Une feuille de coca sur le drapeau bolivien?

Simple provocation ou réelle revendication identitaire? Après avoir suscité en décembre la colère de Washington en étendant les cultures légales de coca, le parti du président bolivien Evo Morales, lui-même ancien cocalero, propose de remplacer les traditionnels rameaux de laurier et d’olivier figurant sur le drapeau national par… des feuilles de coca.

"Les rameaux de laurier et d’olivier seraient remplacés par la feuille sacrée et millénaire de coca, comme symbole de constance, d’économie populaire, de conscience culturelle, de résistance et de cohésion sociale", stipule la proposition soutenue par la commission de la coca de l’Assemblée bolivienne (en espagnol sur BBC world). De plus, poursuit Sabino Mendoza, vice-président de la commission de la coca, "le laurier est le symbole de Rome et l’olivier celui de l’Espagne". A en croire l’AFP en espagnol, cette proposition aurait toutefois provoqué l’hostilité des milieux conservateurs et intellectuels, qui soulignent que la feuille de coca n’est le symbole que des seules régions andines du pays. L’ambassade des Etats-Unis ne semble toujours pas avoir réagi sur ce point.

Au rayon des idées pour le moins originales, un autre élu du peuple, kirghize cette fois, a suggéré la semaine dernière que son pays relance provisoirement sa production d’opium, pour régler son faramineux problème de dette publique. Pour Azimbek Beknazarov, chef du Parti national du renouveau Asaba, c’est, à l’image de ce qui s’est passé en Afghanistan, la seule manière de convaincre la communauté internationale d’effacer la dette: "Après ça, toutes les organisations internationales vont s'affoler et proposeront d'elles-mêmes d'éponger nos dettes", a, selon l’AFP, expliqué le député.

Si la proposition pourrait, de prime abord, paraître plein de cynique bon sens, la situation de l’Afghanistan ne laisse pas vraiment place à l’optimisme. Reste qu’à faire de la "guerre à la drogue" dans les pays producteurs une des priorités de la communauté internationale pour lutter contre ses propres problèmes de toxicomanie, l’Occident récolte ce qu’il a semé. Nul doute que demain, dans d’autres pays pauvres de la planète, d’autres Beknazarov verront le jour. Et, peut-être, finiront par passer à l’acte.


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23H29 10/05/2007

Au sujet de Evo Morales je vous renvoie à mes réflexions sur Hugo Chavez...
Quant au problème de la drogue il serait utile de se rappeler la guerre de l'opium -meutrière- qu'a menée l'Angleterre contre la Chine au XIXº siècle pour qu'elle accepte enfin l'importation d'opium sur son territoire. Et je viens de lire un article dans un journal réputé qui rappelle que l'industrie pharmaceutique consomme chaque année quelque chose comme 23 000 tonnes d'opium, juste un peu moins de ce que produit l'Afghanistan. Alors quoi?

 
Courageux anonyme
19H19 08/08/2007

En voilà une bonne nouvelle.

 
Courageux anonyme
01H26 16/08/2007

La feuille de coca face à la bouteille de coca.