Portrait

Nicolas Sarkozy le libéral-bonapartiste

Cecilia, Nicolas et François (Fillon) (Pascal Rossignol/Reuters).

Nicolas Sarkozy est un vrai libéral, comme il le dit lui même. Margaret Thatcher est son modèle, et la politique économique que la Dame de fer a menée de 1979 à 1990 en Grande-Bretagne lui sert de référence économique, une démonstration incontestable selon lui de l'efficacité du marché lorsqu'il est totalement libéré. Mais le nouveau président de la République est aussi un interventionniste de choc, un bonapartiste sans complexe dès lors qu'il s'agit de faire résonner la force de l'Etat tout puissant.

Est-ce contradictoire ? Oui, sans aucun doute, si, comme son camp l'affirme depuis des mois, le libre fonctionnement du marché est censé produire toute son efficacité et résoudre une bonne partie des difficultés économiques et sociales françaises. Mais de toute évidence, le pragmatisme sarkoziste transcende cette contradiction.

Sarkozy et ses fondamentaux libéraux.

Le travail d'abord, qu'il faut dérèglementer. Avec le contrat de travail unique, le nouveau gouvernement veut modifier en profondeur le droit du travail, « en simplifiant la législation et toutes les procédures d'embauche et de débauche », disent les experts sarkoziens. « Il faut supprimer l'incertitude juridique » liée aux autorisations nécessaires dès lors qu'il s'agit de licencier, ajoutent les Sarko-spécialistes. Et donc limiter l'intervention des Prud'hommes. « Il faut la remplacer (l'incertitude juridique) par le principe d'une transaction financière. » Très concrètement, il est question d'alléger copieusement la législation du travail, de lever ses contraintes et de payer des indemnités aux salariés licenciés en fonction du temps passé dans l'entreprise. Plus de CDI donc, ou de CDD, un seul contrat conclu dans un contexte libéré où les transactions d'entrée et de sortie sont financières.

Libéral, Nicolas Sarkozy l'est encore dans sa doctrine fiscale. Baisser les impôts « pour que les Français conservent le fruit de leur travail, et relancent l'activité économique ». « Chacun mérite ce qu'il a, ce qu'il a fait », dit Sarkozy. « Plus on laisse aux gens le fruit de ce qu'ils ont fait, plus ils consomment et plus cela active la croissance », commente une économiste de l'Ecole d'Economie de Paris. Margaret Thatcher l'a fait au Royaume-Uni, Nicolas Sarkozy le fera en France. En baissant l'impôt sur le revenu, en supprimant l'impôt sur les successions, en allégeant l'impôt sur la fortune, en érigeant un boucler fiscal. Et puis en vrac, il est aussi question d'allègement de charges sur de nouveaux paquets d'heures supplémentaires, et aussi de libérer le travail le dimanche.

Sarkozy l'interventionniste.

Mais le nouveau président de la République n'est pas qu'un défenseur de la loi du marché à l'anglo-saxonne. C'est aussi un fervent partisan de l'intervention de l'Etat, à la française. Et c'est là que le message se brouille. Il l'a montré, lorsqu'il était ministre de l'Economie et des Finances. N'est-ce pas lui qui, en 2004, convoque tous les patrons des grandes chaînes de distribution à Bercy pour leur demander de s'engager sur une modération des prix dans les hypermarchés ? Lui encore qui réclame des résultats et fait comme s'il allait contrôler l'évolution des tarifs des produits dans les rayons ?

Nicolas Sarkozy n'est-il pas monté en première ligne pour défendre Alstom, et limiter la casse de l'industrie nationale menacée ? Lui toujours qui engage la parole de l'Etat à Bruxelles, auprès de la Commission européenne pour aider le groupe ? Parce qu'il croit à la politique industrielle, et qu'il a probablement un sens à lui du patriotisme économique, le candidat Sarkozy n'a pas hésité à dire pendant sa campagne qu'il ferait « avec Airbus la même chose qu'avec Alstom ». Autrement dit, faire jouer à l'Etat tout son rôle, à commencer par celui d'actionnaire, au sein de ces entreprises industrielles en danger, quitte à déroger au respect de la concurrence imposée par Bruxelles.

