New York veut payer les pauvres qui se tiennent bien


(De New York)

Un enfant en primaire qui n’a jamais séché les cours? Vingt-cinq dollars. Et au lycée? Cinquante dollars. Il décroche son diplôme? Trois cents dollars. Ce sont quelques uns des tarifs du programme pilote qui sera testé à New York à partir de septembre. L’idée: récompenser financièrement les bons comportements. Parmi les autres bonnes conduites rémunérées: assister aux réunions de parents d’élèves, aller à une visite médicale et, tout simplement, travailler. Les bons points seront versés tous les deux mois. A la fin de l’année, une famille pourra gagner jusqu’à 5 000 dollars.

Pilier du programme, le maire Michael Bloomberg, qui a fait de la lutte contre la pauvreté une des priorités de son second mandat. « Dans le secteur privé, des récompenses financières encouragent les comportements qui profitent à l’entreprise: travailler dur, atteindre des objectifs de vente, trouver plus de clients », a expliqué Bloomberg, ancien patron de l’entreprise qui porte son nom. « Nous croyons que, dans le public, des primes financières pourront encourager des actions qui bénéficient à la ville et aux familles: meilleure assiduité dans les écoles, plus grande implication des parents dans l’éducation, meilleures qualifications professionnelles. » Autrement dit: on va payer les familles pour prendre les bonnes décisions qui, à long terme, les aideront à casser les cercles vicieux de la pauvreté qui coûtent cher à la ville.

En juillet, 5 000 familles avec enfant(s) seront recrutées dans les quartiers les plus pauvres de New York pour participer à l’expérience. La moitié d’entre elles recevront les primes de bonne conduite, l’autre moitié servira de groupe témoin.

Est-ce bien, comme le décrit Bloomberg, une application au public de méthodes privées? Larry Aber s’en défend. Chercheur à la New York University planchant depuis des années sur les cercles vicieux de la pauvreté, c’est lui qui a attiré l’attention du maire sur cette idée qu’il avait découverte en Afrique du sud. Il ne voit pas les sommes versées comme des primes mais plutôt comme des compensations pour les coûts d’investissement dans des décisions qui ne payeront qu’à long terme. « Pour nous, aller chez le pédiatre, ça prend une demi-heure. Une famille pauvre risque d’aller quelque part avec deux heures d’attente. Et la demi-heure qu’on manquera sur le travail représentera un bien plus petit pourcentage de notre salaire que les deux heures sur le leur. » Selon lui, les pauvres « paient plus que nous pour faire les mêmes choses ». Ce n’est pas non plus selon lui un système condescendant expliquant aux plus démunis comment se comporter. « Ce n’est pas paternaliste: tout le monde veut la même chose pour ses enfants, mais certains n’en ont pas les moyens. »

A écouter Margy Waller, chercheuse à Inclusion, un think tank économique de gauche, l’impact de l’expérience sera forcément limité, « sans même aller jusqu’à se demander si cela peut marcher ou non, et si c’est le meilleur investissement qu’on puisse faire de cette somme », car cela n’empêchera pas les bénéficiaires du programme « de rester coincés dans des boulots mal payés ». Une étude que vient de publier le Center for American Progress indique qu’un quart des emplois américains ne permettent pas de faire vivre une famille au dessus du seuil de pauvreté.

L’annonce du lancement du programme n’a pas fait beaucoup de vagues à New York. Entre autres parce que Bloomberg a fait appel à des fonds privés. L’expérience, dont le coût est estimé à cinquante millions de dollars, sera financée par des organisations privées comme les fondations Rockefeller et Star (qui donnent dix millions de dollars chacune) et l’Open Society Institute de George Soros (cinq millions). Si les résultats sont concluants, le programme pourrait ensuite être soutenu par des fonds publics. Détail amusant: un système similaire fonctionne déjà au Mexique à grande échelle. Ce qui, lorsque Bloomberg est allé voir la semaine dernière ce qu’il donnait, a provoqué quelques articles du type « New York cherche au Mexique des tuyaux pour lutter contre la pauvreté ».



