak. Ce serait l’erreur la plus fatale au monde. Pourquoi donc? Car, une fois qu’on y ait, on finit ce qu’on doit faire — ça tombe sous le sens. Si on retire l’armée British, l’Angleterre aurait une très mauvaise réputation et, encore plus important, l’Irak serait dans un état davantage catastrophique. Déjà que les Américains ont du mal à tenir l’Irak eux-mêmes… n’en rajoutons pas une couche.
Lisez l’article de RagZag Politique et retrouvez la vidéo de l’annonce de Tony Blair :
http://politique.ragzag.com/2007/05/11/tony-blair-ne-sera-plus-premier-m…
Les résultats obtenus par Tony Blair à la suite de Margaret Thatcher sont tout à fait satisfaisants pour le Royaume Uni. Ses conseils à Nicolas Sarkozy peuvent être tout à fait éminents et efficaces. De toutes façons, les Français ayant accordé leurs suffrages à Nicolas Sarkozy, il n’y a lieu pour l’instant que d’attendre de le voir à l’oeuvre. La critique pourra venir après éventuellement. Je ne suis pas pour ces gens bien intentionnés qui déjà et avant même qu’il ait pris ses fonctions commencent à protester en imaginant le pire. Il faut bien se dire que rien ne sera pire sur le plan politique et économique que la situation créée par le gouvernement sortant. Nous restons un peuple démocratique et raisonnable: il vaut mieux donc juger sur pièces.