Et d'ailleurs aujourd'hui, que dit-il de l'Europe et de l'euro ? Des choses pas libérales du tout. Que la France doit se protéger au sein de l'Union, qu'il faut aussi s'opposer à un nouvel élargissement et notamment à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Là où les libéraux purs et durs estiment que plus grand est le marché, plus il est efficace, lui plaide la protection et le rapprochement avec « les pays amis les plus proches » au sein de l'Union.

Sarkozy veut aussi faire baisser l'euro. Comment le pourrait-il ? Cela revient en tous cas à contester la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et même l'indépendance de l'institution. Un signal pas libéral du tout envoyé à toute sa clientèle anti-marché.

Voilà donc le programme. A la fois thatchérien et bonapartiste, en fonction des opportunités économiques… et des circonstances. Quelle sera la méthode ? La réponse viendra dans les jours et les semaines qui viennent.

47 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Courageux anonyme

De

12H48 | 07/05/2007 | Permalien

Merci pour ces bons titres… et des articles qui suivent derrière.
Sarkozy connait la réthorique néo-libérale, et la met en avant. Dommage que dans le reste du monde ce soit elle qui soit en déshérence…

Portrait de LeBonObO

De LeBonObO

20H45 | 08/05/2007 | Permalien

Non, libéral, Sarkozy ne l'est pas, pas plus que Donald Rumsfeld, Tony Blair ou les Bush père et fils.

Ce qui m'inquiète, c'est surtout que ce terme ait depuis plusieurs années été détourné de sa signification, pour finir par désigner précisément ce qu'il combattait à l'origine.
Pour beaucoup, le mot libéralisme ne désigne qu'une théorie économique, défendue notamment par Milton Friedman, puis déformée entre autres par son fils David, une théorie aux relents inhumains, cyniques, voire brutaux.

On oublie un peu vite que la doctrine libérale est un tout, qui inclut aussi et surtout des aspecs moraux et sociaux.
Sans eux, le libéralisme économique n'est qu'une illusion, un mensonge aussi dangereux et absurde qu'une « démocratie » privée du droit de vote.

John Locke (l'un des, si ce n'est « le » fondateur du libéralisme) pronait notamment dés le 17ème siècle
- la désobéissance civile en cas de nécessité
- la séparation de l'église et de l'état
- la séparation des pouvoirs
- les libertés individuelles
Les premiers économistes à s'être penchés sur le sujet (Say ou Bastiat par exemple) n'ont pas renié ces valeurs,
loin s'en faut : elles étaient primordiales à leurs yeux.
Ils ont au contraire développé ces théories notamment sur le plan économique,
sans perdre de vue les risques de dérives, qui fausseraient la concurrence et/ou les libertés individuelles.

A cause de ces risques, les libéraux se méfient de l'état, bien qu'ils en reconnaissent la nécessité pour assurer l'ordre et la justice.
A leurs yeux lui seul doit êre habilité à faire usage de la violence,
mais cela le rend dangereux puisqu'il est n'est composé que d'hommes, qui risquent d'être tentés d'en abuser.
C'est avant tout pour cela que la doctrine libérale prone la réduction des pouvoirs de l'état au strict minimum :
elle assurerait une juste concurrence mais limiterait aussi les risques de dérapage.

On est bien loin de la vision de notre nouveau président,
de sa volonté d'un état toujours plus fort,
de ses pressions lourdes vis à vis des médias,
des subventions accordées aux cultes,
de ses attaques haineuses à l'encontre d'une justice jugée trop laxiste,
ou de l'interventionnisme économique décrit dans cet article .
Et encore oublie-t-on ici l'action qu'il avait menée en 93-95 : lourde augmentation de la CSG, des taxes sur les carburants,
création d'allocations pour la rentrée scolaire, ou de la fameuse « balladurette » pour soutenir le marché auto.
Un interventionnisme à des années lumières des conceptions libérales !

Je ferai abstraction des soupçons de corruption ou de conflits d'intérêt qui ont été soulevés par certains journaux,
même sans eux, Sarkozy (comme tant d'autres ! ) est loin du compte pour accéder au statut de « libéral ».