A lire:
En Angleterre aussi, des bourses récompensent l’assiduité
Explications de Eric Maurin, économiste et sociologue français.



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13H17 15/05/2007

Bon malgré le résultat final c’est à dire de l’argent dans des poches ki en ont bien besoin…ca sent le sussucre pour le bon chien chien… Puis ca nous montre encore la toute force du système economique, ces new yorkais pourront-il un jour se mettre en grève, pourront ils manifester leur mécontentement a partir du moment ou cette remunération deviendra vital pour eux…a voir…je ne suis pas dans le cas de ces personnes la alors puis je vraiment critiquer ou aduler ca…

 
Courageux anonyme
18H58 15/05/2007

blurb!

 
Courageux anonyme
16H50 16/05/2007

il ne s’agit pas de récompenser mais de faire que les salaires permettent de grimper l’échelle sociale. le salaire minimale aux us est de 5.25 E de l’heure. C’est cela ce qui est juste. Le reste n’est que du paternalisme.

 
Courageux anonyme
16H51 16/05/2007

il ne s’agit pas de récompenser mais de faire que les salaires permettent de grimper l’échelle sociale. le salaire minimale aux us est de 5.25 E de l’heure. C’est cela ce qui est juste. Le reste n’est que du paternalisme.

 
Courageux anonyme
17H09 17/05/2007

tout a fait d’accord avec matmaz , mais ca risque d’avoir un paquet d’effets pervers

 
Courageux anonyme
13H23 15/05/2007

Slt

Giving a dog a bone!
Soit sage et bouge plus.Ca part d’un bon sentiment peut etre mais le vrai bon sentiment serait de travailler et de consacrer de l’argent à des programmes qui font qu’il y aurait moins de pauvres non?

Ben non. Sécurité. Rentrer dans le rang. Soyez sage, et vous serez récompensé. (Oh au fond y a une tete qui dépasse, tiens 50 bucks et arrete de te faire remarquer svp!)

 
Courageux anonyme
14H12 15/05/2007

On avait déjà chez nous le : »Tes parents n’ont pas payé la cantine à temps, donc tu mangera rien !et que ça serve d’exemple aux autres » ; bientot ca sera , un retard ou une absence : arret des allocations familiales (pour les familles qui en ont..les autres..à voir)

Quel bel avenir dans ce monde pour les enfants..et pourtant…comme chantait si bien une certaine personne..

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s’y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l’herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n’avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu’on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d’enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

 
BM | Assassien résistant
14H19 15/05/2007

Je pense que ma réaction aurait sans doute été plutôt négative sans le commentaire de LARRY ABER, chercheur à NYU.

En effet, si assimiler ces versement à des primes, à des os donnés à des chiens obéissant, en l’occurrence ça n’est pas le cas. Il s’agit effectivement de « compensations pour les coûts d’investissement dans des décisions qui ne payeront qu’à long terme ».

Il est assez aisé pour des gens qui ne sont pas confrontés à ce genre de situation de prendre position contre une telle mesure. Il n’empêche qu’elle prend en compte une réalité ; qu’elle est un moyen de remettre tout le monde plus ou moins au même niveau au moment de prendre certaines décisions.

 
Courageux anonyme
15H14 15/05/2007

Je pense quand même que les gens qui travaillent devraient avoir des salaires qui leurs permettent de vivre sans « récompense » et sans « allocation ».

Qui n’a pas un jour séché un cours ? Est-ce que les enfants de riches qui ne vont pas en cours seront sanctionnés ? Exemple : retenue sur salaire des parents et reversement de la somme aux pauvres assidus ??? Je n’ai pas vu la mention de telles mesures dans l’article. L’objectif est-il d’aider les plus pauvres à vivre mieux et à accéder à l’éducation et seulement celui-là ?? N’est-ce pas une façon de les faire rentrer dans le rang et de nettoyer les rues de NY ?

En effet, est-il normal d’avoir un système social et médical tel qu’il permette aux riches de passer seulement une demi-heure chez le pédiatre alors qu’il en faut 2 pour les pauvres ? C’est pas ça qu’il faudrait changer plutôt ?

