Entretien 03/05/2007 à 17h37

Polémique sur les enfants handicapés à l'école : « une loi existe déjà »


Frédérique Hood préside l’association Trouve-moi une école qui milite pour l’intégration des enfants handicapés en milieu scolaire « ordinaire ». Un thème qui peine à mobiliser le grand public, et qui se retrouve soudain, à l’occasion d’une passe d’armes entre les deux candidats à la présidentielle, en pleine lumière. Faut-il s’en réjouir ? Pas si simple.

Le candidat de l’UMP a promis la création d’un « droit opposable » à l’intégration des enfants dans le système scolaire ordinaire, censé permettre aux parents d’enfants handicapés de réclamer en justice une place dans une école. Ségolène Royal s’est, elle, insurgée contre la suppression des 7000 auxiliaires de vie, chargés d’accompagner les handicapés dans leur vie scolaire et prévus par le plan Handiscole lancé par son ministère en 2001.

Curieusement, aucun des deux candidats, notamment Nicolas Sarkozy, n’a pensé à évoquer une loi récente, qui pose déjà que tout enfant handicapé a le droit d’être scolarisé.

Si la nouvelle loi était réellement appliquée, le nombre d’enfants handicapés régulièrement inscrits à l’école devrait grimper en flèche. Nicolas Sarkozy a assuré hier soir qu’il avait été multiplié par trois. Quant à Ségolène Royal, elle a regretté des chiffres en diminution, selon elle, de plus de la moitié en cinq ans. Alors, la candidate socialiste est-elle dans le vrai ?

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  • Citoyenne
    Citoyenne
    Responsable d'association
    • Posté à 18h14 le 08/05/2007
    • Internaute 1808
      Responsable d'association

    Bravo, excellent reportage, la forme est très agréables : quelques photos et infographies auraient été bienvenues pour étayer le contenu des réponses à l’interview !

    Continuez !

    • Anonyme répond à Citoyenne

      La loi est évidemment incontestable, il faut bien évidemment aller au secour des parents dans des situations difficiles et douloureuses.
      Par contre la loi a-t-elle était lancée en pensant aux moyens aussi bien financiers qu’humains ?
      J’en doute.
      Par ailleurs
      Les handicaps sont variés et ne peuvent être forcément tous traités au sein des établissement scolaires.
      C’est une honte de faire rêver tous les parents.
      A mon point de vue sur des handicaps moteurs et mentaux légers c’est certainement supportable par l’institution mais pour les handicaps lourds mentaux ou et physiques nos politiques généralisent par vocation éléctoraliste ou sans être conscient des dégats qu’ils peuvent engendrer, autant chez les parents fragiles croyant avoir trouvé le secour que sur du personnel non formé que l’on veut de plus culpabiliser.
      Est-ce peut-être seulement une sombre histoire comptable ? Les instituts adaptés coûtant trop cher ?
      J’espère que le cynisme de nos technocrates n’en est pas arrivé là.

  • RIVAL
    RIVAL
    bientôt à la retraite
    • Posté à 06h22 le 09/05/2007
    • Internaute 1263
      bientôt à la retraite

    Je fus futur papa par deux fois, et j’avais la hantise de voir naître un enfant handicapé. D’ailleurs quand mon aîné naquit, je le regardai sous toutes les coutures avant de savoir si c’était un garçon ou une fille.
    En tant qu’enseignant, j’ai eu l’occasion d’accueillir depuis bien des années des enfants présentant des handicaps physiques ou mentaux (enfant au retard intellectuel lourd mais au comportement viable dans une classe, mon seul souci à l’époque étant que les autres n’éclatent pas de rire quand elle disait des bourdes énormes, cela se déroula sans trop de difficultés)hormis que cette enfant eût plus progressé dans une classe adaptée. Nous étions dans une petite ville et cette structure ne pouvait exister, les parents ayant la chance , dans leur malheur, d’être tous deux fonctionnaires auraient pu demander une mutation vers une agglomération suffisamment importante pour être dotée en équipements et personnel qualifié pour permettre un meilleur épanouissement de leur enfant.
    L’an passé, nous dûmes accueillir , à mi-temps un enfant autiste, personne dans l’école n’avait jamais reçu la moindre formation et nous étions nombreux à découvrir ce qu’était cette maladie.
    L’enfant hurlait toute la matinée, les maîtresses des classes voisines pouvaient à peine travailler.
    Un jour, l’enfant se tapa la tête sur le sol, nous étions quatre adultes autour de lui à ne savoir comment l’apaiser, ce ne fut que lorsqu’il vit venir la personne qui l’amenait à l’école qu’il se calma.
    Notre position était alors très délicate, si nous refusions qu’il continue de perturber le travail de soixante-dix CP, nous étions des méchants refusant d’intégrer un enfant handicapé, et si nous continuions à l’accepter nous nous mettions à dos les autres élèves et surtout les parents, sans parler des maîtresses qui devenaient « dingues ».
    L’inspecteur d’académie brilla par l’absence de ses réponses, comme d’habitude, sa devise étant : « Courage , fuyons ! »
    Ce n’est pas tout de pondre des lois même avec décrets d’application, encore faut-il s’assurer au préalable de la faisabilité des mesures sur tout le territoire, PARIS n’est la France.