Car le pire reste à venir.
Les soit-disant néo-libéraux dont il se réclame ne respectent même plus
le principe d'un état gendarme seul habilité à faire usage de la force :
les USA et l'Angleterre, pays pourtant largement (et injustement) considérés comme libéraux ont vu fleurir sur leur sol
(plus exactement les sols Yougoslaves, Afgans ou Irakiens) des compagnies militaires privées, telles que
Sandline International, Blackwater, et bien d'autres. En Irak, le contigent privé, composé de plus de 20 000 hommes, est même plus imposant que le contigent anglais !

Ceux que vous qualifiez aujourd'hui de libéraux piétinent donc un à un TOUS les principes du libéralisme :
- Le non interventionnisme de l'état (taxes, protectionnisme, clientélisme)
- La séparation des pouvoirs, la justice (récemment méprisée, diffamée)
- Libre concurrence (conflits d'intérêts, collusion entre entreprises et pouvoir)
- La séparation de l'église et de l'état (subventions, réminicences religieuses de la lutte anti-PACS…)
- L'autorité de l'état (avec le développement d'armées privées)
- Les libertés individuelles (restrictions justifiées entre autres par le terrorisme), dont la liberté d'expression.

Les socialistes ne se revendiquent pas comme tels (ce mot est désormais un épouvantail pour la gauche), mais au moins accordaient-ils une quasi-totale liberté d'expression à leurs opposants, ce n'est pas le cas des « libéraux » Bush, Rumsfeld, Poutine, ni même Sarkozy aux dernières nouvelles.

Ceux que l'on devrait qualifier, selon les cas, d'anarcho-capitalistes, de conservateurs, ou de réactionnaires pour d'autres,
s'opposent en réalité à toutes les tentatives de libéralisation de la société.
Pire encore, par cette usurpation d'identité, ils sont parvenus à faire détester ce mot à leurs victimes !
Ils parviendront donc sans doute à leur fin : tordre le cou aux progrès sociaux apportés par le libéralisme, tout en s'assurant que ce mot ne pourra plus séduire avant longtemps.

Ca me rappelle quelque chose :
« L'Antéchrist (…) se fera passer pour Dieu,
et exigera des habitants de la terre qu'ils l'adorent. » (Apocalypse 13 : 8)

 ; )

Portrait de memento

à LeBonObO Portrait de LeBonObO De memento

17H58 | 15/05/2007 | Permalien

Arrete tu fais flipper ! surtout la fin.
Trop bien ton « petit » texte !

Portrait de ThomasLefebvre

De ThomasLefebvre

Rapatrié | 13H01 | 07/05/2007 | Permalien

Ou et quand Sarkozy a-t-il dit que Maggy était son modele « économique absolue » ? Curieux de savoir vos sources. Il me semblait qu'il se comparait plutot a Tony Blair ou a Zapatero.

Portrait de Courageux anonyme

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De

14H29 | 07/05/2007 | Permalien

… oui, et puis il a aussi cité Jaurès ! Alors allez-y, proclamez même que c'est un homme de gauche tant que vous y êtes. Sans blague, il peut bien se comparer à qui il veut, il n'en demeure pas moins un ultra-libéral convaincu. Et justement, je crois que la grande différence avec Chirac, animal politique avant d'être idéologue, est bien là. Sarkosy croit en cette politique et compte bien la mettre en place. Personnellement, j'espère que la France qui tient à son service public, qui doute de l'efficacité des seules lois du marché pour répartir les richesses va se réveiller. Sinon, nous redeviendrons vite dans une socièté de rentiers telle que nous l'avions au début du XXème siècle, et que seule la fiscalité et notamment les droits de succession permettent de réguler.
Magali

Portrait de ThomasLefebvre

De ThomasLefebvre

Rapatrié | 14H53 | 07/05/2007 | Permalien

Magali,

Sarkozy a cité Jaures, ouais, c'etait du grand n'importe-quoi comme tous ses discours. Mais, le rapport avec le sujet ?

