Santé

Quand les labos pharmaceutiques démarchent leurs patients à domicile

Scénario d’anticipation : une infirmière sonne chez vous, armée d’un engageant sourire plein de certitudes et d’une mallette luxueuse, et elle se met à vous vanter les mérites d’un médicament (nouveau et cher) fabriqué par le labo qui la paye. Telle une vulgaire démarcheuse de calendriers, elle vous explique les meilleures conditions dans lesquelles prendre ce médicament, relativise ses effets secondaires, s’assure avec insistance que vous prenez bien toutes vos gélules. Tout cela dans le seul but de mieux vous soigner ?

Le hic, dans ce scenario, c’est bien évidemment l’employeur de l’infirmière. Aujourd’hui, ce type de démarchage initié par des firmes pharmaceutiques est proscrit par la loi française (article L 5122-6 du code de Santé Publique), qui interdit toute publicité pour des médicaments prescrits sur ordonnance. Principe sans appel : médecins et infirmières ne doivent avoir aucun interêt financier à recommander telle ou telle molécule, et seul le médecin possède les compétences pour choisir le traitement le plus adapté à chaque cas. Mais voilà, les labos rêvent d’assouplir cette législation. Pour cela, ils mettent en avant une bonne raison : de nombreux patients abandonnent leur traitement en cours de route, avec tous les risques que cela comporte. Et rien n’est fait pour endiguer cette hémoragie.
Exemple avec l’ostéopose, cette maladie qui fragilise les os des femmes ménopausées. Deux millions de personnes sont concernées, un patient sur cinq, dans les services de chirurgie orthopédique, est une femme ostéoporotique. Pour éviter les fractures, il faut prendre des traitements pendant cinq à dix ans. Mais au bout de six mois, la moitié des patientes a déjà tout arrêté . La maladie insidieuse frappera des années plus tard : fractures du col du fémur, tassements de vertèbres, douleurs, dépendance…. Des dégâts irréversibles pour ces centaines de milliers de femmes et un gouffre financier pour la Sécurité sociale. Le laboratoire Lilly a donc mis en place un « programme d’aide à l’observance » pour un nouveau médicament, le Forsteo, qui se prend sous forme injectable et est prescrit aux formes graves d’ostéoporose. Ce programme, validé par l’Afssaps, permet d’envoyer une infirmière au domicile de la patiente (si elle l’accepte), qui téléphonera ensuite régulièrement pour s’assurer que la malade poursuit bien son traitement. Toutes les précautions sont prises : l’infirmière dépend d’un prestataire, Mondial Assistance, qui fait écran entre le laboratoire et le malade, et organise les tournées des infirmières et les relances téléphoniques. Quant au médecin, il reste le maître d’œuvre du traitement. Mais pour les associations de défense des consommateurs, le ver est dans le fruit.

Une quinzaine de programmes de ce type fonctionnent actuellement en France, autorisés au cas par cas par l’Afssaps. Mais l’industrie pharmaceutique veut beaucoup plus : un cadre législatif pour encadrer et surtout étendre ces dispositfis, comme cela se fait aux Etats-Unis. Un amendement légalisant ce dispositf a failli passer en catimini cet hiver. Il a finalement été repoussé, grâce à la mobilisation des associations de consommateurs et de la revue Prescrire montés au créneau pour souligner les arrière-pensées des multinationales du médicament qui « rêvent », selon l’UFC Que Choisir, « d’entrer en communication directe avec les patients en supprimant le filtre des médecins ».

Sur le terrain, la réalité est moins tranchée. Car la problématique de l’observance est un réel enjeu de santé publique. Des médicaments payés par l’Assurance maladie sont gaspillés, des chances de guérison ou d’amélioration sont gâchées, bref tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut faire quelque chose. « Mais il n’y a pas de place à l’hôpital pour l’ éducation du patient qui n’est tout simplement pas reconnue et qui prend un temps fou », constate ce rhumatologue qui dirige un service dans un gros hôpital parisien. « Et avec la pression sur l’activité, le manque de crédit, ni les médecins, ni les infirmières ne peuvent s’y consacrer. Dans ce contexte, l’appui de l’industrie pharmaceutique est nécessaire, voire indispensable, car dans le domaine de l’ostéoporose, le constat est alarmant. Je crois qu’il y a de la place pour un partenariat ».