Est-ce qu’ils ne prennent pas le problème à l’envers ?

 
Courageux anonyme
16H45 15/05/2007

Votre commentaire part du principe que les Américains ont à coeur une société égalitaire. Certes, dans le système politique français, marqué par un Etat central puissant qui régule la vie publique, on peut considérer, qu’ils prennent le problème à l’envers. Mais, les Américains acceptent très bien les inégalités sociales et économiques qui caractérisent leur société et estiment qu’il s’agit d’une conséquence de choix individuels. D’où la logique… je te donne la capacité financière de faire le bon choix. L’objectif est en en effet uniquement d’aider les pauvres à vivre mieux.
Suggérer que les enfants de riches soient sanctionnés en retenant une partie du salaire de leurs parents, et en le reversant aux pauvres assidus est une façon de faire rentrer tout le monde dans le rang… de façon égalitaire. C’est une solution à la française. A trajectoire historique et valeurs différentes, solutions différentes..

 
Courageux anonyme
23H22 16/05/2007

« les Américains acceptent très bien les inégalités sociales et économiques qui caractérisent leur société »

?????????

 
fourminus | observateur attentif
16H34 15/05/2007

La bonne nouvelle c’est que les américains vont le tester pour nous… Si ca marche : pourquoi pas !

Le problème c’est que parfois même quand ca ne fonctionne pas ca arrive quand même en France : exemple Nicolas Sarkozy, notre Georges W. Bush à nous, 10 ans après…

 
Courageux anonyme
14H38 15/05/2007

Les pauvres dans les Etats-Unis ont decide de devenir des « beasts of burden » se contentant de carottes au bout du baton qui frappe durement et purement leur dignite, je me demande quel saurait la reaction d’un Arlo Guthrie s’il pouvait contempler un tel gachis.
Encore un effort comme dirait Sade, bande de malhereux.

 
Courageux anonyme
15H50 15/05/2007

Ce n’est pas nouveau, les riches familles romaines avaient leurs réseaux de « clients », auxquels elles faisaient apporter de la nourriture, moyennant de voter pour elles. Avec les jeux du cirque on avait ainsi la formule « panem et circenses ». Il ne reste plus que les jeux du stade à instaurer à N-Y pour imiter sa prestigieuse ancêtre.

 
Courageux anonyme
17H53 15/05/2007

Et les NY Yankees ? et les NY Knicks ???

 
Courageux anonyme
15H52 15/05/2007

Ce n’est pas nouveau, les riches familles romaines avaient leurs réseaux de « clients », auxquels elles faisaient apporter de la nourriture, moyennant de voter pour elles. Avec les jeux du cirque on avait ainsi la formule « panem et circenses ». Il ne reste plus que les jeux du stade à instaurer à N-Y pour imiter sa prestigieuse ancêtre.

 
Courageux anonyme
18H24 15/05/2007

Ph.K.Dick est dépassé par la réalité ! en revanche si vous pouvez me conseiller qqs sites pour avoir + d’infos sur la précocité des romains dans le domaine du clientèlisme éléctoral, je suis preneur.Merci et bravo à R89. renemariacesaer@orange.fr

 
Courageux anonyme
15H54 15/05/2007

Je suis francais exile aux USA, et voici pour moi, un type de mesure interessant. Il n’est pas dit que ca marche, certes non. Mais ca vaut le coup d’etre essaye. Un peu comme la « discrimination positive a la francaise » qu’eut prone Sarko. Voila des mesures tres eloignees de nos modes de pensee francais, mais qui ont le merite d’etre des pistes de solution a des probleme qu’on regarde se developper en France sans rien faire - parce qu’on ne trouve pas de solution ideologiquement satisfaisante. La France devrait un peu abandonner ses ideologies - notamment le sclerosant heritage marxo-trotskiste qui n’a plus rien a voir avec le 21eme siecle - et faire plus d’experiences de ce type, quitte a evidemment corriger apres coup les dispositifs pour eviter les effets pervers.
J’ajoute que j’apprecie beaucoup certaines approches de la Recherche economique et sociologique US. On a peut-etre - surement - la meme chose en France, je n’en sais rien pour etre honnete. Mais je trouve tres intelligent l’idee d’un chercheur sur les « cercles vicieux de la pauvrete ». Je trouve que ca offre des angles d’approches de ce type de probleme assez nouveaux, un peu comme le fait pour l’economie l’auteur de Freakonomics.