Ou voyez-vous que Sarkozy a comme « référence economique absolue » Margaret Thatcher ? Quand l'a-t-il dit ? Ou dans ses discours pouvez le comparer a MT ?

Encore une fois, Sarkozy n'est pas un libéral, il s'inscrit dans une tradition de la droite néo-gaulliste, interventioniste et étatique. Par exemple, Sarkozy a parlé d'un « Plan Marshall » pour la banlieue. Un « Plan MArshall », un vrai, ca doit couter un max, nan ? Et puis faut plein de fonctionnaires pour le faire tourner ? Croyez-pas ?

Portrait de starbob

De starbob

Suresnes (92) | 14H54 | 07/05/2007 | Permalien

« il n'en demeure pas moins un ultra-libéral convaincu »
Dire que c'est un libéral convaincu aurait suffi… L'interventionnisme faisant aussi partie de son vocabulaire sur bien des sujets (économique et social notamment), je crois qu'il faut arrêter de travestir les idées avec des mots inappropriés.

Portrait de Courageux anonyme

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De

16H31 | 07/05/2007 | Permalien

J'approuve. S'il a dit, ce n'est pas cet temps-ci, mais il y a pas mal de temps et surtout quand on rapporte des paroles faut-il encore les remettre dans leur contexte. Sinon on pourrait dire qu'Hitler était Socialiste (certain de ses discours, tout au début, sortit de leur contexte aurai pu le faire supposer.

Portrait de Courageux anonyme

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De

21H06 | 07/05/2007 | Permalien

et aussi ghandhi, jean paul 2 et chégévara

Portrait de Courageux anonyme

De

13H40 | 07/05/2007 | Permalien

Sarkozy Libéral ? Vous feriez mieux de réviser vos classiques, vous vous rendriez compte que le prétendu libéralisme de Sarkozy n'est autre que de l'étatisme à la Française, vaguement saupoudré de réformettes libérales. Affirmer qu'il est un libéral pur, c'est faire aux vrai libéraux, notamment d'Alternative Libérale qui défendent les idées de Bastiat, Hayek et Von Mises.

Sur une autre note, j'espérai que le journaliste pro-am que vous promouviez serait un peu plus objéctif que les sources journalistiques traditionnelles. A mon grand désespoir il n'en est rien et vous aussi, souffrez de ce mal typiquement français qui consiste à ne pas voir plus loin que le bout de son nez.

Portrait de Courageux anonyme

De

15H47 | 07/05/2007 | Permalien

Le mal typiquement français : ne pas voir plus loin que le bout de son nez ? C'est sûr, et cela s'explique sans doute par un manque d'intérêt (ou de connaissance) pour ce qui n'est pas franco-français, et d'ouverture sur le monde.
Mais les français, et bien d'autres dans nos pays économiquement avancés, donc privilégiés, ne voient pas non plus …plus profond que leur portefeuille. Que ceux qui le peuvent en profitent un max, tant mieux pour eux, mais ça ne durera pas éternellement, un jour pas très lointain ils devront en rabattre et cela fera mal !

Portrait de le Poulpe

De le Poulpe

17H01 | 07/05/2007 | Permalien

J'aime la manière dont vous dites que les mesures prônées par mr Sarkozy sont des réformettes libérales. Si pour vous l'exonération des heures sup(qui vont alléger le trou de la sécu, c'est sûr), le remboursement du trop perçu des personnes concernées par le bouclier fiscal(une majorité de personnes à l'évidence), la « simplification » du droit du travail, la suppression à terme des droits de succession et j'en passe et des meilleurs, j'aimerai sincèrement que vous m'exposiez ce que vous appelez des réformes libérales voire ultra-libérales. Rien que d'y penser, ça me fait froid dans le dos. Brrr !

