La Générale cherche à squatter ailleurs


Article et interview Ella Marder

A l’origine, c’est une usine (« de chaussures chics exportées vers New York ») forcée à la fermeture pendant l’occupation. Son propriétaire était juif. Après avoir servi de garde-meubles dans les années soixante, le building du 10, rue du général Lassalle (Paris, XIXe), s’est fait abri temporaire pour matériel scolaire, informatique, jusqu’à être définitivement désaffecté en 1994. En 2005, la lumière y pénètre de nouveau et on le rebaptise Squat La Générale.

« On », c’est Anissia Nisuzeyman et Akim Romatif, deux des trois « ouvreurs » principaux du lieu et « directeurs » de l’association Made in Shanghai. Ses locaux occupent aujourd’hui le deuxième des quatre étages du bâtiment. L’association y accueille danseurs, musiciens, plasticiens, acteurs, réalisateurs, peintres… sans critère de sélection autre que la motivation personnelle et le désir de faire découvrir et partager leurs travaux et leurs idées.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. De partage. C’est parce qu’ils se trouvaient pour la plupart nouvellement parents quand ils ont été expulsés de leurs appartements respectifs et ont traversé de longs mois de « galère immobilière », et parce qu’ils sont eux aussi artistes et intermittents (avec tout ce que cela comporte de précarité) qu’ils ont décidé de s’imposer dans ces 8 000 m2 vides et inexploités. A la seule condition de le faire « bien ». A l’allemande, en fait; c’est à dire d’une manière tout sauf « vandale »: respect et tenue du lieu (présence d’enfants oblige) et surtout utilisation intelligente.

Ainsi, depuis deux ans, l’Association Made in Shanghai et La Générale dans son ensemble abritent artistes de tous bords, concerts, salle de massage chinois, « réparateurs d’ordinateurs usagés » qui les redistribuent -une fois en état de marche- dans des écoles et des centres de quartiers défavorisés, des associations humanitaires, des ONG (RESF, BAC…). Les samedis matins, ce sont les sans-papiers qui se réunissent dans la salle de ciné, où trônent fauteuils et canapés de velours, de cuir, de sky et de récup’.

L’Etat, propriétaire officiel du lieu, pense à le transformer en hôpital psychiatrique. Reste à espérer pour Anissia, Akim, Jean-Philippe Stassen, Tribudom et tous les autres qu’il leur trouvera un nouveau toit pour continuer, au chaud et au sec, leur action artistique d’aide et de partage.


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Courageux anonyme
19H12 06/05/2007

bravo

 
Yo
22H25 06/05/2007

Excellent le format :
Vidéo + voix off + article.
 Continuez!

 
E.Marder - R.Duroy | Rue89
23H26 09/05/2007

merci Yo
si c’est bien toi, sache que ta plus grande fan te remercie
du fond du…

 
Courageux anonyme
00H14 07/05/2007

Super le format!
Et merci pour l’article. Ca fait plaisir d’entendre parler d’eux! Et des petits chats!

 
Courageux anonyme
09H37 07/05/2007

Salut et bon courage, surtout à Akim (Eric)…

LeFred
http://www.lefred.fr

 
Courageux anonyme
11H18 07/05/2007

Belle initiative, plein de courage à vous pour la suite.

 
Courageux anonyme
20H24 07/05/2007

Très bel endroit, tenu par des gens sérieux et respectueux des compagnies, artistes et autres qu’ils reçoivent !
Combien de « scènes nationales » mériteraient de retenir la leçon que La Générale donne. Bravo et merci pour l’article. Longue vie au site.