 
Courageux anonyme
17H00 15/05/2007

Oui, je crois que tu as raison, les pauvres sont pauvres parce qu’ils ne veulent pas travailler plus pour gagner plus, ils ne sont pas comme nous travailleurs vertueux avec le seul but dans la vie de nous enrichir, propres, civilises, charitables, toujours prets a gagner toujours plus, sans tabous et tres decomplexee pour exploiter quiquonque se croise dans notre « yellowed brick road » et oh combien tu as raison quand tu laisse comprendre que LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, devise de la Republique que tu nomme « heritage marxo tronskiste » elle serait obsolete, ringarde pas du tout moderne par contre le modele de societe Victorienne est completement moderne, contemporaine, un fait d’innovation tout comme les neo-conservateurs. Je vois que tu es habite par des GREAT SPECTATIONS.

 
Courageux anonyme
23H15 15/05/2007

je crains que tu n amalgames idéologie et phylosophie politique
un peu simpliste en effet, l analyse de Marx sur le capitalisme est pourtant d une brulante actualité me semble t il. Bien que je n adhere pas aux theses de la dictature du prolétariat, l heritage phylosophique de Marx demeure incontournable, les themes développés du temps de l international lors de la lutte entre les idées socialistes de marx et Engel et les idées developpées par Proudhon ou Bakounine du coté libertaire resteront les pilliers de la constuction de nos sociétés occidentales vers plus d égalité entre les citoyens
puissions nous élever le débat à ce niveau que la société en tirerait un grand profit !
je t invite chaudement à relire les ecrits de ces personnages cela t aidera je l espere à te sortir de cette mélasse intellectuelle du type :
« Mais je trouve tres intelligent l’idee d’un chercheur sur les « cercles vicieux de la pauvrete ».
je serait tres interressé si tu pouvais developper
ton propos sur le fait que cet héritage n a plus rien d actuel !!

 
Courageux anonyme
15H37 16/05/2007

Cet heritage n’a plus rien d’actuel d’abord parce qu’il part d’une separation entre le proletariat - qui n’aurait a vendre que sa force de travail - et les capitalistes - detenteurs du capital-, qui resulte d’une analyse datant d’une epoque ou ces deux categories etaient absolument impermeables. Aujourd’hui, des ponts se sont crees, avec tous les mecanismes salutaires de redistribution qui ont ete mis au point, mais aussi avec l’avenement d’institutions bancaires de pret et d’institutions d’aides sociales qui n’existaient pas. Certes, il y a toujours des tres riches (peu) et des tres pauvres (beaucoup), mais on passe de plus en plus facilement d’une categorie a l’autre. Le vrai fosse aujourd’hui, entre riches et pauvres est, il me semble, culturel et educatif, du fait - tiens toi bien, tu vas hurler - d’une certaine faillite de l’ecole republicaine et d’une certaine faillite morale de la societe, corollaire inevitable et presque souhaitable de la modernisation. Mais surtout cette ideologie - le mot est choisi, mon ami - a conduit, a travers le prismes de diverses contre-culture, a une interpretation du monde bipolaire, d’un simplisme bushiste, entre un systeme organise de gens riches et puissants visant a ne faire qu’exploiter la masse de pouvoir d’achat represente par les plus pauvres. Or je recuse profondement cette interpretation. Je pense que chaque agent social et economique est independant et que les grands mouvements qu’on observe sont un agglomerat de decisions individuelles et non le resultat de corporations, de machinations et de complots. C’est donc a ce moment precis que je deviens un vilain liberal. Tu l’auras compris, je n’ai pas lu la pleiade des philosophes-ecomomistes russes qui fondent ta pensee, et qui forment la matrice - non pas de la construction de nos societes occidentales - mais de ton interpretation de la construction de ces societes. Je n’ai lu que les basiques que j’ai trouve surannes. Je suis etonne que tu designes mon raisonnement de « melasse intellectuelle », j’en viendrai a croire que tu es sectaire et que tu as du mal a traiter des contradicteurs autrement que comme des cretins. Je suis fondementalement convaincu de l’importance de la culture et de la philosophie et j’ai mes references, mais je sais aussi, pour avoir vu des amis d’une culture economique, philosophique et geopolitique rares tomber dans l’extreme-droite, que les brevets de litterature ne font pas une intelligence pratique. Je crois fondamentalement a une dose raisonnee et ideologiquement maitrisee de pragmatisme dans la maniere d’aborder le gouvernement et l’observation d’un pays. Enfin, je trouve qu’aborder la pauvrete par l’idee de cercle vicieux a briser plutot que par les eternelles memes grilles de lectures que tu nous proposes est nouveau et propose des solutions originales et qui meritent l’essai, comme celle-ci.
J’imagine qu’en me lisant, tu me prends pour l’avatar ultime de l’inculture applique a la politique. Tu fais erreur. Mais je comprends que quand on s’est fait ch*** a bouffer tout Engels et tout Bakounine, on soit fumace de voir que des gens n’y portent que peu de credit.