    • penser.culture
      penser.culture répond à RIVAL
      • Posté à 01h52 le 10/05/2007
      • Internaute 2280

      merci de votre, témoignage.
      En ce qui me concerne je travaille sur un intersecteur de pédopsychiatrie et je reçois notamment des enfants en grande difficulté. Je pense tout de même que certains enfants ont besoin d’une attention qui ne relève pas du bon pédagogue mais d’un travail clinique élaboré. Je suis en lien avec les maîtres qui reçoivent certains des enfants dont je prends soin, ils sont souvent dans un grand désarroi voire une grande souffrance face à ses enfants. Travailler avec certains enfants ne s’improvise pas et nécessite une formation et aussi des MOYENS. Pour ma part le groupe que j’ai créé l’an passé accueille une après midi par semaine 4 enfants et nous sommes au moins quatre adultes pour nous en occuper. Parmi ces quatre adultes deux sont des stagiaires et ne coûtent donc pas cher quant aux deux autres nous sommes contractuelles de la fonction publique hospitalière et donc payées quasiment au niveau débutant malgré notre ancienneté.
      Les quatre enfants sont inscrits à l’école mais ils ne la fréquentent pour trois d’entre eux que moins d’une journée par semaine. Alors certes ils rentrent dans les statistiques des inscrits... Deux de ces enfants ne parlent quasiment pas malgré leur âge (8 ans et 5 ans). Alors « tous inscrits à l’école communale ! » Est-ce le bon slogan ? Ne pourrait-on pas plutôt réfléchir vraiment à ce que serait une école pour chacun, et non la même école pour tous ?

      le pédagogique est une chose, la clinique est autre chose, il est possible de les articuler si de réels moyens sont mis en place : mais extrêment rares sont les établissements ou cela peut se faire.
      Certains département comme la Seine-Saint-Denis manquent de structures, d’établissements pour accueillir des enfants qui ont besoin d’une attention particulière aussi c’est dans ces départements que les enseignants de l’école publique reçoivent beaucoup d’enfants qui ont de très très grandes difficultés pour les acquisations des savoirs dits « scolaires ».

      Le bon sens nous recommande de consulter le médecin lorsque nos enfants ont de la fièvre ou des maux de tête, des vomissements que sais-je encore et nous leur épargnons la fréquentation de l’école pour quelques jours dans ce cas. Comment se fait-il que notre bon sens s’égare lorsque les maux des enfants ne sont plus directement somatiques mais concernent leur être au monde ce que d’aucuns nomment la « maladie mentale ». La souffrance psychique par exemple n’aurait-elle plus de place dans notre société ?

      Une société qui ne s’occupe pas des plus faibles qu’est-ce que ça peut signifier ?
      Le débat est complexe et nécessite des réflexions approfondies avec une REELLE concertation avec les professionnels et les familles. à suivre donc

      (Au passage on peut consulter aussi le site « pas de zéro de conduite ».)

    • Anonyme répond à RIVAL

      L’accueil de l’enfant handicapé est très complexe car les acteurs sont fort nombreux – enfant, parents, enseignants, thérapeutes, Etat ... Cependant, je crois que cette loi était une condition sine qua non à la reconnaissance de l’être handicapé comme citoyen à part entière. Elle est comme je le dis dans l’interview la première brique de l’édifice. Sachez également que je suis une des premières à déplorer que les moyens de l’appliquer ne soient pas mis à disposition – puis-je vous suggérer de visiter le site de notre association Lien l’éditorial je crois fait écho à vos reflexions.
      J’espère que vos expériences délicates dans le domaine ne vous feront pas hésiter si l’aventure se présentait à nouveau. Si je peux me permettre un conseil, cherchez l’appui/l’aide d’associations si la hiérarchie ne vous aide pas.

  • Pat16
    Pat16
    une nanass
    • Posté à 11h03 le 11/05/2007
    • Internaute 1885
      une nanass

    Je suis très étonnée de voir que très peu de réactions s’inscrivent sur ce sujet à part celles des professionnels directement concernés et qui visiblement connaissent bien le terrain.
    Mais où sont les parents ?