Progrès pour la santé publique ou pour les finances des fabricants de médicaments -qui subiraient, rien qu’aux Etats Unis, un manque à gagner d'au moins 30 milliards de dollars par an à cause des interruptions de traitements-, l’éducation des patients est sans l’ombre d’un doute l’un des nombreux enjeux de santé publique qui attendent le nouveau président de la République. Mais ce sera aussi l’un des plus discrets, les labos étant peu enclins à parler au grand jour marketing et publicité de médicaments.

Alors, comment réagirez-vous quand une infirmière au sourire dentifrice sonnera chez vous avec sa mallette pleine de gélules de toutes les couleurs ?


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big .nose
17H34 07/05/2007

Je demanderais poliment a cette personne d’aller à la rencontre de « sommités » médicale ,si elle se permettait d’ insister je lui présenterait ma feuille d’imposition :elle comprendrait qu’il vaudrait mieux voir ailleurs .

 
r.t. | Economiste, poète globetrotter et écriva...
21H36 07/05/2007

Sincèrement quand je verrais ces infirmières sonner à la porte, serais-je alors en droit de me poser en mon for intérieur la question suivante :

A quand des démarcheurs directs pour des produits tels que les armes à feu, de l’alcool, du tabac ou divers journaux incitant à la pensée unique ?

Les grands patrons amis du nouveau président de la république nous laissent entrevoir le changement.

Tout devient possible, surtout le pire !

 
Toosie89
11H49 08/05/2007

Tout à fait d’accord.Cependant, il faudrait aussi que les médecins puissent avoir une formation indépendante des labos, ce qui n’est pas le cas. Comment choisir une molécule à prescrire si on n’a pas une vue objective de ses effets?

 
Taozen | Citoyen
09H33 08/05/2007

Si l’argument des labos qui souhaitent traquer l’inobservance thérapeutique me semble excessivement peu crédible, la question du gaspillage de médicaments est, je pense, plus pertinente (de même que celle des déchets, de leur recueil, du traitement ou du « recyclage »).

 
libre-penseur
11H28 09/05/2007

Je travaille dans un service d’orthopédie et je suis quotidiennement confronté à la mauvaise observance, voir la non observance des traitements, par les patients avec des conséquences plus ou moins graves.
Actuellement, il est impossible pour les soignants d’éduquer les patients à l’hôpital ( ou alors indiquez moi cet endroit merveilleux )et de toute façon, une fois de retour au domicile qui poursuivra cette éducation ?
Cette problèmatique de l’observance est un réel enjeu de santé publique pour notre pays et il faut lui trouver une solution. Il est temps de penser différement notre système de santé en développant le versant prévention afin de limiter le déficit financier de la Sécurité Sociale.
Certes, la création d’une profession d’infirmier-VRP-commercial à la solde des grands groupes pharmaceutiques est une aberration, tant éthique que professionnelle, pour mener à bien cette mission.
Cependant d’autres pistes sont possibles :
- le contrôle par des infirmiers libéraux.
- le suivi par les infirmiers des services d’hospitalisations à domicile,rattachés aux hopitaux.
Dans les 2 cas, cela implique d’une part une plus grande implication du corps médical dans le suivi de la prise du traitement et d’autre part la reconnaissance financiére du rôle éducatif des infirmiers ( il n’est jamais trop tard ) notamment dans l’observance des traitements.

 
fourminus | observateur attentif
12H20 09/05/2007

J’ai entendu dire la chose suivante :

En Chine le médecin ne soigne pas les maladies. Il garde le patient en bonne santé.
Le médecin est consulté et payé régulièrement, même quand on est en bonne santé. En revanche quand son patient tombe malade il doit le soigner sans être payé : il est le garant de sa bonne santé.

Est-ce vrai ? Cela fonctionne t’il ? Cela pourrait-il nous inspirer ?

 
Toosie89
19H52 19/05/2007

J’ai lu cela aussi. C’est une approche tout à fait différente de la nôtre.La vision du patient est plus globale.On ne se contente pas de réparer un organe sans se soucier d’en abîmer un autre a cause du traitement…

 
bleu horizon
16H14 09/05/2007

Cet article met le doigt sur une problématique majeure de santé publique : l’inobservance.

En effet, l’inobservance altère la qualité des soins et par la même entraîne un coût en termes de santé publique pour la Nation.