 
Courageux anonyme
03H46 17/05/2007

félicitations pour cette réponse. je suis entièrement d’accord avec votre analyse.
celà dit, je suis économiste moi-même, et l’auteur de Freakonomics, pour original qu’il est, n’est pas le plus rigoureux ni le plus intéressant de la profession qui soit ; il a su en revanche populariser certains modes de pensée économique modernes.

 
Courageux anonyme
16H14 15/05/2007

Pourquoi voir dans cette mesure New-Yorkaise autre chose qu’une bonne intention pour tenter d’améliorer le sort de quelques pauvres. L’obligation de faire quelque chose pour mériter le don n’est destinée qu’à éviter que le récipiendaire ne considère qu’il s’agit d’un don gratuit. Eviter de le laisser s’abandonner à l’assistance mais au contraire faire un effort. Hélas rien ni personne ne fera disparaître la pauvreté dans le monde, même dans les pays dits riches. Autant inciter le pauvre à mériter le don et à faire croire au donateur qu’il fait quelque chose qui n’est pas inutile, car d’une manière ou d’une autre l’effort du pauvre paiera. Mais cela suppose des villes riches qui aient les moyens de cette politique. En France on a préféré l’assistance simple sans contrepartie. On voit bien le résultat.

 
Courageux anonyme
16H16 15/05/2007

faudrait qu’on m’explique comment une opération visant à donner au maximum 5 000 dollars à 5 000 familles peut coûter 50 millions de dollars. avec de tels frais de fonctionnement c’est le serpent qui se mord la queue.

 
Erka | Scientifique, USA
00H34 17/05/2007

Boah, sans doute une dizaine de mecs payes 200k$/an…
comme aux Massachusetts, ou les employes de l’organisation chargee de mettre en place la « assurance maladie obligatoire » (je rigole) se sont d’abord couverts eux meme (par cooptation bien sur), menacant et pourrissant l’equilibre budgetaire, degoutant les sponsors, etc.

le plus bizarre est de realiser qu’il existe encore des pauvres a NY… vu le fric necessaire pour vivre dans cette ville (augmentation des loyers en fleche depuis 5 ans, qui ne se ralentie pas)

Par contre, le jour ou on ecoutera et mettra en application les idees d’un sociologue voire d’un chercheur en France… a l’encontre de la pensee premachee des omnipresents philosophes de comptoirs ou de l’ideologie formatee de bon nombre d’enarques… il y a peut etre une idee a creuser, la ;-)!!