    • Anonyme répond à Pat16

      Et bien, je crois que ce n’est pas très compliqué.
      Mettons nous à la place de parents qui depuis des années font le maximum pour leur enfant : un jour on leur claironne que le 15 septembre leur enfant sera en classe, enfin. C’est à la fois pour eux un soulagement, d’être un peu déchargés et un espoir de voir leur enfant aidé et encadré.
      Ce qu’on ne leur dit pas, c’est qu’on impose leur enfant dans des classes ordinaires, pendant la majeure partie de la journée. Ils sont confiés la plupart du temps à des maîtres peu ou pas formés, mais volontaires, obligés souvent. Ils subissent alors la classe ordinaire dont on devine l’efficacité...tant pour eux que parfois pour les autres.
      L’important pour l’administration est de pouvoir dire qu’on a mis l’enfant dans la même classe, la même école que son voisin auquel on ne dira pas naturellement que le peu qui est réalisé dans l’établissement est souvent organisé en redistribuant une partie des moyens qui avaient été prévus pour l’enseignement des élèves ordinaires et donc, dans une certaine mesure à leur détriment.
      Il faudrait aussi distinguer le cas des handicapés physiques et des handicapés mentaux.
      Que dire aussi des gitans imposés en sixième sous prétexte qu’ils ont l’age légal et qui ne savent ni lire,ni écrire ?

      Cela ne signifie pas qu’il ne se fasse jamais rien de bon pour tenter de résoudre ces problèmes mais ce qui existe est loin d’être à la hauteur des discours et déclarations d’intention répétés.
      Celui qui écrit ces quelques mots a dirigé des collèges publics pendant des années. Sa conviction est qu’il y a au moins sur ces points un énorme et honteux abus de confiance envers des parents souvent désarmés.

  • christila
    • Posté à 19h33 le 11/05/2007
    • Internaute 2055

    J’ai eu en 1999 une élève non voyante en troisième. C’était une excellente élève en Français, en langues, en histoire, en biologie et elle était très encadrée en dehors du collège. Elle possédait un ordinateur qui lui permettait de suivre et nous fournissions les cours, les interrogations à l’avance pour qu’ils soient traduits en braille. Pour moi ce fut une année très difficile car il y avait 27 èlèves dans la classe et j’enseignais les mathématiques. Je n’avais aucune formation pour affronter cette situation. J’avais l’habitude de travailler avec mes élèves en utilisant des fiches à trous que je préparais sur mon ordinateur. Je devais les retaper en MS DOS pour qu’ils puissent être traduits pour elle et faire les figures de géométrie sur papier spécial tout ça sans aide dans ma classe et arriver à faire suivre les 26 autres élèves. Cette année a été épuisante pour moi et j’ai délaissé ma famille. Si je raconte cette histoire c’est pour montrer que ce sujet ne doit pas être considéré à la légère. Cette enfant était à l’aise dans la classe, elle a eu son brevet puis un bac littéraire avec mention bien. J’ai fait de mon mieux pour la former en maths mais ce n’était pas la matière qu’elle préférait et on imagine facilement les difficultés... J’aurais tellement aimé avoir moins d’élèves, un adulte près d’elle pour l’aider, mais j’étais seule. Il ne faut pas polémiquer sur ce sujet, ces enfants ont le droit d’être accueilli avec les autres mais pas dans n’importe quelles conditions.

  • Anonyme

    Je suis un handicapé, et âgée de 52 ans, je suis malentendant depuis l’age de 7 ans .Je suis passé par l’éducation national. Sans aucune aide de quiconque, j’ai fait mes études et réussi.
    Mon handicape est faible et cependant cela fut très dur. L’éducation national est une industrie aux standards précis, incapable de prendre en charge la moindre diversité ou anomalie. J’ai pu le revérifier avec mes 2 enfants.
    Cette institution n’est pas adaptée à l’handicape, elle doit produire 80% de bacheliers d’une classe d’age en un temps précis. L’handicape est chronophage pour tous, et le temps est compté dans cette industrie du savoir.
    Quand au capacité ou formation du personnel à l’handicape, c’est à nourrir de rire. J’ai deux médecins généraliste dans ma famille, ils sont incapable de comprendre les problèmes des enfants malentendants, bien qu’ils aient connaissance de ces problèmes.
    Je suis pour les écoles ou institutions spécialisés, avec des médecins spécialistes qui ont une réelle expérience de terrain. L’univers de l’handicape n’est pas votre si vous ne le vivez pas. L’adaptation d’un jeune handicapé à la normalité est un dur combat à mener en plus du programme scolaire. La compensation d’un handicape n’est pas au programme du ministère de l’éducation national.