Un coût humain direct sur la santé par diminution de l’efficacité du traitement voire son inaction.

Un coût indirect par exemple une augmentation du risque de résistances acquises des bactéries par des traitements insuffisamment long.

De plus, l’inobservance entraîne des surcoûts en terme de finance pour l’assurance maladie.

Ce projet de programme d’aide à l’observance n’est pas dans le principe, une mauvaise idée, mais doit-on pour autant déléguer cette prestation d’éducation à la santé et l’observance aux entreprises pharmaceutiques même par l’intermédiaire d’un prestataire.

Indépendamment des problèmes juridiques du secret médical, d’éthique et de déontologie, il existe un risque de dérive qui est très important.

De plus, il est à noter que l’interposition d’un prestataire n’est pas un gage indépendance, mais peut servir, par contre, de paravent à un marketing direct déguisé.

En l’espèce, je ne vois pas en quoi, les autorités sanitaires, les professions de santé et les instances ordinales ne pourraient pas devenir les donneurs d’ordre pour organiser ce projet d’observance du traitement et d’éducation à la santé, les financements pouvant être assurés par les entreprises pharmaceutiques (qui augmenteront par la même leur chiffre d’affaires compensant donc leur financement).

Les effecteurs existent déjà. Ce sont les infirmièr(e)s libéral(e)s
cette démarche pourrait s’inscrire dans une véritable politique de soins à domicile.

Je reviens sur un post précédent qui stipule « Comment répondre aux amalgames présentés dans cet article et dans les différents commentaires qui s’y rapportent ?
Tout d’abord, rappelons le contexte dans lequel s’inscrit l’information médicale continue (FMC) proposée aux médecins… »
Cet article ne fait pas référence aux problèmes de la FMC même si certains commentaires s’y réfèrent.
Par ailleurs
« Inutile de nous voiler la face, les pouvoirs publics sont conscients de l’obligation de formation continue des personnels de santé, n’ont pas les moyens financiers et humains de pourvoir à cet objectif. Il n’est donc pas étonnant que des entreprises privées, à but commercial s’engouffrent dans cet espace. »
Nous ne devons pas douter que les FMC soient des investissements à perte pour ces entreprises et les coûts ne sont pas du tout répercutés sur coût du produit de santé…
Nous le savons, ce coût est bien sûr répercuté sur les produits de santé et ce surcoût est soit payé par les comptes sociaux de la Nation, soit payé directement par les patients ou les mutuelles.
En fin de compte, c’est toujours le citoyen qui paye au final.
Mais que pensez, d’une situation ou une entreprise qui produit des médicaments, mais forme aussi vos médecins et s’occupe de l’éducation de la santé et de la bonne observance des traitements…
Si nous reprenons l’analogie d’un précédent post, de l’industrie automobile ; pourquoi ces mêmes industries ne s’occuperaient-elles pas, de plus, de l’assurance maladie comme l’industrie automobile propose des assurances et des financements.
Pourquoi, si nous suivons encore cette analogie, les compagnies aériennes ne sont pas les industries qui construisent les avions ?
Le coeur de métiers des entreprises du médicament est la production de produits de santé et elles le font bien, le reste n’est pas de leur ressort, il existe trop de conflit d’intérêts et de problèmes d’éthique.
L’augmentation de la croissance de ce secteur repose soit par une croissance externe, soit par l’innovation. Il est effectif que la recherche pharmaceutique est une recherche en biochimie qui est certes moins prolifique pour des raisons de technique de recherche comme le screenning alors que la recherche en biotechnologie sera une des révolutions de ce siècle et que notre pays est en retard dans ce domaine.

 
DO
09H21 13/05/2007

Si une telle infirmiere frappe a ma porte, j’exprime mon etonnement de trouver une infirmiere qui passe son temps a faire l’epiciere alors qu’il y a penurie d’infirmieres dans les lieux de soins.