 
Courageux anonyme
16H34 15/05/2007

J’ai toujours dans l’éducation de mes enfants dissocier l’argent et l’aide que je leur demandait. ils avaient de l’argent de poche et ils ont appris à m’aider par gentillesse. maintenant ils sont grands et généreux. Pourquoi réunir les valeurs
humaines et citoyennes avec l’argent. c’est comme cela que nous donnons de mauvaises valeurs aux jeunes.

 
Courageux anonyme
16H42 15/05/2007

Je suis mitigee: en un sens, c’est une reponse originale a l’absence d’une education posant des regles de vie et des limites considerees comme evidentes pour certains et comme inexistantes ailleurs (cf. notion de sauvageons). En d’autres termes cette approche signifie que l’on n’attends plus ni des enseignants, ni de la police de faire oeuvre d’education.

D’un autre cote je suis tout de meme choquee de cette facon pavlovienne de traiter des citoyens.

 
18H25 15/05/2007

« encouragent les comportements qui profitent à l’entreprise: travailler dur, atteindre des objectifs de vente, trouver plus de clients »… et ce qui profite à la société en général… plus de richesse, plus de produits. Produisez, usinez, créez des emplois, cling!, bang!, tong!, cling! la Terre produit, produit, produit…
une petite pensée pour la « décroissance » ? et si on relisait le Droit à la Paresse de Lafargue et ceci :
http://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=306
De toute façon, c’est peine perdue : certains sont affligés du gène de la pauvreté, comme de celui de la paresse. D’autres ont même le gène du ‘loser’ !

 » » Il ne faut pas améliorer
la condition des pauvres ;
il faut la supprimer.
Je n’induirai pas les riches en aumône,
parce que leur aumône est empoisonnée,
parce que l’aumône fait du bien
à celui qui donne
et du mal à celui qui reçoit,
et parce qu’enfin, la richesse étant
par elle-même dure et cruelle,
il ne faut pas qu’elle revête
l’apparence trompeuse de la douceur.
Puisque vous voulez
que je fasse un conte pour les riches,
je leur dirai :
«Vos pauvres sont vos chiens,
que vous nourrissez pour mordre.
Les assistés font aux possédants
une meute qui aboie aux prolétaires.
Les riches ne donnent
qu’à ceux qui demandent.
Les travailleurs ne demandent rien.
Et ils ne reçoivent rien.» Anatole France, Edmée ou la Charité bien placée.

 
18H47 15/05/2007

Pendant ce temps, nous, on va bientôt attaquer le rmi, puis le smic… et puis on verra émerger de « bons donateurs » (sur projets) qui eux sauront nous dire ce « qui est bien », « ce qui est mal », « ce qui est beau », « ce qui est laid »… et puis quand on aura fini de remonter le temps (au lieu d’améliorer notre système), on se dira : tiens?, mais aux siècles derniers y’avait un système de protection sociale avec quelques idées pas mal du tout, mais pas mal du tout!… Entre temps, on se sera tapé sur la gueule.

 
19H53 15/05/2007

Ridicule, ils vont faire ça aussi pour les gentils chiens? ;)

 
Courageux anonyme
20H17 15/05/2007

L’ anti-américanisme primaire fonctionne a plein pot… La plupart des commentaires suggèrent que les américains sont un peu zozo et la société américaine un enfer pavé de mauvaises intentions… C’ est peut-être la façon de rendre compte de l’ expérience. Figurez-vous qu’ il existe déjà en europe un pays qui vante l’ égalité entre ses citoyens et qui pourtant les font payer indifféremment selon qu’ ils soient riches ou pauvrent lorsqu’ ils font de mauvaises actions avec des moyens que même Orwell n’ avaient pas imaginés: en cas d’ excès de vitesse avec des radars qui photographient les mauvais conducteurs pour leur envoyer automatiquement une créance de 75 euros et un retarit de (bon)points… Et si vous alliez faire un petit tour aux US avant d’ écrire n’ importe quoi qui va dans le sens de vos préjugés?

 
Courageux anonyme
20H50 15/05/2007

Et si tu allais commenter au Figaro, la Tribune ou les Echos?

