Myriam Cottias: « Un travail de mémoire plus qu'un devoir »

Myriam Cottias est historienne, chercheuse au Cnrs, spécialisée dans la question de l’esclavage. Elle dirige leCiresc (Centre international de recherches sur les esclavages, acteurs, systèmes, représentations).

Selon elle, l’enjeu principal de cette réflexion est d’accepter que l’histoire de l’esclavage et de la traite appartient bien au récit de l’histoire de France. "Cette revendication s’inscrit dans un mouvement qui remonte à 1998, lors du 150e anniversaire de la commémoration de l’abolition de l’esclavage", explique-t-elle. 1998, c’est la rédaction de la loi Taubira, adoptée trois ans plus tard, qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Pourquoi cette date marque-t-elle un tournant  ? Autour de 1998, d’après l’historienne, émergent trois constats qui cristallisent cette demande de reconnaissance  : d’abord la notion d’identité nationale prend de plus en plus d’importance dans les Antilles françaises. Ensuite, le statut politique des départements d’Outre-mer s’inscrit dans une logique d’assimilation aux autres départements de la métropole. Et en 2003, une réforme constitutionnelle assimile l’ensemble des Dom-Tom à la République française, faisant disparaître la notion de "peuples d’Outre-mer".

Un processus de banalisation, alors même que certaines pratiques discriminatoires sont davantage mises en évidence. "L’identité d’outre-mer, antillaise par exemple, est une notion floue, vue de l’Hexagone", résume Myriam Cottias. "En tout cas, elle n’est pas reconnue à sa juste valeur. Et pour une personne antillaise, il est nécessaire d’avoir une identité antillaise claire, pour ensuite pouvoir assumer son identité française."

Que doit faire la France, une fois le constat établi  ? "Une gros travail de mémoire. Je préfère parler de travail de mémoire plutôt que de devoir, contraignant et négatif. Ce travail, c’est avant tout un travail d’historien." Selon Myriam Cottias, les historiens doivent se mettre à l’écoute des associations, qui expriment des attentes. Sans pour autant être soumis aux diktats de la société civile, les chercheurs doivent être attentifs aux demandes de connaissances historiques.
"Après avoir écouté, il faut diffuser. Diffuser notre travail hors des serres universitaires." En particulier, transmettre ce travail historique, les témoignages recueillis, les pistes de reflexion vers les enseignants du primaire et du secondaire. D’où le besoin de modifier le contenu des manuels scolaires, sujet tant évoqué il y a deux ans.


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r.t. | Economiste, poète globetrotter et écriva...
18H06 09/05/2007

Il est vrai que des manuels d’histoire qui professent nos ancêtres les gaulois ne conviennent pas à tout le monde !

 
vincent75012 | cadre paris
18H18 09/05/2007

A ce propos je me pose une question à laquelle j’espère que certains d’entre vous pourront apporter au moins un début de réponse…

La définition de l’esclavage comme un crime contre l’humanité n’est-elle pas anachronique? Peut-on définir des évènements historiques au travers d’un concept contemporain? Quel sens rempli la définition d’actes anciens au travers d’un concept datant de 1945? Est-ce que cette définition nous permet véritablement une meilleur compréhension des faits historiques? N’est-ce pas finalement une facilité et donc une simplification de la réalité historique (forcément complexe)? que pensent les historiens d’une telle définition? etc.

Merci par avance de vos apports!

 
inutile
23H38 09/05/2007

ce n’est pas une réponse mais une constatation : l’esclavagisme existe toujours.

pour exemple, la mauritanie :

http://www.sosesclaves.org/Pagecentrale.htm

je ne suis malheureusement pas historien, j’espère que d’autres te repondront

 
Claudie
22H02 09/05/2007

Jacques Chirac ne vient-il pas de faire un croc en jambe à notre nouveau président en lui demandant d’assister avec lui à cette journée de la mémoire?
Sarkozy se dédit avant même de prendre ses fonctions. Il est vrai qu’il préfére le stade de France avec la Marseillaise et des joueurs qui lui sont obéissants.