 
denisesilber
12H06 14/05/2007

Cet article soulève un vrai problème: celui de la bonne observance du traitement qui ne peut être assurée par le système de soins, tel qu’il est organisé, car il n’est pas possible d’assurer la bonne compréhension de la maladie et de son traitement en un rendez-vous, sans suivi. C’est particulièrement vrai dans les pathologies chroniques, car le traitement est de longue durée, et la maladie évolue souvent silencieusement, ce qui ne motive pas le patient à agir dans la durée. Si l’on prend ne serait-ce que l’asthme et le diabète, on sait, en outre que ces maladies peuvent requérir le maniement de dispositifs particuliers et qui ne sont pas toujours évidents.
L’observance un sujet qui m’intéresse à titre professionnel: toute personne qui suit le domaine des nouvelles technologies et la santé, ce qui est mon cas- sait que 1) l’inobservance est plus élevée que l’on n’a longtemps cru 2) l’on ne peut améliorer la qualité de notre système de santé, en restant sur l’actuelle organisation des métiers. 3) On ne peut pas dire que le patient est libre de son choix (de ne pas prendre son traitement, par exemple), sans s’assurer d’abord qu’il a tous les éléments d’information médicale en main.

Donc, c’est intéressant de soulever le problème grâce à votre article. Mais, le descriptif des programmes d’accompagnement est inexact. Quel est le déroulement d’un programme? 1) Le médecin qui prescrit un médicament chez un patient dont il pense que celui-ci pourrait avoir besoin d’être accompagné par un infirmier, afin de bien prendre son traitement, propose au patient de bénéficier de ce suivi. 2) Le patient accepte ou pas. 3) Le patient qui accepte appelle une plateforme d’assistance téléphonique où l’infirmier a été spécialement formé à communiquer avec le patient à distance et sur ce médicament. L’infirmier ne se déplace que si les tentatives d’explication téléphoniques ne marchent pas et que le patient souhaite aller plus loin.
4) Tous les contacts entre infirmiers et patients font l’objet d’un résumé qui est communiqué au médecin, avec l’accord du patient et du médecin.
Quand on sait qu’entre 50 et 75% des traitements chroniques sont pris de manière approximative, voire pas du tout, on ne peut que regretter que ces programmes soient encore très marginaux.
Il y a eu, à mon avis, pas mal de desinformation autour de ces programmes. Si vous pouviez visiter une plateforme d’assistance téléphonique et rencontrer les infirmiers, voire, lire les témoignages (anonymisés) des patients qui participent, vous seriez d’un tout autre avis. Mondial Assistance que vous citez, bénéficie de 30 ans d’expérience de gestion de l’urgence médicale internationale — des situations autrement plus complexes et difficiles à gérer que ce dont on parle—et pour la petite histoire, cette société a été crééé justement pour pallier un manque, à l’époque, au niveau de l’assistance publique, qui ne pouvait venir en aide aux Français à l’étranger. Pour conclure, j’ai choisi de publier mon témoignage de manière nominative, car vous pouvez me contacter, si vous le souhaitez.

 
denisesilber
12H08 14/05/2007

Cet article soulève un vrai problème: celui de la bonne observance du traitement qui ne peut être assurée par le système de soins, tel qu’il est organisé, car il n’est pas possible d’assurer la bonne compréhension de la maladie et de son traitement en un rendez-vous, sans suivi. C’est particulièrement vrai dans les pathologies chroniques, car le traitement est de longue durée, et la maladie évolue souvent silencieusement, ce qui ne motive pas le patient à agir dans la durée. Si l’on prend ne serait-ce que l’asthme et le diabète, on sait, en outre que ces maladies peuvent requérir le maniement de dispositifs particuliers et qui ne sont pas toujours évidents.
L’observance un sujet qui m’intéresse à titre professionnel: toute personne qui suit le domaine des nouvelles technologies et la santé, ce qui est mon cas- sait que 1) l’inobservance est plus élevée que l’on n’a longtemps cru 2) l’on ne peut améliorer la qualité de notre système de santé, en restant sur l’actuelle organisation des métiers. 3) On ne peut pas dire que le patient est libre de son choix (de ne pas prendre son traitement, par exemple), sans s’assurer d’abord qu’il a tous les éléments d’information médicale en main.

