Interview 09/05/2007 à 19h25

« Se revendiquer Mapuche est un acte politique »

Silvina Carbone | Journaliste


Eclairage avec Alain Devalpo, voyageur et journaliste, auteur de Voyage au pays des Mapuches (Editions Cartouche). Patagonie, sud du Chili.

Pour les Indiens mapuche, c’est Wallmapu, leur pays. 1492 : massacres, exploitation, esclavagisme. Les Conquistadores espagnols ont laissé des traces. Cinq siècles plus tard, discrimination et pauvreté sont le lot quotidien des Mapuches, qui résistent encore. Le point de vue d’Alain Delvapo.

Quelle est la situation des Mapuches du Chili ?
Les Mapuches du Chili représentent 10% de la population. Pourtant leurs droits ne sont pas reconnus. Le Chili refuse de signer la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative aux peuples indigènes et tribaux. Cest le seul instrument légal adopté par la communauté internationale qui concerne une large palette de sujets allant des conditions de travail, du recrutement des populations aborigènes et tribales aux droits fonciers, à la santé et à l’éducation. Raconter les luttes Mapuches, c’est aller voir ce qu’il y a derrière le vernis démocratique et la réussite macro-économique du Chili.

Qu’est-ce qu’être indien dans la société chilienne ?
C’est voir sa présence déniée. Le Chili ne veut pas reconnaître sa spécificité multiculturelle. Face aux discriminations et à la pauvreté, la revendication indentitaire est devenu un acte politique. Les jeunes, en quête de reconnaissance sociale, se revendiquent Mapuche. Mais être Indien, c’est aussi risquer la prison, ou pire. Les Mapuches voient leurs revendications criminalisées. Leurs actions, comme les prises de terre (le sous-sol chilien est riche en matières premières), sont qualifiées d’actes terroristes. C’est ce qui est arrivé à Patricia Troncoso, dite « la chepa » (la lionne). Condamnée à 10 ans de prison, elle revendique le statut de prisonnière politique.

Y a-t-il un renouveau de la lutte indigène en Amérique latine ?
Oui, du zapatisme mexicain à l’indigénisme d’Evo Morales en Bolivie, depuis les années 90, un processus de revendications est en marche en Amérique latine. Les Mapuches profitent de ce mouvement. Dignité, reconnaissance et reconquête des territoires sont les points communs de toutes les luttes indiennes actuelles. Au Chili, les revendications des Mapuches se font au nom de tous les peuples originaires présents dans ce pays.

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  • Anonyme

    Intéressant ; lire aussi le superbe roman de Jean Raspail sur les Kaweskars, tribus fuegiennes exterminées et disparues dans le courant du XXè S
    Titre : « Qui se souvient des Hommes ? “

  • Christian
    • Posté à 23h53 le 09/05/2007
    • Internaute 609

    Article plein de racourcis et de slogans sans analyses. On surestime bientôt l’éxistence d’une supposée conscience collective des peuples indigènes en amérique du sud qui serait l’équivalent d’une conscience de classe parmis les prolétaires. La plupart de ces peuples n’a pas de contact avec les autre éthnies originaires (les distances en amérique latine sont énormes).

    Dire que se revendiquer indien est risquer la prison, comme si se dire indien était interdit est un non sense total. La marginalisation des peuples indiens au Chili est un phénomène réelle, pas besoin donc d’inventer n’importe quoi....

    • Anonyme répond à Christian

      Je ne vois pas où sont les raccourcis et les slogans sans analyse dans cet article, qui n’est que le compte rendu d’un ouvrage. Bien sûr les distances sont énormes, bien sûr les pays d’Amérique latine sont différents, mais ayant un peu parcouru cette région du monde, j’ai toujours été frappé par la situation commune qui est faite aux Indiens. Par allieurs, dans plusieurs pays effectivement leurs revendications sont criminalisées.

  • Anonyme

    Bonjour,
    Merci pour vos commentaires et réactions !
    Il n’existe pas un mouvement indigène cohérent à travers le continent, mais les différents peuples amérindiens partagent des points de culture, comme le rapport à la nature. Par ailleurs, les initiatives interethniques comme les congrès se multiplient aux niveaux nationaux ou à plus large échelle.
    En ce qui concerne la situation au Chili, pour plus d’informations, les rapports de la FIDH et d’Amnesty sont consultables en ligne :
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