    Votez des lois inapplicables n’est pas un handicape pour nos députés, c’est de la politique !

    le système ne vous intègre pas, c’est l’handicapé qui s’intrigue par compensation de son handicape. La compétition sociale ne fait pas de cadeaux .Apres il devra affronter le monde du travail qui est encore pire.
    J’ai été membre d’un CHSCT d’une entreprise de 1500 employés, et surprise ! Ce n’est pas toujours le patron ,le plus intolérant, les collègues de travail seront profiter de l’handicapé, voir tout faire pour le faire virer. Et ils vous expliquent qu’ils n’ont pas les même avantages que lui. Je suis sur que vous avez déjà vu ça ? Pas vrai ! Ce manque d’éducation est national bien sur.

  • Anonyme

    Apparemment tout le monde est d’accord :
    il faut des moyens humains et matériel^pour que les enfants soient correctement accueillis.
    Les témoignages des enseignants sont concordants, la seule bonne volonté ne suffit pas.
    Mais méfions nous du discours officielle : d’un coté l’obligation scolaire, de l’autre la réduction budgetaire et donc des postes en moins .
    Qui dans les médias à mis l’accent sur l’agrandissements des réseaux « RASED » dans le primaire ? 14 écoles à gérer pour un groupe de 7 enseignants spécialisés ! Qui parle de la disparition de certains maitre spécialisé qui porte des noms barbares compréhensible par les seuls initiés de l’éducation nationale ? maitre E,
    MAitre G, Maitre D autant de lettres que de spécialités ! Tiens je voulais être enseignante en languages des signes : on me demanda 20 000 francs pour la formation à l’époque car je n’étais pas la maman d’un enfants muet mais juste une étudiante ! ! ! est-ce que cela est encore vrai 20 ans après ?
    L’intégration des enfants handicapés doit elle sefaire à n’importe quel prix ?
    sans formation pour les enseignants : ne rêver pas ma formation a été minimale je ne savais même pas ce qu’étais une vision tubulaire jusqu’à y être confrontée ( merci à la maman de l’enfant qui m’a alors expliquée ! !)
    l’école est dévalorisée, mal dans sa peau, les enseignants que je cotoie sont de plus en plus enfermé dans leur classe, les bonnes volontés renouvellées chaque année avec les sortants de l’iufm s’épuisent peu à peu contre le mur du discours officiel et des moyens réels, contre la désinformations du grand publics et les réalités du terrain.
    On nous fait passer pour des fainiants seuls interressés par nos vacances scolaires ou nos « 35 heures » venez donc voir ce qui se passe dans les écoles, les collèges ou les lycées. Lorsque la loi aura imposée la scolarisations des enfants handicapés dans le systeme « normal » sans prendre en compte les différents handicaps, lorsque enfin les postes et les maitres spécialisés auront disparu : cliss, segpa et autres postes clés .
    Quels seront les débats ? pour le moment les discours sont enjôleurs , et bien pensants comme toujours en france, politiquement correct, bien dit et bien présenté : comme un rôti du dimanche il peut être bien ficelé, bien présentée n’en demeure pas moins que si la viande est avariée ....

  • Anonyme

    le fric, il y est mais il atterrit ailleurs qu’à l’école..

    les enseignants croient peut-être qu’on va leur signer des chèques en blanc en leur disant :
    « OK , quand vous aurez un enfant handicapé dans votre classe, mettez la somme dessus et passez a la banque » .

    Des formations sont proposées dans les IUFM mais parfois annulées par manque de candidats,
    des budgets matériels spécifiques non utilisés et des aides humaines qui attendent gentiment chez elles car on ne leur a pas encore signalé leur affectation.

    En attendant le déclic ( attendu depuis la loi de 75 en faveur des PH..qui prônait.. déjà ! ! .. l’accueil dans l’ordinaire), l’argent, on continue à le donner à ceux qui « récupèrent » ( depuis toujours) les enfants déclarés ( par qui ?) non scolarisables et qui finissent dans le circuit hors EN ou plutôt « hors du circuit EN ».
    ––-
    Petite question mathématique :
    Monsieur le Président de la République dit , qu’« en France, 40% des enfants ayant un handicap sont scolarisés en milieu scolaire classique ».
    Les dernières statistiques publiques disent(lacroix les a publiées, elles doivent être verifiées !) :
    151 500 ont été accueillis à temps partiel ou complet dans les établissements de l’EN, et 76 300 ont été accueillis dans des établissements médico-éducatifs et hospitaliers (sous tutelle du ministère de la santé).
    si 151K fait 40%, 100% ça fait pas 377.5K ? ?
    on en a 151K à l’ecole et 76K en etabl.medico-socio
    OU sont les 150K restants ? ?

  • Anonyme

    Si j’avais un enfant handicapé, je préférerais de loin que celui-ci soit accueilli dans une structure spécialisée, avec des gens formés et volontaires pour le prendre en charge.
    Arrêtons l’hypocrisie !