 
NicolasB | Collégien à Paris
21H10 15/05/2007

Proposition assez intéressante. Il n’y a pas vraiment de risques dans ce genre de projet, car seul des institutions privées financent « la pauvreté ». L’argent ne provient donc pas de l’état — atout majeur. En tous les cas, est-ce-que ceci pourra marcher? Ceci a surement des contraintes, car la pauvreté existe à NYC et la file d’attente sera longue pour avoir son chèque! Toutefois, pour réduire la pauvreté, peut-être ceci est une très bonne solution. A voir, et à tester…

 
Courageux anonyme
21H13 15/05/2007

Voila une mesure bien surprenante! D’un coté, donner une récompense à ces familles pauvres pour leur bonne conduite ou la bonne éucation de leurs enfants…pourquoi pas. Cela peut être une façon d’inciter les milieux les plus defavorisés qui n’ont pour ainsi dire quasi-rien à agir. Mais d’un autre coté, ça fait un peu trop récompense de l’animal obeilsant. De plus, pourquoi ne récompenser que les milieux defavorisés? Quelqu’un d’une classe moyenne as t’il moins de mérite à bien se comporter? Je ne pense pas. C’est pourquoi cette mesure me rebute un peu. Qu’en sera t’il en realité… Je demande à voir les résultats.

 
Ferdinand.Bardamu | Rien.
21H24 15/05/2007

J’ai une idée pour diminuer le nombre de pauvres, la délinquance, les incivilité, etc :

1) respecter tous les gens, quelles que soient leurs origines
2) ne pas faire de discrimination à l’embauche et traiter tout le monde équitablement
3) donner un travail à tout le monde
4) payer les gens au juste prix et pas au prix le plus juste

Pourtant jai pas fait l’Ena et je ne suis candidat à aucune élection, mais je suis sûr que cela fonctionnerait :-)

 
Courageux anonyme
22H06 15/05/2007

J’avoue avoir du mal à me situer face à cette mesure.
D’un côté pourquoi pas. Les jeunes de NY ne sont pas si différents des notres. Eux aussi ils disent « aller à l’école, à quoi bon, pour finir comme mes parents ? » Alors, leur montrer que ça peut servir à quelque chose, pourquoi pas.
D’un autre côté, à mon avis, cela ne fait que traiter le problème en surface et non pas en profondeur. Comment faire pour aider les « pauvres » à sortir de ce cercle infernal ? Comment leur faire prendre conscience de leur possibilité, leur capacité ?
En France, il existe un système social avec assistantes sociales, éducateurs, divers professionnels complémentaires qui régulent, qui aident et qui contrôle. Ce sysstème n’existe pas aux Etats Unis. Peut être pourraient ils aussi se pencher sur cette question.

On accompagne vers du mieux, on ne le paie pas.

 
23H16 15/05/2007

Bravo pour la chute, qui permet de terminer l’article sur un sourire =)

 
Courageux anonyme
00H36 16/05/2007

Plutôt que de créer des « primes à la pauvreté », ils devraient envisager de créer de meilleures conditions sociales pour que les plus démunis aient les mêmes chances que les plus aisés.

Payer un « pauvre » s’il va à l’école me paraît surréaliste : il serait plus sain de lui faire comprendre que sa seule façon de s’en sortir c’est de se former pour réussir plus tard !

Payer un pauvre pour le « forcer à accomplir » les choses de la vie ordinaire, c’est lui donner le message que la seule valeur qui compte, c’est l’argent !

Pour créer les vrais conditions de réussites, cet argent serait mieux utilisé pour mettre en place des structures pour les aider concrètement : développer leur sens des vrais valeurs, créer des emplois pour les parents, mieux rémunérer les emplois existants…

Les pauvres ne sont pas des animaux qui devraient réagir aux stimuli de l’argent… Cette idée me choque profondément et me donne l’image de riches jetant quelques cacahuètes à des chimpanzés dociles pour quelques pirouettes. C’est du dressage de pauvres qui n’aura pour effet que de les conditionner à rester pauvres.