Donc, c’est intéressant de soulever le problème grâce à votre article. Mais, le descriptif des programmes d’accompagnement est inexact. Quel est le déroulement d’un programme? 1) Le médecin qui prescrit un médicament chez un patient dont il pense que celui-ci pourrait avoir besoin d’être accompagné par un infirmier, afin de bien prendre son traitement, propose au patient de bénéficier de ce suivi. 2) Le patient accepte ou pas. 3) Le patient qui accepte appelle une plateforme d’assistance téléphonique où l’infirmier a été spécialement formé à communiquer avec le patient à distance et sur ce médicament. L’infirmier ne se déplace que si les tentatives d’explication téléphoniques ne marchent pas et que le patient souhaite aller plus loin.
4) Tous les contacts entre infirmiers et patients font l’objet d’un résumé qui est communiqué au médecin, avec l’accord du patient et du médecin.
Quand on sait qu’entre 50 et 75% des traitements chroniques sont pris de manière approximative, voire pas du tout, on ne peut que regretter que ces programmes soient encore très marginaux.
Il y a eu, à mon avis, pas mal de desinformation autour de ces programmes. Si vous pouviez visiter une plateforme d’assistance téléphonique et rencontrer les infirmiers, voire, lire les témoignages (anonymisés) des patients qui participent, vous seriez d’un tout autre avis. Mondial Assistance que vous citez, bénéficie de 30 ans d’expérience de gestion de l’urgence médicale internationale — des situations autrement plus complexes et difficiles à gérer que ce dont on parle—et pour la petite histoire, cette société a été crééé justement pour pallier un manque, à l’époque, au niveau de l’assistance publique, qui ne pouvait venir en aide aux Français à l’étranger. N’hésitez pas à me contacter.

 
bleu horizon
14H16 15/05/2007

Au sujet du secret médical, il faut une anonymisation parfaite, c’est-à-dire qu’il faut qu’il soit impossible AVEC des informations indirectes d’obtenir l’identité de la personne, ce dont je doute fortement possible en l’espèce.

De plus, parmi les prestataires de services, nous devons avoir l’absolue certitude que le secret médical reste seulement à la discrétion de professionnel de santé et qu’il ne puisse pas être obtenu par exemple par un directeur financier de cette même société…

Cette expérience, sous cette forme, soulève de nombreux problèmes d’éthiques.
Que dire si le prestataire relève une propension aux effets secondaires imprévus ?
Feront-ils une déclaration à la tutelle de pharmacovigilance ?
Sur la responsabilité médicale de ces sociétés et de leur employé, que feront-t-elles, si elles constatent un problème médical (qu’il soit en rapport avec la maladie ou d’une autre pathologie), que dire si la plateforme d’assistance téléphonique passe à coté d’un problème médical aigu, etc.
Et que dire sur les traitements associés à ce suivi, d’autant plus si ce sont des traitements concurrents, procède-t-on à leurs suivis ou pas ? S’il existe des effets secondaires, à quel traitement relions-nous ces effets ? etc.

On le voit, les problèmes techniques et éthiques sont très nombreux.

« … Le médecin qui prescrit un médicament chez un patient dont il pense que celui-ci pourrait avoir besoin d’être accompagné par un infirmier, afin de bien prendre son traitement, propose au patient de bénéficier de ce suivi… »

Je persiste, car l’infirmier libéral est le plus adaptée pour ce suivi, car il a connaissance du prescripteur, du terrain, des patients, des familles, des difficultés sociales et économiques, de pathologies connexes et des traitements associés, etc.
Par ailleurs, du fait même de cette proximité, leur efficacité est d’autant plus importante et ils sont probablement plus efficients.

L’infirmier libéral rendrait des comptes seulement au médecin traitant soit la sécurité sociale soit un organisme de tutelles soit aux trois.

« …Le patient accepte ou pas… »

Heureusement, il ne manquerait plus le contraire, le consentement est obligatoire, mais dans le cas présent est-il éclairé (c’est-à-dire que le patient a été suffisamment informé) ?
À qui incombe cette information ? La preuve de cette information ? Le médecin, l’infirmier, ou la société ?

« …Le patient qui accepte appelle une plateforme d’assistance téléphonique où l’infirmier a été spécialement formé à communiquer avec le patient à distance et SUR CE MEDICAMENT… »

Nous sommes, là, dans le cœur du problème, on ne communique pas sur maladie ou la pathologie, mais bien sur le médicament par un prestataire de l’entreprise pharmaceutique ET n’ont pas du patient ou des pouvoirs publics et encore moins des prescripteurs..

Tout le monde sait bien, les payeurs ne sont pas les décideurs…

Ancien médecin de société de rapatriement et régulateur pour ces mêmes sociétés, je maintiens ma position.
Ce n’est pas leur cœur de métier, ni des entreprises du médicament, ni des sociétés de rapatriement, mais bien des professionnels de santé locaux, de VOS professionnels de santé.