Portrait de LeBonObO

De LeBonObO

22H55 | 08/05/2007 | Permalien

« Mal typiquement français »… quelle jolie formule !
A entendre les chroniqueurs, journalistes, militants ou simples piliers de bistrots, il existe tant de maux « typiquement français » qu'on finit par se demander quelle tare n'est pas typiquement française !
Vous voulez promouvoir un mouvement politique méconnu et novateur à vos yeux, libre à vous !
Mais commencez donc, dans ce cas, par abandonner réellement les poncifs et les phrases toutes faites telles que celle là, vous donneriez plus de crédit aux idées que vous croyez défendre.
Quant au mal que vous dénonciez, le monde serait sans doute meilleur s'il était réellement « typiquement français ».
Au final, vous ne semblez pas si différent de ceux que vous dénoncez.
Mais… en fait… vous ne seriez pas un peu français sur les bords, des fois ?

Portrait de LeBonObO

De LeBonObO

22H57 | 08/05/2007 | Permalien

Portrait de dan

De dan

14H16 | 07/05/2007 | Permalien

Drôle d'article…

Je pensai trouver sur rue89 un autre ton, un autre angle sur l'actu. Si votre volonté est de faire un Libé bis, c'est bien dommage…

Portrait de Nicolas Kayser-Bril

De Nicolas Kayser-Bril

Window on the media | 14H20 | 07/05/2007 | Permalien

Les règles de la concurrence ne sont pas « imposées par Bruxelles ».

Elles sont inscrites à l'article 87 du traité sur l'Union Européenne, lui-même ratifié par… la France !

Tout le monde le sait, mais les poncifs restent.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H32 | 07/05/2007 | Permalien

A peine touche-t-on à Nicolas Sarkozy que les internautes de droite, le couteau entre les dents débarquent…
Ca promet pour les 5 années à venir…

Portrait de starbob

De starbob

Suresnes (92) | 14H59 | 07/05/2007 | Permalien

En tous cas, les internautes de droite vous laisseront avec grand plaisir le monopole du sectarisme et de la haine envers l'autre.

Le champ lexical est un bon révélateur des idées (la gauche n'a pas non plus le monopole de l'analyse sémantique moralisatrice après tout ; -)

Qui a le plus utilisé le mot « peur » pendant la campagne de 2007 ? Peut-être pas celui que l'on croit.

Portrait de Courageux anonyme

De

14H43 | 07/05/2007 | Permalien

Bonjour

Les vrais résultats…et autres liens

http://argumentons.blogspot.com

à suivre…

Portrait de Courageux anonyme

De

16H15 | 07/05/2007 | Permalien

Voici les remarques de quelqu'un qui vit en Australie depuis quinze ans. A méditer pour tous ceux qui croient dans la rupture…les autres seront confortés dans leur choix.

de Phillipe à Sydney :
« Non je ne ferais pas un vote idéologique. Cette campagne présidentielle, ça me rappelle un peu celle de Bush en 2000, c'est à dire celle d'un candidat mis en place.

Monsieur Sarkosy me parait être le candidat qui représente les intérêts de ceux qui ont beaucoup à perdre si l'Europe ou le monde se fait sans eux. C'est le candidat du Medef, du CAC 40, des riches et autres puissants mais pas vraiment l'homme du peuple qu'il prétend être.

Les références à l'Australie sont très justes, mais à moins d'y vivre, d'y avoir vécu ou de s'intéresser de près à ces pays à économie libéral dont la politique est obsédée par la croissance économique, il est difficile d'imaginer les conséquences d'une telle politique. En Australie il y a 10 ans, le candidat miracle est arrivé avec un mot pour tous et un remède pour chaque maladie : le chômage, le crime, la dégénérescence sociale, et surtout la promesse de nous enrichir, nous qui méritions tant par rapport à ceux qui profitaient sans jamais contribuer. Et bien sûr c'est nous qui nous sommes fait avoir. On est tous endettés jusqu'aux dents avec des emprunts a taux élevés, impossible à repayer avec un salaire moyen à moins de gagner le Lotto. Tout est à crédit. Le pouvoir d'achat n'a pas vraiment augmenté mais par contre le crédit sur 30 ans et la carte de crédit sons devenus monnaies courantes. L'immobilier a pris 175% d'augmentations sur 10 ans. Pas la peine de se demander qui a profité de cette politique ? Pendant que les uns s'enrichissaient le gouvernement a procédé comme convenu au démantèlement des institutions sociales (Universités, Sécurité Sociale, Assurance chômage et j'en passe). Qui a dénoncé ? Personne, les médias sont concentrés dans les mains de deux groupes dont l'un appartient à Murdoch. Alors qu'est ce qu'on a gagné dans l'histoire ? De payer un peu moins d'impôts peut-être, mais on travail du lundi au dimanche et du dimanche au lundi toute l'année, mais surtout comme on a tout bradé il n'y a plus rien ni personnes vers qui se retourner, si ce ne sont les quelques organismes de charité.