La solution serait peut-être de conditionner les riches à être moins riches en leur enseignant l’honnêteté, le partage et le respect des plus humbles !

 
08H47 16/05/2007

et les riches qui se tiennent mal,on va les punir.mdr

 
Courageux anonyme
13H48 16/05/2007

Bravo pour cet excellent article. Je suis vraiment agréablement surpris de trouver de tels débats en France.

 
Courageux anonyme
14H18 16/05/2007

Moi je trouve ça bien car ça leur remonte le moral et ça leur donne des objectif dans la vie ; c’est toujours mieux que de se lamenter sur son sort et de ne rien avoir du tout.
il est bien évident qu’on ne peut pas compter uniquement sur cet apport financier ; ce n’est pas le but

 
Courageux anonyme
14H24 16/05/2007

Je suis extrêmement circonspect sur cette mesure.

L’analyse de Larry Aber est très bonne. Mais la mise en pratique avec des aides au mérite me semble à côté de la plaque.

Payer un gamin pour ne pas sécher l’école n’est pas une bonne mesure. L’éducation à coups de dollars permet peut-être de sortir des familles du gouffre, mais tord le cou définitivement au désintéressement et au goût de l’effort.

On ne s’implique que si on est payé ? Adieu les associations, les coups de mains, le bénévolat, pourtant si présents au States…

Drôle de façon d’élever des gamins que de leur donner ce dont ils sont privés (l’argent) pour avoir un comportement qui devrait être la norme. L’impact sur leur sens des valeurs risque d’être important.

 
Courageux anonyme
15H14 16/05/2007

je ne pense pas que l’echec scolaire s’explique par un manque de moyens financiers (pour les petites et les moyennes classes).mais plutot par un manque d’affectifs et de suivie des parents.une aide a la parentalité serait plus adéquat

 
Courageux anonyme
21H43 16/05/2007

Une telle mesure n’est imaginable que dans une culture où la définition du périmètre de ce qu’est « la bonne conduite » est quelque chose sur quoi tout le monde est d’accord et unanime. On est en France encore - j’espère - loin de ce niveau de certitude-là.

 
Courageux anonyme
21H47 16/05/2007

Moi, faudrait me payer cher pour assister à toutes les réunions de parents d’élèves…
En même temps c’est pas mal : avec tout les pauvres qu’il y a à NY, ça fera pour ces pensums un casting de figurants digne des plus grands péplums !

 
Courageux anonyme
23H36 17/05/2007

Tout le monde sait qu’avoir un diplôme c’est diminuer ton risque de chômage… Sauf que si tu es mâle ET de couleur de peau non-standard (noir, bronzé, etc…) ton taux de chômage est quasi-invariable quel que soit ton niveau d’étude (voir à ce sujet l’Observatoire des inégalités).

Dans ces conditions, payer des gens pour qu’ils aillent à l’école reste en effet le seul moyen de les y « fixer » le plus longtemps possible pour éviter qu’ils fassent désordre dans les rues.

Quand à la prime au mérite, c’est bien joli sur le papier mais quand tu es dépendant de « la prime » pour ne pas crever de faim, la situation devient que des riches (M. Georges Soros, p.e.) décident pour toi de ce que tu dois faire en sponsorisant ou non des initiatives qui vont dans le sens de LEUR idéologie.

Et je passe sous silence la gabegie administrative qui sera engendrée par ces primes sur des actes que tu vas devoir prouver (formulaires, signatures, guichets, files, etc…). A côté, l’ANPE est un monstre de simplicité.

Passons également sur l’humiliation ressentie à devoir faire certaines choses pour avoir le droit de bouffer. Si c’est pour favoriser l’autonomie des individus et valoriser leur estime personnelle, c’est raté.

John V. Doe

 
Dugland | pénard
19H53 09/07/2007

comment ne pas y avoir pensé plus tôt, ça doit de toute façon coûter moins cher que de les maintenir en taule puisque c’est là qu’une bonne partie d’entre eux aboutissent au cours de leur pénible exitence.