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Les antivols pour nourrisson débarquent en France

C’est une première en France : la maternité de l’hôpital de Montfermeil-Le Raincy (93) propose depuis un mois à toutes ses accouchées un bracelet électronique, qui se fixe à la cheville de leur nouveau-né et qui sonne si un adulte mal intentionné emmène le bébé hors du périmètre de sécurité... Un antivol de nouveau-né, la parade contre les rapts de nourrissons... Et pas une mère ne tique, bien au contraire. « Cela me rassure, quand je prends ma douche ou quand je vais aux toilettes et que je suis obligée de laisser mon bébé tout seul, même si ce n’est que quelques minutes. Ce sont toujours quelques minutes d’angoisse en moins », confie une jeune accouchée.

« Surtout ne laissez jamais votre bébé seul dans votre chambre », avertissent des affiches placardées dans les couloirs de cette grosse maternité -vingt-quatre lits toujours occupés et 2  100 accouchements par an. L’angoisse du vol de bébé est largement irrationnelle car ces enlèvements sont rarissimes. Elle a été alimentée par quelques faits divers retentissants. En particulier ceux dont la maternité de Montfermeil a été le théâtre par deux fois, en 2002 et en 2005.
A chaque fois, des bébés de quelques jours avaient été enlevés dans la chambre de leur mère par des femmes en mal d’enfant, avant d’être retrouvés au bout de quelques heures, sains et saufs.

Mais le traumatisme des équipes soignantes ne s’est pas effacé, et la direction de l’hôpital a cherché par tous les moyens à renforcer la sécurité dans cette maternité ouverte à tous les vents. Aujourd’hui, un certain nombre de portes ont été fermées, la videosurveillance a été installée, le personnel porte des badges et depuis mi-avril, ces fameux bracelets électroniques sont proposés systématiquement à toutes les mères.

L’initiative est très médiatisée. Une conférence de presse a été organisée. Journaux et télévisions se sont succédé dans les couloirs de la maternité de Montfermeil, interviewant les mêmes mères inquiètes, sous la houlette d’une attachée de presse zélée qui serine que ce dispositif ne « remplacera jamais la vigilance des parents et [qu’]il est toujours fortement déconseillé de laisser son bébé sans surveillance, avec ou sans bracelet ».

L’hôpital a investi 100  000 euros dans ce système mis au point par une entreprise française, Blue Linea : quinze capteurs dans les sols et dans les portes, un ordinateur qui piste le nourrisson de la nurserie à la salle de soin, et les petits boîtiers de vingt grammes fixés à la cheville de chaque nourrisson, soit environ cinq euros par nouveau-né. Le prix de la tranquillité ? Dans une cinquantaine d’hôpitaux dans le monde (notamment en Grande Bretagne, en Irlande, en Allemagne), 115  000 bébés ont l’an dernier passé leurs premières journées de vie avec ces bracelets electroniques, qui protègent également contre le risque d’échange de nourrisson – autre hantise récurrente de jeunes parents durablement marqués par le film « La vie est un long fleuve tranquille ». Car avec ces bracelets électroniques, se pose la question de la sécurisation de l’hôpital public français, par principe ouvert à tous, où se croisent chaque jour des milliers de malades et de visiteurs sans aucun filtre à l’entrée, à l’inverse des usages anglo-saxons.

Les antivols de nourrissons sont-ils la bonne réponse ? Pas évident, si l’on en croit le professeur François Goffinet (le Parisien du 22 janvier 2007), qui considère qu’il s’agit « d’une réaction excessive à un problème qui n’est pas si courant que cela ». D’autres soulignent la situation particulière de la maternité de Montfermeil traumatisée par deux rapts successifs. Mais certains rêvent d’adopter le système : plusieurs hôpitaux étudient actuellement des devis. Alors, paranoïa ou réelle sécurité supplémentaire ? Les bracelets électroniques vont-ils devenir des accessoires aussi banals que les hochets et les peluches des nouveaux-nés ?


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sxpert
08H54 07/05/2007

à quand la version implantée sous la peau, comme on fait déjà pour les animaux de companie ?

 
MrSel
15H56 10/05/2007

La comparaison avec les mesures de sécurité prétendument renforcées aux aéroports serait intéressante. Dans un cas comme dans l’autre, on ajoute des systèmes réputés sûrs qui n’empêcheront pas vraiment quelqu’un de déterminé à agir, mais qui rassurent dans une certaine mesure les usagers habituels.

A noter que l’OACI rendra public une série d’objets dont elle recommendera le bannissement des avions commerciaux en juin prochain. Un organe international principalement tourné vers la sécurité du transport aérien se prononce - enfin - alors que les discours sécuritaires sur ce qu’il est possible ou non d’embarquer dans un avion paraissent aujourd’hui encore largement dominés par l’irrationalité.