Voilà ! Comme cela me ferait mal au cœur de savoir que la même chose se passe en France !

Portrait de Courageux anonyme

De

22H54 | 07/05/2007 | Permalien

Trop tard,malheureusement, vous donnez une description extrêmement lucide et sans doute réaliste de ce qui va se passer en France maintenant, mais que peut-on faire pour arrêter la machine en marche ? Ce n'est pas forcément Sarko le plus dangereux, lui, il a été mis en place, il voulait le pouvoir et a dit et fait ce qu'il fallait pour l'avoir ; non, comme les « faucons » de Bush, le pire risque de venir par la bande de coyottes minables, opportunistes et lèche-pompes qu'il trimbale avec lui, à côté de (peut être) quelques « valables », qui risquent de ne pas « faire le poids » longtemps vu que toute personne émettant un avis différent est rapidement, au choix, intimidée, menacée, chassée. Welcome to Sarkoland everybody !

Portrait de Lacaniste

De Lacaniste

14H36 | 08/05/2007 | Permalien

vous avez parfaitement raison.
Sans minimiser le danger que représente le messianisme que trimbale cet homme, il est lui aussi manipulé par ses idéaux, par les médias, les financiers et autres vautours et rapaces de tous poils. Hitler n'a pas fait autrement avec Krupp par exemple.
Merci

Portrait de fayrile

De fayrile

15H47 | 07/05/2007 | Permalien

Mon interrogation actuelle est de savoir maintenant qu'il est parvenu par ses methodes ( tiens donc l'Obélisque n'avait pas été dérobée elle aussi ? )à sa finalité de pouvoir absolu, ce qu'il va en faire ? Et comment les français vont y répondre, au fil des mois, ce qu'ils vont accepter..

Portrait de Courageux anonyme

De

16H03 | 07/05/2007 | Permalien

Voici les remarques de quelqu'un qui vit en Australie depuis quinze ans. A méditer pour tous ceux qui croient dans la rupture…les autres seront confortés dans leur choix.

de Phillipe à Sydney :
« Non je ne ferais pas un vote idéologique. Cette campagne présidentielle, ça me rappelle un peu celle de Bush en 2000, c'est à dire celle d'un candidat mis en place.

Monsieur Sarkosy me parait être le candidat qui représente les intérêts de ceux qui ont beaucoup à perdre si l'Europe ou le monde se fait sans eux. C'est le candidat du Medef, du CAC 40, des riches et autres puissants mais pas vraiment l'homme du peuple qu'il prétend être.

Les références à l'Australie sont très justes, mais à moins d'y vivre, d'y avoir vécu ou de s'intéresser de près à ces pays à économie libéral dont la politique est obsédée par la croissance économique, il est difficile d'imaginer les conséquences d'une telle politique. En Australie il y a 10 ans, le candidat miracle est arrivé avec un mot pour tous et un remède pour chaque maladie : le chômage, le crime, la dégénérescence sociale, et surtout la promesse de nous enrichir, nous qui méritions tant par rapport à ceux qui profitaient sans jamais contribuer. Et bien sûr c'est nous qui nous sommes fait avoir. On est tous endettés jusqu'aux dents avec des emprunts a taux élevés, impossible à repayer avec un salaire moyen à moins de gagner le Lotto. Tout est à crédit. Le pouvoir d'achat n'a pas vraiment augmenté mais par contre le crédit sur 30 ans et la carte de crédit sons devenus monnaies courantes. L'immobilier a pris 175% d'augmentations sur 10 ans. Pas la peine de se demander qui a profité de cette politique ? Pendant que les uns s'enrichissaient le gouvernement a procédé comme convenu au démantèlement des institutions sociales (Universités, Sécurité Sociale, Assurance chômage et j'en passe). Qui a dénoncé ? Personne, les médias sont concentrés dans les mains de deux groupes dont l'un appartient à Murdoch. Alors qu'est ce qu'on a gagné dans l'histoire ? De payer un peu moins d'impôts peut-être, mais on travail du lundi au dimanche et du dimanche au lundi toute l'année, mais surtout comme on a tout bradé il n'y a plus rien ni personnes vers qui se retourner, si ce ne sont les quelques organismes de charité.

Voilà ! Comme cela me ferait mal au cœur de savoir que la même chose se passe en France !

Portrait de Courageux anonyme

De

18H01 | 07/05/2007 | Permalien

Oui,absolument, le « modèle “ Australien, tout à fait ça et vers là où l'on va..Mais pourquoi SR a-t-elle été si tiède pdt cette campagne, il assenait les âneries et autres contradictions et l'on pouvait trouver partout à retourner ses dires..
Trop tard, ne pas faire l'apologie de cette campagne mais bon, vous savez cette non communication caméléon qui consiste à être le reflet de ce que l'autre voudrait que l'on soit..Il a dû étudier la psychologie ce ‘ bon sarkozy mais dans le sens de comment accéder au pouvoir et non de comment comprendre les français .

Portrait de Ruel

De Ruel

10H10 | 08/05/2007 | Permalien

je pense surtout qu'il avait la quasi totalité des médias pour lui alors….voyez ce que dit ce correspondant « australien »

Portrait de Courageux anonyme

De

16H27 | 07/05/2007 | Permalien

Quand vous dites qu'il est « un fervent partisan de l'intervention de l'Etat, à la française » cela ne contredit pas le fait qu'il soit « proprement » libéral.
En fait « à la française » peut se comprendre comme « à l'américaine » quand Bush intervient dans son économie : soutient de Boeing, guerre de conquète pour alimenter les multinationales pétrolières…
Alors oui Sarkozy est un libéral et nul besoin de tenter une minoration en prenant comme prétexte son pseudo interventionnisme.
Bonne journée

Portrait de Courageux anonyme

De

16H32 | 07/05/2007 | Permalien

Avez-vous songé au futur gouvernement, à ses probables méthodes, surtout en cas de majorité à l'Assemblée ?

Fillon, De Robien et Juppé sont de ceux qui ont délibèrement jeté le maximum de français dans la rue, généralement par excès d'autoritarisme et par absence de toute concertation.

Avec un programme du genre hyperactif et des Ministres agissant comme de savants autistes, on peut prévoir de chaudes périodes de contestation. La répression étant annoncée par avance, il y a fort à parier que nous nous préparons à 5 années d'affrontements et de violences sociales.

Tatcher n'avait pas mis le feu aux banlieues, ni stigmatisé les chômeurs et les immigrants, avant de s'en prendre aux syndicats et de concrétiser ses mesures économiques.

Portrait de Ruel

De Ruel

10H18 | 08/05/2007 | Permalien

D'autant plus qu'on nous annonce « l'aigri Allègre » à l'éducation nationale. Voilà qui promet pour aider les banlieues ; il va pouvoir dégraisser loisir, et servir une fois encore son labo….
Si c'est ça l'ouverture à gauche c'est plutôt l'ouverture à « la soupe ». Tous ceux qui trahissenr seront servis, tendez la main !

Portrait de sergio

De sergio

Facteur | 16H39 | 07/05/2007 | Permalien

Quand vous dites qu'il est « un fervent partisan de l'intervention de l'Etat, à la française » cela ne contredit pas le fait qu'il soit « proprement » libéral.
En fait « à la française » peut se comprendre comme « à l'américaine » quand Bush intervient dans son économie : soutient de Boeing, guerre de conquète pour alimenter les multinationales pétrolières…
Alors oui Sarkozy est un libéral et nul besoin de tenter une minoration en prenant comme prétexte son pseudo interventionnisme.
Bonne journée

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code